03 Octobre 2015

Silence dans les rangs !

Par Hakim Laâlam
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Face aux «manœuvres du pouvoir», le FFS menace de
ressortir sa… feuille blanche.
Ça fait peuuuuuuur !
Eh ! Oh ! On avait juste dit «faut que l’armée regagne ses casernes» ! Nous ne vous demandions pas de mettre tous les bidasses en prison, tout de même. Là, le simple fait d’émettre une appréciation disons… d’ordre psychologique, et hop ! T’as droit à une escorte gratis de la police et de la gendarmerie, en bas de chez toi. Si ça continue comme ça, va falloir rajouter un grade dans la nomenclature militaire, celui de général à la retraite et encore en liberté. Conditionnelle, bien sûr ! Parce que désormais, à partir de maintenant et même un peu avant, un général qui veut partir à la retraite, ça doit apprendre à fermer sa gueule. Le bidasse, la veille de son pot de départ, tu lui fais signer un papier dans lequel il s’engage à ne donner d’interviews qu’aux hebdos sportifs, aux mensuels de mode et de fashion et éventuellement, après dérogation spéciale, à des quotidiens et à des télés dont le tirage et l’audience se calculent au nombre de kilomètres de bitume posés sur nos routes. Mal posés, s’entend ! Moi, au fond, ce qui me gêne dans cette affaire, c’est la fin d’un mythe. Avant, y avait au moins cette attractivité du métier de haut gradé de l’armée. Carrière garantie pur sucre. Et en plus, en sus, t’étais assuré de jacter à ton aise, sans risque de te voir fermer le clapet. Là, c’est cassé ! Rompu ! On n’imagine pas ce que l’arrestation des généraux Hassan et Benhadid va provoquer comme onde de choc chez les plus jeunes. Les parents qui veulent pousser leurs enfants vers la carrière militaire en leur faisant miroiter la belle vie, des ponts en guise d’argent de poche, et le droit à la parole débridée, ceux-là ne vont plus avoir la partie facile. Pas fous les mioches ! Ils comprendront vite que leurs géniteurs les envoient direct à l’échafaud ! Et puis, au-delà de la détresse des bambins qu’une carrière chez les Verts n’attirerait plus, essayez de vous représenter la déprime dans les maisons de retraite des généraux. Mon Dieu, l’ambiance ! Dès que l’un d’eux lève le bras, c’est aussitôt interprété comme une velléité de faire des déclarations hostiles, voire carrément d’accorder une interview subversive. Même si le pôvre général en pyjama ne veut en fait demander qu’un supplément, un rab de soupe à l’oignon ! Ah ! Les temps changent ! Un percussionniste influe sur le cours d’un pays, donne le tempo des réjouissances de la cour. Et un général blindé se fait ramasser dans la rue. Tu veux faire quoi mon p’tit quand tu seras grand ? Tu veux vraiment le savoir papa ? Oui, mon fiston !
Eh ben, je fumerai du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.

H. L.