01 Novembre 2015

Traître celui qui oublie !

Par Hakim Laâlam
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Le FFS lance le second round de ses pourparlers
avec les partis politiques et les personnalités
nationales. Si ! Si ! J’te jure ! Même que je l’ai lu sur…
… sa feuille blanche !
A Vienne aux pourparlers sur la Syrie, grosso modo, schématiquement résumé, deux camps : ceux qui affirment que la Syrie n’a pas d’avenir avec Bachar et ceux qui disent qu’il est encore possible de composer avec lui. Chez les seconds, on compte l’Iran, allié de Damas. Et que vient de déclarer le représentant de Téhéran à ces négociations de Vienne ? A peu près ceci : «Pour une question de stabilité régionale, il faut que Bachar reste pour le moment au Palais. Ensuite, nous lui demanderons de partir, et il obéira !» Ce n’est pas faux. Il est vrai que c’est un brin cynique, mais tellement réaliste, précédent libyen à l’appui de cette option. Mais ce n’est pas franchement ce qui m’interpelle aujourd’hui. Je suis résolument égocentrique, algéro-centré. Et en entendant ainsi les Iraniens, les Russes et les Américains – pour rester sérieux, je ne citerai pas les Français dans cette affaire – j’ai repensé à… mon pays. A travers l’actuelle fragilisation du pouvoir légitime syrien, je me suis remémoré les années de braise, les années noires, rouges, incandescentes. Et là, tout de suite, m’est venue l’envie furieuse de dire merde à tous ceux qui ont fait reproche à l’armée de mon pays, pas Tsahal, non, l’armée de mon bled, l’ANP, d’avoir évité à la nation de se retrouver dans la situation de Damas et de Bachar. En pleine tourmente terroriste, lâchée de partout, asphyxiée économiquement et stratégiquement par les pays marchands d’armes, par les investisseurs et pointée du doigt tous les jours par les juntes hurlantes des droits de «l’homme», l’Algérie, tout entière appuyée sur son ANP, n’a pas été une seconde dans la situation actuelle de la Syrie. Personne à l’époque n’aurait osé dans le meilleur de ses fantasmes s’ériger en donneur d’ordre de départ à Zeroual. Zeroual est parti lorsqu’il a décidé que c’était le moment pour lui de partir, de son propre chef. Qu’il ait eu raison ou tort, c’est un autre débat. Mais lui et l’institution militaire ont fait rempart pour que personne, à Vienne, à Bourg-en-Bresse ou à Sion, dans des hémicycles internationaux, en arrive à décider du temps T où le Palais d’El-Mouradia devait se vider. Pour cela,
je nous trouve tout de même bien frileux,
ici même, au pays, dans notre hommage à l’armée algérienne.
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.