12 Octobre 2015
Ammar et Ahmed, Algérie mon amour !

Par Hakim Laâlam
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Incendie à l’usine ENIE de Bel-Abbès. Pas de panique !
Selon un communiqué explicatif d’El-Mouradia, ce
sinistre était…
… prévu depuis plus de 25 ans et entre
dans le cadre normal d’une restructuration…
Admirez la perspective ! Convenez avec moi qu’elle est exaltante : un Président sur un fauteuil avec, assis sur les deux bras de ce trône à roulettes, et se revendiquant même comme moteurs de ce véhicule poussif, Ammar Saâdani et Ahmed Ouyahia ! Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me booste à mort un avenir pareil, carburant à ce triptyque, Boutef-Saâdani-Ouyahia. Tu te dis que tout n’est pas perdu, que le pays va finir par s’en sortir avec une locomotive et deux wagons de ce calibre. C’est simple ! Lorsque j’ouvre la fenêtre de ma chambre, je ne vois plus les choses de la même manière. L’eucalyptus juste en face me semble plus jeune, plus gaillard, plein de vie depuis que Ammar et H’mimed se disputent le soutien de Abdekka. Il pleut dehors, mais j’ai presque envie de sortir nu et d’éprouver à l’air libre les bienfaits de cette ondée typiquement algérienne sur ma peau pourtant fatiguée. Je n’ai plus peur de rien sachant que Ammar et Ahmed se livrent une guerre de leadership aussi saine et s’étripent pour savoir qui dirigera le bateau ivre dans le dos du capitaine qui dort. Et puis, honnêtement, au-delà de ma petite personne, imaginez un instant comment nous allons pouvoir mobiliser enfin les jeunes générations de ce pays en leur faisant miroiter cette voie, juste cette voie de sortie de crise. Cette double voie, pour être plus précis, Ammar et Ahmed ! J’entends d’ici les harragas qui cassent leurs barques et embarcations de fortune, ou les brûlent dans d’immenses feux de joie. On ne peut plus quitter un pays où deux figures comme celles-là se proposent au leadership, n’est-ce pas ? Mieux encore ! Tu demanderais à la jeunesse de cette contrée d’aller se faire canarder par les Marocains ou une quelconque autre entité hostile, qu’ils y iraient la fleur et le sourire au fusil, sachant que le pays est enfin aux mains de Abdekka et aux petits doigts de Ammar et Ahmed ! Demain s’annonce radieux pour l’Algérie. La misère et la désolation sont déjà derrière nous. Si ! Si ! J’te jure. Et si tu ne le vois pas, c’est que tu ne regardes pas avec les yeux éclairés et éclairants de Ammar et Ahmed. Finalement, insensible à mon enthousiasme,
tu n’es bon qu’à fumer du thé et
à rester éveillé à ton cauchemar qui continue.

H. L.