12 Septembre 2015

Chut ! Pas trop fort ! Sinon
Pharaon grosse colère !

Par Hakim Laâlam
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Pour conforter sa place de premier partenaire économique
de l’Algérie, la France a plusieurs…

… Larcher à son arc !C’est grave ! Ce n’est même pas risible. C’est juste grave. Les budgets de la santé, de l’agriculture, de l’emploi et de la sécurité sociale baissent, pour certains de manière drastique. Une baisse expliquée par la «politique d’austérité». Je me pince ! Quelle politique d’austérité peut décemment justifier que l’on gèle les projets de construction de nouveaux hôpitaux, alors que le chantier de la Grande Mosquée pharaonique du Raïs adoré n’est pas impacté ? Même pas inquiété par les révélations des spécialistes en sismologie et de bureaux d’étude, notamment allemands qui ont crié au danger que ce terrain instable fait courir à cet édifice en devenir. Mais qui ira prier dans la Mosquée du Roi, me direz-vous ? Dieu ne doit pas aimer les palais intermédiaires ni les lustres clinquants. Surtout en temps de pauvreté et d’austérité. Mais parlons-en justement de Dieu ! Quel Dieu de n’importe quelle religion donnerait son absolution à un gel de construction de nouveaux hôpitaux au profit de l’érection blasphématoire d’une méga-mosquée ? Quelle est cette religion qui tolère cette déviance ? Je n’en connais pas ! Mais comme je ne suis pas versé dans le fait et l’historicité des religions, peut-être suis-je en train de me tromper. Oui ! Il fut une époque, celle des pharaons, où les palais et les pyramides-sépultures se bâtissaient sur les cadavres des ouvriers esclaves. Il fut un temps où les pharaons se faisaient embaumer couverts d’or dans leurs tombes, alors que la famine ravageait leurs contrées. Mais je pensais ce temps révolu. Et si la famine revient aujourd’hui en 2015, sous une forme disons plus «moderne», j’aurais naïvement pensé que les nouveaux pharaons, forts de l’expérience de leurs ancêtres, auraient au moins compris qu’un temple doit passer après un hôpital, qu’une pyramide des vanités doit s’effacer devant un dispensaire. Mais non ! Les chiffres sont là ! Baisse du budget de la santé. Baisse du budget de l’agriculture et de la pêche. Baisse du budget de l’aménagement du territoire. Baisse du budget de l’emploi et de la sécurité sociale. Mais pas touche au budget de la Grande Mosquée. Haram ! La yadjouz ! Sinon, ça mettrait Pharaon en colère. Et lorsque Pharaon très colère, peuple baisser la tête et
fumer du thé pour espérer rester éveillé au pied de la pyramide, son cauchemar continue.
H. L.