30 Septembre 2015

Pas besoin de frapper à une porte toujours ouverte !

Par Hakim Laâlam
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Le milliardaire Haddad attaque en justice le général à la
retraite Benhadid. Avec des noms pareils, le procès doit
tout naturellement se tenir au…
… Complexe d’El Hadjar !
Dans le communiqué de Abdekka à l’occasion usée du 10e «anniversaire» de la loi sur la réconciliation et tout le toutim, éléphants dans un magasin de porcelaine, nous avons foncé tout droit sur le seul truc qui nous semblait briller intensément et nous apparaissait comme un colifichet digne de figurer dans nos colonnes : le niet à Madani Mezrag et aux velléités de ce terroriste non repenti de créer un FIS-bis. Résultat de notre empressement balourd, nous sommes passés à côté du vrai message du Raïs aimé et adoré de tous : la porte toujours et encore grande ouverte à tous ceux qui auraient oublié de se repentir à temps, qui auraient eu un empêchement majeur les ayant retardés dans leur procédure de retour à la raison ou dont l’agenda était surbooké au point de leur faire rater plusieurs rendez-vous avec le pardon de la société. Boutef’ leur a réaffirmé un principe qui lui est cher : bla djeddha que tant qu’il sera Président, personne ne refermera cette foutue porte ! Ce qui me fait dire aujourd’hui ceci : à quoi sert-elle cette porte ? A rien. Depuis qu’on nous a dit, il y a plus de dix ans, qu’il fallait vite la franchir, dans le bon sens, avant qu’elle ne se referme inexorablement, rien ! Elle est restée béante. Ses battants largement rabattus sur le mur de la honte. Purée ! Faut faire œuvre utile les mecs ! Envoyez une équipe de maçons du palais afin qu’ils la descellent. Elle est en bois, je suppose. Le bois est une matière noble qui peut se récupérer. On peut brûler du bois pour nous réchauffer cet hiver. Ça tombe bien, puisque le pétrole et le gaz sont au plus bas. Chauffons notre famine au feu de bois de la porte inutile de la réconciliation. Ça nous permettra de tenir encore quelques petites heures avant la banqueroute, le dépôt de bilan général. De toutes les manières, lorsque la porte se sera consumée, que le froid aura repris de plus belle, tangos, démocrates et oligarchie pourront regarder, ensemble, assis en tailleur, les bras croisés sur la tête, la main de l’étranger - la vraie cette fois - venir prendre non plus seulement la porte, mais les fenêtres, les murs, le toit, les meubles et toute la Maison Algérie. En termes bancaires, ça s’appelle une saisie hypothécaire. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue, en attendant que le cauchemar lui-même soit saisi à son tour !

H. L.