Devinette : qu’est-ce qui a un portail grand ouvert, avec
devant, amoncelés en tas des sacs poubelles noirs ? Une
décharge ? Une déchèterie ? Non !
Une banque !
Y a pire que le qui-tu-qui ! Il y a le traître qui se casse en France, qui promet de mettre tous les massacres commis en Algérie sur le dos de l’ANP, notamment l’assassinat horrible des moines de Tibhirine, qui introduit concomitamment une demande d’asile et qui voit sa demande… rejetée par Fafa ! Le gars doit avoir un contrat à vie avec la loose-attitude ! Si au moins sa traîtrise envers le pays et son armée avait abouti sur un statut de réfugié politique, d’abrité en France ! Là, Wallah que nous aurions fini par fermer les yeux, avec le temps, les saisons, les années. En parlant de lui dans 20 ans, on aurait juste dit «Ah ! Oui ! Cette petite frappe qui ne figure même pas dans le marque-page des livres d’histoire. Il est toujours installé en France ?» Et nous serions passés à autre chose, de plus consistant, sans la haine légitime que l’on devrait pourtant ressentir envers ce genre de traîtres. Parce qu’au fond, le bonhomme aura été définitivement étalonné à sa «juste» mesure, celle d’un paumé ayant négocié sa traîtrise contre des courses chez Auchan et une carte vitale. Si ! Si ! Au fond, je pense que tu peux te forcer à pardonner à ce genre de judas de supermarchés. Mais là, y a même pas au bout le petit carton qui t’autorise à rester en France, le sésame qui te permet de faire tes p’tits calculs de fin de mois, pour savoir si tu pourras acheter chez Leader Price des bâtons de Berger avec les économies que tu auras fait sur ton RSA, établi au taux dégressif. Rien ! T’as été traître. Et ils t’ont récompensé en te fichant un coup de pied au derche. Y a Bouguelb ! Le caporal Brahim Ben Brahim avait au moins eu des médailles clinquantes qu’il accrochait fièrement sur sa vareuse lorsqu’il paradait sur la place du village en récitant son matricule de traître. Et toi mon bidasse ? Une main devant, une main derrière, «bye-bye Baris, adieu Carrefour ! Le dernier bus pour Roissy !» Comme quoi, même chez les traîtres, y a des catégories. Et toi mon petiot, t’es fiché dans cette catégorie qui porte un nom en «Derja». Mais si, tu sais bien, cette expression de chez nous si forte, si intraduisible et qui se termine par «… sèche». Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |