Mercredi 19 Août 2015

Maillot-Tchador ou Parasol-Niqab ?

Par Hakim Laâlam
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Face à l’ampleur de la crise, le pouvoir enterre définitivement
le méga-projet de…
… démocratie en Algérie.
Trop coûteux !
Les gens s’inquiètent du fait que le porte-parole des imams algériens – je ne savais même pas que cette fonction officielle existait – ait suggéré fortement la mise en place rapide d’une police des mœurs sur nos plages, afin qu’en soient bannies les femmes aux tenues légères et affriolantes qui sont, comme tous les porte-parole enturbannés le savent, à l’origine de tous les problèmes de sécurité de la terre algérienne, sans compter les coups sévères que leurs bikinis portent au plan Delphine et à son efficacité en termes de noyades et de bilans de fin de saison. Les gens sont impayables de s’offusquer ainsi des paroles de ce… porte-parole. Faut se réveiller, les amis ! Le débat en haut, dans le Palais, ne tourne déjà plus autour de cette question vieillotte de savoir s’il faut ou non une police des plages. C’est dépassé ! Là-haut, on discute ferme de la tenue de cette future police. Le débat fait rage. Faut-il une police entièrement masculine ? Ou alors doit-on mettre sur pied des brigades mixtes qui sillonneraient nos plages ? Et dans le cas où la mixité s’imposerait comme une nécessité, les femmes inspectées «vestimentairement» sur une plage pouvant exiger de l’être par une inspectrice et pas par un inspecteur palpeur, alors, que devra porter cette policière du maillot ? Un pantalon ? Un maillot-Tchador intégral ? Il serait faux de penser qu’il s’agit là de questions subsidiaires. Il y a des affaires de gros sous là-dessous. Si l’option du maillot-Tchador est retenue, ira-t-on vers un fournisseur ayant pignon sur rue, comme Speedo ou Adidas ? Ou alors empruntera-t-on les chemins sinueux et sablonneux du gré à gré ? Plus compliqué encore. Lors de la verbalisation d’une mécréante estivante portant –Allah Yestar ! – un bikini, doit-on lui intimer l’ordre de se rhabiller aussitôt et de quitter la plage, ou alors lui fournira-t-on sur-le-champ une tenue islamique en conformité avec la morale sablière en terre de piété aoûtienne ? Auquel cas, là aussi, il faudra régler cet autre problème ; quelle entreprise retenir pour fournir les tenues de substitution respectables et conformes aux normes D. Z. ? Mais l’argent, les contrats et les soumissions cachetées, semi-cachetées ou ouvertes, ainsi que les séances de délibération autour de la délivrance des marchés, ce n’est pas tout. Au fond, ce qui se joue en ce moment est autrement plus stratégique. Nos plages, à l’avenir, Inchallah Ya Rabbi, seront-elles remises en concession, mais cette fois-ci à parts égales entre Daesh et Al-Qaïda ? De cette question, l’avenir de l’Algérie entièrement couverte de parasols noirs peut dépendre. Va dépendre. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.