Pousse avec eux By Hakim Laâlam
Dimanche 02 Aout 2015
Reculer, c’est mourir, et pas qu’un peu !
Par Hakim Laâlam
Email : [email protected]
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Justice. Vers la réduction de la durée de la garde à
vue. Il est vrai que ça devenait intenable…
… 40 millions de prisonniers en
détention depuis 1962 !
Il y a pire que de perdre une bataille. Il y a ce fait détestable de s’excuser d’avoir eu une bonne idée. Et la ministre de l’Education est presque en train de s’excuser d’avoir eu cette bonne, très bonne idée d’injecter dans le primaire des segments de derja, le parler algérien. Les implications de cette marche arrière sont colossales. On imagine qu’il ne s’agit que de petits entrechats, de positionnements stratégiques et de tactique. Erreur fatale. Chez les islamistes, le compteur de points est en surchauffe. L’islamisme se nourrit de ce genre de renoncements. Il en fait son tableau de chasse. Son mur des «têtes de sangliers abattus». Attention à confondre campagne islamiste orchestrée, manœuvrée et exécutée dans un «parfait» tempo avec un chahut de gamins. Tous ceux qui ont eu recours à ce «concept» de chahut de gamins, qui ont tenté de le bricoler, de le bidouiller se sont cassés la figure, se sont plantés sur l’âge des chahuteurs, sur leur identité politique, sur leurs réseaux, sur les moyens qu’«on» leur a fournis et sur la marge de manœuvre impressionnante dont ils disposent. J’espère me tromper, mais il me semble que Nouria Benghebrit vient de commettre le premier gros accroc dans sa mandature exemplaire de ministre de l’Education. Cela me coûte de l’écrire, car, par principe républicain, par subjectivité passionnelle envers le travail et les compétences des femmes de mon pays, j’aurais tant aimé gommer, effacer, dissoudre ce moment de reculade, de repli vers les «valeurs» consensuelles. Je ne le peux pas ! Lorsqu’on veut apporter la voix de la modernité dans la vieille maison miteuse et bouchée par les poils de l’éducation nationale, on saute par-dessus les barricades et on monte à l’assaut des lignes ennemies. On ne retourne pas en arrière. On ne fait pas sonner la retraite par le clairon des démentis balbutiés. Oui ! La derja à l’école, et je t’emmerde ! Pourquoi devrais-je craindre d’avancer, de faire avancer la famille algérienne si j’étais convaincu d’être épaulé, soutenu, derrière moi ? Y a pas de raison, non ? Ou alors, c’est que dans mes rangs mêmes, dans mon état-major, on me tire par la manche de la veste en me murmurant «Madame la Générale, il nous faut nous replier. Nos troupes se sont aventurées trop loin des lignes sûres. Et le général-major vous demande de regagner la base.» Ah ! Ces lignes que le touriste Amar Ghoul, le mauvais touriste, s’est aussitôt empressé de tracer à sa collègue de l’éducation en lui rappelant que l’arabe classique ne pouvait souffrir de quelque cohabitation que ce soit avec la derja à l’école. Il a raison, le bougre. Il fait le boulot. Son boulot de ministre islamiste. De militant islamiste. De Frère de la Cause. Lui, à la limite, est dans son job ! Mais nous ? Vous ? Vous, donc nous Madame la Ministre qui voulons que nos enfants ne sortent pas de l’école primaire avec une barbe qui traîne déjà jusqu’à leurs pieds savatés, avons-nous encore le droit de revenir en arrière, de faire pire que perdre une bataille ? De nous excuser d’avoir failli en gagner une, majeure ?
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. H. L.
Dernière modification par zadhand ; 02/08/2015 à 12h37.
Motif: Pousse avec eux By Hakim Laâlam
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