Benbitour appelle à un «renouveau de la pensée politique».
Je suis peiné d’apprendre ainsi, brutalement, qu’il se…… retire de la politique ! L’avantage avec Ammar Saâdani, c’est qu’il ne connaît pas la métaphore, l’arabesque langagière et l’image. Il y va franco de port. Et je l’avoue, ça m’arrange un peu avec le décryptage de son intervention sur la chaîne BBC version arabe. Parce qu’il n’y a aucun décryptage à faire ! Tout y est clair. Limpide : «Il faut démilitariser l’Etat !» Rien que ça ! Sous couvert de cette revendication d’un Etat enfin débarrassé de la prééminence des services de sécurité, le DRS en tête, l’artiste préféré du Palais délivre la clé de tout ce processus : démilitariser l’Etat algérien. Alors, question toute simple. Pourquoi pas avant ? Puisqu’il y a eu 15 ans pour le faire. Et pourquoi précisément maintenant, lorsqu’il se précise que dans les cocottes, les marmites et casseroles occidentales et du golfe Arabique se prépare un menu très spécial pour l’Algérie ? En vérité, dans ce menu, c’est l’Algérie qui figure aux trois places de choix, en entrée, en plat de résistance et en dessert. Il est prévu que nous allons être bouffés, dévorés. Un peu comme l’ont été la Libye et d’autres contrées sur lesquelles les Maîtres des Saisons ont fait s’abattre «bessif» des averses de printemps. C’est donc ce moment précis que Saâdani, porte-micro de ceux que la voix a trahis, choisit pour décliner le programme des réjouissances : démilitariser l’Algérie. Et dans sa bouche encore enduite du beurre délicieux des croissants parisiens qu’il a pris le matin avant de se rendre au bureau d’Alger, cette démilitarisation sonne comme «dénuder l’Algérie», la «mettre à poil», lui «déchirer ses derniers vêtements de décence» l’«obliger aux guenilles qui ne cachent plus rien», la contraindre à «errer une main devant une main derrière» et la condamner au chaos des rues jonchées de cadavres et de processions de «réfugiés» fuyant les combats entre factions. Oui ! Lorsqu’on se place du côté de ceux qui tournent la clé dans le dos de Saâdani, le timing est le bon. Il ne peut pas être meilleur. Abattre le dernier rempart. L’ANP. Le seul qui fasse barrage au tribalisme et aux pick-up armés sur lesquels les «Beni Hendel» de tous les bords vont ferrailler à tout-va. Ce que n’a pas réussi le GIA sur 20 années, un clan fou, le clan de la monnaie rendue au 5 Juillet 1962 et de l’amertume pied-noir amassée sur les ponts des bateaux en partance pour Marseille, va le réussir. Rabbi yestar ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |