Alerte ! Incendie dans la forêt où se tient l’université
d’été de Madani Mezrag. Quelqu’un a pensé à appeler
les pompiers ? Persoooone ?
Zut alors !Aucune université algérienne ne figure dans le top dix des meilleurs campus africains. Le tout dernier classement vient juste de tomber. Je trouve cela injuste. Profondément injuste. Il y a quelques années, je ne dis pas ! J’aurais même été d’accord avec cette «déclassification» de l’université algérienne. La décennie noire. Les affres par lesquels nous sommes passés ont effectivement laissé leurs traces sur nos facs et sur le savoir de manière générale. Mais aujourd’hui, non ! Aujourd’hui, les choses ont changé. En bien. En nettement meilleur. Des gens inquiets face à la dégringolade de nos unif’ sur la scène internationale semblent avoir repris les choses en main. En tête de ces gens de bonne volonté, le Grand Recteur Madani Mezrag ! Quel courage ! Quelle abnégation ! Quel dévouement pour la cause, celle de la tenue régulière et diversifiée d’universités d’été à travers le pays. Cet homme est un saint ! Il aurait pu – il en a les moyens – se contenter de regarder de loin la dégradation de nos facs, siroter son café, se lisser la barbe et murmurer dedans : «Allah Ghaleb !» Et ben non ! Lui a posé sa tasse sur son guéridon fait d’ossements humains, a retroussé les manches de sa vareuse prise sur un jeune militaire qui n’en avait plus besoin, et a organisé coup sur coup plusieurs universités d’été. D’abord, chez lui. Dans cette forêt qu’il connaît si bien. Ensuite, pour ne pas faire dans le régionalisme, le Grand Recteur Mezrag, homme des équilibres par excellence a mis sur pied son université d’été à Mostaganem. Là aussi, dans la forêt, pour allier la pensée à l’écologie. L’utile au bucolique. L’esprit humain aux mannes des arbres et des plantes doublement centenaires. Je vous ai dit plus haut que cet homme est un saint ? Mauvais appréciateur que je suis ! Si Madani est un dieu ! Et ce dieu n’a qu’un seul regret. Celui de voir ses universités confinées pour l’heure à la seule saison d’été. Allons-nous rester ainsi, à le regarder se dépêtrer tant bien que mal durant les mois d’août à monter ses campus estivaux ? Non bien sûr. Il faut aider ce Grand Recteur providentiel à étendre sa toile universitaire sur les quatre saisons. Et si Dieu, l’autre, pas Mezrag, décidait un jour de rajouter une cinquième saison, son prophète sur terre sauterait sur cette aubaine pour y placer son université de 5e saison. D’ores et déjà, je vous propose à tous de réfléchir à un nom à donner à cette nouvelle saison. Frères et Sœurs, unissons nos cerveaux. En forêt !
Et fumons du thé au musc pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L. |