Appel au pouvoir ! Que la Grande Prière de l’Aïd se tienne
cette année dans une mosquée de Ghardaïa, en présence des
deux communautés et du gouvernement au grand complet.Un bon début ! En fait, l’idéal de développement, l’indicateur infaillible de sortie de crise pour le pays, c’est lorsque tout Algérien dont la fille serait malade – que Dieu la guérisse — pourra lui acheter un appartement à Paris afin qu’elle soit correctement soignée sur place, dans la capitale française, sans avoir à subir les affres des allers-retours entre Alger et Paris, ni devoir subir une chambre d’hôtel parisien, fût-il étoilé. Voilà l’objectif auquel doit absolument s’atteler Boudiaf, le ministre de la Santé. Certes, c’est ambitieux, certes, c’est ardu, certes, c’est costaud, mais les Algériens ont l’habitude des défis ! Cependant, pour arriver à garantir à chaque Algérien dont un enfant ou un parent serait souffrant ou tout bonnement contraint métaphysiquement et transcendantalement à rester en France ou ailleurs dans le monde d’avoir la possibilité constitutionnelle d’acheter un appartement dans les meilleurs quartiers de la ville lumière, il ne faut pas confier ce chantier au seul ministre de la Santé. Non ! Il faut une intersectorialité. Le ministre de l’Habitat doit donner un coup de main au ministre de la Santé. Il est toujours bon de disposer de la compétence d’un ministre de l’Habitat algérien pour se débrouiller un appartement à Paris ! Ça s’appelle l’extension des compétences. Et tant qu’on y est, les Algériens doivent pouvoir aussi compter sur les affaires étrangères dans leur quête d’une piaule parisienne. Il faut absolument mettre toutes les chances du côté de nos citoyens, tous nos citoyens en quête d’un toit en France pour leur enfant malade ou juste stressé. C’est ainsi que nous montrerons et démontrerons au monde ébahi les progrès fantastiques de notre système de santé. Bien sûr, ce droit constitutionnel à la santé française en appartement parisien doit aussi s’accompagner d’obligations de la part des bénéficiaires. Entre autres obligations, celle de transmettre à Toufik, par courrier recommandé, cacheté et écrit à l’encre sympathique tous les documents ayant trait à l’acquisition. Vu le nombre d’enfants algériens malades, vu l’état de nos soins en mode local, et vu ces nouvelles perspectives qui démocratisent l’accès au logement AADL des bords de Seine, je vous le concède, le bureau du patron du DRS va être submergé, vite débordé. Mais ce service en a vu d’autres. On ne lui a pas décerné la médaille de la bravoure comme ça ! 40 millions de dossiers d’achat d’appart’ parisiens à lire, à éplucher, à avaliser et à classer, c’est une mission dans ses cordes. Et comme le dit si bien l’adage algérien, plus on a de cordes à son arc plus la chasse aux percussionnistes sera bonne en septembre. Si ! Si ! Je vous assure que ce dicton existe bel et bien. Il nous vient du centre-est du pays. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |