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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    Samedi 27 Juin 2015
    Amputer maintenant, avant gangrène !

    Par Hakim Laâlam
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    Sarkozy : «Le Maroc est le maillon fort du Maghreb.» Et toi,
    Nicolas, t’es le…

    …Talon faible de l’Europe !Attentat terroriste de Sousse en Tunisie. Attentat terroriste en Isère, en France. Que les amis tunisiens et français m’en excusent, j’éprouve une immense peine pour eux, mais aussitôt ces nouvelles reçues en pleine poire, prises dans la gueule, j’ai immédiatement eu en face de moi d’autres gueules, puantes celles-là. Celles des téléprédicateurs algériens, style Hammadache et consorts. Je ne peux me détacher de ce triptyque mortifère : télévisions supports du terrorisme. Prédicateurs lanceurs de fatwas. Et brigades des mœurs sur nos côtes. Tu laisses une brèche à l’intégrisme, il l’agrandit, se réinstalle dans la cité par petites touches poilues. Ce n’est pas demain qu’il faut «rentrer dans le bon dieu de ces fouteurs de morts». C’est aujourd’hui et maintenant que les mosquées d’Algérie, les mosquées du pays indépendant doivent être à leur tour libérées de l’emprise, du colonialisme salafiste. Ce n’est pas demain qu’il faut écraser les téléprédicateurs avec le pied de caméra et leur passer autour du cou la corde du micro dans lequel ils éructent leur haine. C’est aujourd’hui et maintenant. Reprendre la lutte contre le terrorisme là où l’a laissée feu Mohamed Lammari et l’armée qu’il dirigeait à cette époque. Pas l’armée pâtisserie ! Pas l’armée qui rédige des lettres de soutien aux musiciens. L’armée qui nettoie la vermine verte au Karcher de ses fusils et de sa détermination enfin expurgée des pantalonnades de la réconciliation et du blanchiment de crimes de guerre. Reprendre la lutte au check-point 1999. Revenir à cette borne indicatrice. Ne plus criminaliser l’éradication. Pouvoir se revendiquer fièrement, par mégaphone si besoin, de l’éradication de l’islamisme militant et guerrier sans risquer de se voir mettre en taule pour remise en cause des thawabith de rahma. Aucune rahma ! Pas le bout du bout d’une fenêtre ou d’un porte entrebâillée à ces gens-là. Sinon, Sousse et l’Isère reviendront hanter notre pays. La réconciliation avec les bouchers nous a conduits là où nous en sommes, dans une position de grabataires cloués sur un fauteuil. Attention de croire un instant que cet attentisme de clinique moribonde nous épargnera dans les prochains jours. Fermer toutes les ouvertures. Assaut sur toutes les filières soupçonnées de bosser salafiste. Purifier les espaces de culte de la m… qui y prolifère. Castrer les téléprédicateurs qui ont acquis en quelques mois, grâce à la complicité de chaînes à poils et à vapeur, des statuts de «stars» de la piété. Et ensuite, ensuite seulement, prier pour que les années de braise ne reviennent pas «hémoglobiner» notre quotidien. Qui a vraiment cette volonté-là aujourd’hui peut gagner le challenge. Qui ne le veut pas et qui ne le fait pas veut donc dupliquer Sousse chez nous. Dans la lutte contre le terrorisme, y a pas 36 mille postures. Soit tu flingues. Soit tu invites les barbus dans ta chambre à coucher. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    Dimanche 28 Juin 2015

    La jurisprudence Akbou !

    Par Hakim Laâlam
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    Cette année, le taux de réussite au bac devrait dépasser les
    50% selon la…
    … NSA !
    Le communiqué de la DGSN démentant l’arrestation de «déjeûneurs» à Akbou est historique. HISTORIQUE ! Je pèse mes mots. En niant que des citoyens algériens aient été questionnés, vérifiés en leur identité, voire embarqués avec confiscation de leurs papiers d’identité, le corps national de la police reconnaît implicitement que manger avant l’adhan durant le mois de carême n’est pas un délit. Si ça avait été un délit, la police aurait pu et aurait surtout dû embarquer ces contrevenants à la loi. Elle ne l’a pas fait, et a même démenti l’avoir fait, c’est donc que rien aux yeux des officiers chargés de faire respecter la loi ne l’y contraint. Donc, si je poursuis ce raisonnement, tout juge qui… jugerait un citoyen algérien pour non-observation du jeûne est un juge hors-loi dont l’action serait passible de sanctions internes et de poursuites judiciaires. Je pense que l’on devrait tous remercier la police algérienne pour son énorme contribution à faire avancer le débat sur cette question du Ramadhan, du jeûne et du droit citoyen de ne pas l’observer. Désormais, je dois même dire qu’il y aura la «jurisprudence Akbou» à la disposition de tous les déjeûneurs qui auraient le malheur, malgré tous les efforts de la DGSN, d’atterrir quand même chez un juge. Forts de cette jurisprudence, les avocats peuvent alors plaider la relaxe immédiate de leurs clients, introduire aussitôt après une demande en indemnisations pour préjudices moral et économique, puisqu’en plus de l’atteinte à la dignité, le déjeûneur aura été contraint de s’absenter de son travail pour cause de convocation au tribunal. Et tout cela, je le répète, a été rendu possible grâce à la police. La DGSN aura fait plus et plus vite pour la démocratie et la liberté de pensée et de culte que tous les grands démocrates réunis. Mon Dieu ! J’en prends acte ici même, officiellement. Et lors de la prochaine fête de la police, j’en fais tout aussi officiellement l’annonce aujourd’hui, dans cet espace, je m’inviterai aux festivités, et j’irai en personne dans le commissariat de ma ville y apporter thé, café, gâteaux et paroles de réconfort et d’encouragement aux camarades policiers. Quoi ? Et si la fête de la police coïncide avec le prochain mois de Ramadhan ? Et alors ? Les policiers jeûneurs ne feront que discuter avec moi. Les autres casseront la croûte, en sus. C’est cela la jurisprudence Akbou, non ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Lundi 29 Juin 2015

    En finir avec les mandataires du commerce informel de Dieu !

    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    Démissions en cascade à TAJ, le parti de Amar
    Ghoul. Pour une fois, je ne suis pas contre le fait
    de mettre les …

    …Voiles !Tout le problème est là ! Nous cherchons des vertus extraordinaires au ministre des Affaires religieuses. Nous nous extasions sur son progressisme notoire. Nous nous pâmons devant son ouverture d’esprit. Et nous le couvrons de toutes les louanges possibles, comme des sortes de talismans censés nous protéger contre les «durs» du fait religieux. Nous passons notre temps à guetter un ministre plus «engagé» démocratiquement que les précédents dans l’auto-rassurage collectif. Alors qu’il serait tellement plus simple d’accomplir enfin le seul acte sensé en terre de passions religieuses : définitivement séparer le politique du divin. Ramener la foi à son extraordinaire dimension, celle de l’individu avec son potentiel Dieu. Privatiser la croyance pour en finir avec le collectivisme salafiste ! Car, enfin, on ne peut pas décemment passer sa vie à scruter l’intensité du bleu des yeux de Mohamed Aïssa, guetter que sortent de sa divine et sucrée bouche des paroles 100% miel, et parfois s’inquiéter d’y déceler des parties, au fond du pot, qui ne répondent pas exactement à la notice affichée sur l’étiquette. Dans plusieurs pays, entre autres aux Comores, le concept d’une mosquée sans imam, un lieu de prière sans intermédiaire entre le priant et le prié, Dieu, fait son petit bonhomme de chemin. Si l’on peut se passer d’imam, on peut se passer de ministre. Et l’on supprime ainsi sur la durée, de manière salvatrice pour la foi individuelle, la longue chaîne des «intermédiaires» des «mandataires» qui grenouillent dans le «marché» informel du religieux. Moins de relais ! Plus de communications individuelles directes ! Allez vers le «je prie» et en finir progressivement avec le «nous prions». La cité doit être gérée par l’Etat élu. Et l’Etat et ses démembrements gouvernementaux et de gestion quotidienne ne sont pas élus par Dieu, mais par des hommes, vous et moi. La Constitution réformée, revue, corrigée, biffée, réécrite, devrait – c’est un rêve – redonner au citoyen-croyant son intimité avec Dieu, son droit à un isoloir inviolable, son accès à une passerelle vers le divin. Mais une passerelle conçue pour un individu, car avec plus de charge, elle s’effondrerait. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Mardi 30 Juin 2015

    Le pays de carton-pâte !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Forte présence de «brigades des mœurs islamiques» sur les
    plages. Ça confirme ce que je savais déjà. Notre littoral est
    vraiment…
    … Pollué !
    — Tu sais, ils viennent de brandir le carton rouge aux télévisions qui font l’apologie de la violence et du fondamentalisme.
    — Tu es sûr ? Un carton rouge ? Rouge ? Tu as vérifié qu’il était bien rouge ?
    — Enfin… oui ! Je crois qu’il était rouge ce carton. Du moins, j’ai lu partout qu’il était rouge.
    — Je serais toi, je me méfierais. Avec le Ramadhan, l’effet de fatigue visuelle dû au jeûne, le taux de sucre qui joue au yo-yo, des fois on croit que c’est rouge, et puis, plus tard, après le f’tour on se rend compte que c’était plutôt orange, voire rose pâle, pour ne pas dire franchement vert.
    — Mais les chèques, hein, les chèques ?
    — Quoi, les chèques ?
    — Eh bien, ils ont décidé d’imposer le paiement par chèque à partir d’un seuil de transaction. Par exemple, tu ne pourras plus vendre ou acheter un appart’ avec la ch’kara, le sac d’argent. Ça, c’est du concret, non ?
    — Oui ! La ch’kara, c’est du concret, je te le concède volontiers.
    — Et l’obligation de chèque ?
    — Disons que ça dépend !
    — Ça dépend de quoi ?
    — Du carton !
    — Du carton rouge ?
    — Mais non, gros bêta ! Le carton rouge, c’est un canular télé, une caméra cachée. Moi, je te parle du carton où cette vieille idée de paiement par chèque obligatoire avait été rangée il y a quelques années déjà et dans laquelle, si je te comprends bien, ils sont allés farfouiller à nouveau pour nous la ressortir aujourd’hui.
    —Qu’importe ! L’essentiel, c’est qu’ils y pensent.
    —Oh ! Pour y penser, je pense qu’ils y…pensent. Faudrait juste que les personnes envoyées au service archives afin d’en exhumer l’idée du chèque… pensent à fouiller dans le bon carton.
    — Et selon toi qui semble être au courant de tout, il serait où le bon carton ?
    — Entre deux autres cartons ! Celui où repose l’idée d’assouplir les règles de commercialisation des vins, alcools et spiritueux et celui où croupit le projet de criminalisation de la violence faite aux femmes.
    — A t’entendre, dans ce pays, tout ne serait affaire que de cartons !
    — Pas seulement mon ami, pas seulement. De cartons, mais aussi de provisions suffisantes de thé que je t’invite à fumer pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.

    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    Mercredi 01 Juillet 2015
    Insolation !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Chantier de la Grande Mosquée Abdekka. Il accuse un
    retard de 18 mois. Même pas terminée, pas encore
    livrée et déjà elle…

    … accuse !Le ministre des Finances est formel : «Il faut en finir avec la ch’kara.» C’est là, à ce moment précis que tu prends très au sérieux les appels à la vigilance canicule lancés par Météo Algérie. Les conseils avisés de la Protection civile. Les avertissements appuyés des papas et des mamans à leurs enfants afin qu’ils évitent de sortir ces jours-ci. Où était le ministre des Finances lorsque cette campagne de sensibilisation contre les dangers de la canicule battait son plein ? Pourquoi diantre un ministre de ce rang n’a-t-il pas été informé du péril soleil ? Plus que tout autre ministre, plus que tout autre citoyen de ce pays, un ministre de l’argent doit être mis à l’abri des effets dévastateurs de la canicule. Ce n’est pas n’importe qui, un ministre des Finances ! C’est une personne forcément sérieuse, pondérée, sage, équilibrée, et à qui l’on doit éviter toute source extérieure d’hallucinations. Et là, à quoi avons-nous eu droit ? A un ministre des Finances livré au coup de chaud, pas protégé pour un… sou vachement dévalué. Ah ! Ils ont dû bien rire les barons de l’import-import, abrités à l’ombre des climatiseurs surpuissants de leurs demeures géantes, les pieds trempés dans des jacuzzis remplis de glaçons directement importés de Dubaï. Entendre ce pôvre ministre victime d’insolation déclarer la guerre à la ch’kara, ça les a sûrement aidés à supporter l’attente jusqu’au f’tour. La mésaventure du ministre des Finances doit déboucher sur un vaste débat. Comment mieux protéger les ministres à la tête de portefeuilles dits sensibles des dangers de la nature algérienne, comme la canicule. Une nature forcément vicieuse, traître, sournoise et sans état d’âme. Une nature que connaissent bien certains «élus» du FLN. Demandez-leur quel rapport ils entretiennent avec la ch’kara, quelle complicité amoureuse les lie à cet objet en apparence disgracieux et pourtant tellement mystérieux en ses nombreux replis, et vous comprendrez alors qu’il est toujours dangereux de ne pas protéger un ministre des Finances de la canicule. De l’abriter sous un couvre-chef. Pour son bien. Pour sa santé. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
    Dernière modification par zadhand ; 02/07/2015 à 00h27. Motif: Pousse avec eux By Hakim Laâlam
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    Jeudi 02 Juillet 2015

    Touche pas à mon sac !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    L'octogénaire jeûneur, victime d'un évanouissement alors qu'il
    faisait ses courses à 13h, par 40° à l’ombre, a été évacué aux
    urgences...

    … PsychiatriquesJe le supputais ici même, hier. Eh bien voilà ! Y avait qu’à demander ! Des députés FLN s’en sont violemment pris à la généralisation du chèque dans les transactions supérieures à un million de dinars. Ce cher Pavlov ! Je suis sûr que si l’on fouille dans son passé torturé, on découvrira qu’il a pris un jour la carte du FLN, tellement il correspond totalement à la culture Feleneu ! A peine le ministre des Finances a-t-il sorti timidement le chéquier que le FLN a dégainé la ch’kara ! C’est là, résumé, tout le drame des quidams certes sincères mais un brin trop… quidams qui veulent tirer l’Algérie vers le haut, en oubliant les boulets qui la maintiennent au sol. Pourquoi dès que j’écris le mot «boulet» me vient immédiatement à l’esprit l’image du député Tliba ? Parce qu’il fait partie de la charge héroïque du FLN contre l’usage généralisé du chèque. Un grand moment d’émotion vous étreint lorsque vous entendez Tliba verser une larme sur l’Algérie rurale, sur ce pauvre paysan qui ne sait même pas écrire et à qui l’on voudrait imposer de griffonner un chèque à tout bout de champ de pommes de terre. Tliba en défenseur des fellahs et des vertus du terroir, j’aurais au moins vécu ce moment épique. En fait, ce que ne peut pas comprendre un économiste comme Benkhalfa, c’est que son raisonnement prend à rebrousse-poil la «logique» FLN. Le ministre des Finances prêche un recours normalisé à la carte monétique afin d’en finir avec la ch’kara. Alors qu’au FLN, on conseille vivement de se munir d’une grosse ch’kara si l’on veut la… carte du parti, et d’une encore plus grosse ch’kara que l’on souhaite se voir propulser au CC ou au bureau politique du Front. Epistémologiquement, philosophiquement, existentiellement, c’est deux espaces temps différents. Et Benkhlafa aurait dû prendre des précautions. Entre autres, celle de consulter Chérif Rahmani. L’ancien ministre de l’Environnement lui aurait alors raconté comment il a essuyé un terrible tir de barrage dès qu’il a eu la mauvaise idée de s’attaquer au petit sac en plastique noir. Un malheureux sac d’emballage, souvent sale, troué et sans valeur aucune. Déjà comme ça, avec un sac minable, et les lobbys du sac ont sorti les orgues de Staline. Comment voudrais-tu alors qu’ils restent les bras croisés face à celui qui aujourd’hui veut en finir avec les très gros sacs, la ch’kara bourrée de biffetons ?
    T’es fou, mon frère ! Et si t’es réellement fou, c’est que t’es des nôtres.
    Alors, à la bonne franquette, fumons ensemble du thé et restons éveillés à ce cauchemar qui continue.
    H. L.
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    Samedi 04 Juillet 2015
    De Ben M’hidi à Saâdani, de l’épopée au vaudeville !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Sellal en visite ce samedi, 4 juillet, à Alger. Je me demande
    qui sera à…

    … L’aéroport Houari-Boumediène pour l’accueillir !Quand j’entends les gentils députés du FLN et des «experts» de la finance qui ont concouru 60 ans durant à nous mener au désastre économique actuel nous assurer en chœur et la bouche en cul-de-poule qu’il est impossible de mettre en œuvre l’obligation du chèque dans les transactions à seuil supérieur à un million de dinars, j’ai l’impression de relire l’épopée d’Hercule. Je replonge dans son parcours à douze étapes chacune étant ponctué par un travail à accomplir avant de passer à l’étape suivante. Je m’attendrais presque à ce que l’on compare cette décision de Benkhalfa à la mer Méditerranée que nous devrions boire en entier, en commençant par les endroits les plus pollués, style aux abords des raffineries d’Arzew et de Skikda. Et depuis que le ministre des Finances a dit «le chèque, on y va !» une forêt de bras s’est levée pour crier à l’insensé, au sacrilège et à la déraison. Tout ça asséné dans un bled où, un jour, un 24 février 1974, un mec au regard fiévreux, les traits émaciés, les mains noueuses et nerveuses et la moustache dressée en ordre de bataille, a déclaré : «Nous avons décrété la nationalisation des hydrocarbures !» Je pose alors la question : l’Algérie de 1974 était-elle mieux préparée à nationaliser son sous-sol que l’Algérie de 2015 à recourir au chèque ? Tu sais bien, ce rectangle de papier sur lequel il te suffit de griffonner ou de faire griffonner par n’importe qui autour de toi, quelques lettres, un chiffre, un nom, ou juste la mention «moi-même» pour transactionner ? Du jour au lendemain, un homme, bon ou mauvais, visionnaire ou pas, je refuse d’entrer dans ce débat-là aujourd’hui, a cependant eu la «hardiesse révolutionnaire» de renverser la table des convenances internationales et des rapports de force pour installer la souveraineté algérienne sur son sol et en dessous. Et nous y sommes allés ! Tous ! Comme un seul homme. Ou presque. Parce que j’ai tout de même souvenance des résistances. Des résistances qui soulignent d’ailleurs mieux l’évolution dégradée du FLN. Le Front a accompagné Boumediène dans son acte «fou» de 1974. Il a épousé la reconquête totale de nos biens apparents et enfouis. Son descendant de 2015, celui de Ammar Saâdani, ferraille autour d’enjeux visiblement plus «historiques», plus «stratégiques» que la nationalisation des hydrocarbures : le chèque vs la ch’kara, hachakoum ! Une évolution que mon souci de la caricature avéré et revendiqué me fait représenter par cette simple et triste parabole : du FLN de Ben M’hidi au FLN de Saâdani. Le glas lui-même ayant été vendu, bradé, ne sonne plus alors pour nous que la derbouka et le bendir. Dansez braves gens ! Chantez ! L’épopée de 1974 s’est transformée en vaudeville de 2015. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    Dimanche 05 Juillet 2015

    Pas bête, le feu DZ !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    L’erreur du ministre des Finances, c’est d’avoir fait la promotion du
    chèque dans un pays où règne en maître le…

    … mandat à vie !Si je comprends bien, la saison des incendies est lancée ! Bien avant les «s’maïm», cette période de l’année que les Algériens connaissent bien pour la savoir propice aux départs de feu. Coup sur coup, une usine Samsung de Rebrab a brûlé. Un entrepôt abritant des climatiseurs de la marque Condor a cramé. Et là, en quelques heures seulement, deux domiciles de militantes démocrates, situés quasiment dans le même périmètre, ont été réduits en cendres. Mon Dieu ! Il faudra bien qu’un jour les spécialistes en incendies et en combustion se penchent sur la nature très «particulière» des départs de feu algériens. Le feu, chez nous, ne ressemble pas à n’importe quel autre feu sur la planète. Le feu algérien a du caractère. Il a de la cervelle. Le feu algérien réfléchit. Tu prendrais n’importe quel autre feu écervelé, ou carrément décervelé, il irait brûler de manière anarchique, sans but précis, dans son errance incendiaire, sans vraiment se préoccuper de ce qu’il va brûler. Pas le feu algérien, khouya ! Le feu algérien est doté d’une matière grise. Grise cendre, je vous l’accorde, mais matière grise quand même. D’entre toutes les usines du pays, il choisit celle d’un investisseur qui se plaint sur tous les toits non encore incendiés du pays des blocages administratifs et politiques dont il est victime chez lui, en Algérie et qui l’obligent à placer ses sous et ses usines à l’étranger. Le feu choisit aussi en plein été, en pleine canicule, de réduire à néant un hangar où des milliers de… climatiseurs étaient entreposés en attendant d’être commercialisés et d’amener un peu de fraîcheur dans les domiciles algériens. Des climatiseurs fabriqués en Algérie, bien sûr. Par un savoir-fait algérien, re-bien sûr. Et puis, cerise flambée sur le gâteau de crème brûlée, ce sont les appartements de Amina Bouraoui et de l’avocate et chef de parti Zoubida Assoul qui sont mangés par les flammes. Des flammes qui auraient pu – les imbéciles — détruire la maison de Kaddour Ben Ahmed, agent de maîtrise à l’agence nationale des instruments de mesure, balances et pèse-personnes, ou de Houaria Tartempion, gérante de salon de coiffure à la cité des 1534 logements de Bouharoun-sur-Mer. Non ! Les flammes ont opté pour les demeures de deux femmes-braises. Et on viendrait ensuite me dire que tout ce beau monde a été victime d’accidents bêtes ? Bête toi-même ! Je ne supporterais plus à l’avenir que l’on portât atteinte à l’intelligence des incendies algériens. Que brûlent en enfer tous ceux dont l’esprit aurait été effleuré par cette pensée impure. Quant à moi, toujours fidèle à mon petit incendie privé, ma combustion quotidienne, je fume du thé et je reste éveillé à ce cauchemar qui continue.
    H. L.

    P. S. : Pan sur mon bec ! Dans la dernière chronique, celle de jeudi, j’ai donné pour date de la nationalisation des hydrocarbures le 24 février 1974. Nordine Cherouati, un des piliers du secteur des énergies, aujourd’hui à la retraite, mais une retraite vigilante, a gentiment corrigé mon erreur précisant qu’il s’agissait bien d’un 24 février, mais de l’année 1971. En plus de cette bourde, je ne commettrais pas le péché d’hypocrisie en me réfugiant derrière le Ramadhan et la pénibilité du jeûne. Walou ! Bourde, bourde et bourde.
    Donc, mea-culpa !
    Mea-culpa ! Mea-culpa ! Merci Si Nordine et mes excuses à tous
    les lecteurs, lectrices et amis fumeurs de thé.
    Hakim
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    Lundi 06 Juillet 2015

    J’y suis, j’y reste, et même après !
    Par Hakim Laâlam
    Email : [email protected]
    Que m’inspire le fait que le Tunisien Béji Caïd Essebsi, 89
    ans, présente ses vœux à l’Algérien Abdekka, 80 ans à
    l’occasion du 5 Juillet ? Le besoin urgent de faire contrôler
    ma…
    … Prostate !
    Le raidissement est un phénomène physique que les médecins urgentistes connaissent bien. Et redoutent ! Des amis toubibs qui y ont été confrontés au cours de leur carrière me racontent des épisodes édifiants, voire effrayants. Appelés sur le numéro d’urgence des secours, ils arrivent dans une maison où de vieilles personnes sont hélas déjà passées de vie à trépas. Mais le plus dur, me précisent-ils, dans ce genre d’interventions ce n’est pas tant le constat de décès et la paperasse. Ça, ça se règle. Il existe des formulaires types, avec des rubriques style «nom, prénom, âge du défunt, cause et heure du décès». Non ! Le plus pénible, c’est le raidissement de certaines personnes âgées. La rigidité du corps. Elle peut être énorme. Et parfois, il faut plus d’une escouade de pompiers pour arriver à dégripper le mort de son lit ou de sa chaise. Sur un lit, passe encore. Les malheureux vieillards n’ont généralement pas le temps de s’agripper aux montants dans leur dernier souffle. Par contre, sur un fauteuil, c’est la croix et la bannière que d’arriver à desserrer leurs doigts des accoudoirs. Tous les urgentistes vous le confirmeront. Il faut réussir à rompre l’emprise sans briser les doigts trop raides. Parce que sinon, si des phalanges sont cassées lorsqu’on tente de libérer la chaise de son occupant, il faut alors reprendre le sacré formulaire de constat de mission. Et y rajouter à la rubrique «Divers» la mention «doigts de la main brisés post-mortem». C’est embêtant, parce que ça implique un double travail administratif dont les médecins urgentistes et aussi les pompiers ne sont pas spécialement friands. Eux tiennent à rester sur leurs missions spécifiques. Et le raidissement, la rigidité extrême de certains corps les oblige à travailler in situ, dans le lieu même du décès sur la dépouille afin de lui donner un semblant d’apparence normale et pouvoir ainsi la sortir, l’évacuer sans choquer les badauds et la famille du mort. Ainsi, me racontent mes amis toubibs, certaines victimes meurent dans la position assise. Bloquées dans un angle à 90 degrés. Les secours, dans un souci pratique d’abord, ensuite de dignité due à la personne, font tout leur possible pour remettre la dépouille dans une position horizontale, plus ou moins à 180 degrés. Et là, tout comme avec les doigts agrippés aux accoudoirs du fauteuil, il faut faire attention, dans cette tentative de mise à plat, à ne pas briser des cervicales ou carrément une colonne vertébrale. Voilà ! Je vois que vous avez compris ! Parce que, sinon, il faudrait alors, là encore, refaire les formulaires, et les médecins y passeraient l’éternité. L’éternité ! Mon Dieu ! Alors qu’il y a tant d’autres urgences dans ce pays ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.


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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    Mardi 07 Juillet 2015

    Et le vainqueur est…

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    5 Juillet. Heureusement que l’indépendance n’a pas été
    acquise par chèque, parce que nous serions encore
    au…

    … Guichet à faire la queue !C’est lui qui l’a dit. Nous allons continuer longtemps à écouter une lettre nous parler de notre avenir. Je ne me plains pas ! C’est juste que ça fait toujours bizarre d’écouter une lettre me prédire ce qui va m’arriver dans les prochains mois. A la limite, une cartomancienne ou une diseuse de bonne aventure qui me déclamerait en direct-live le programme de mes «réjouissances» pour les mois à venir, ça va, puisque la personne serait en face de moi, en chair et en os, matériellement présente. Mais une lettre ! Non, je ne critique pas ! Je dis juste que c’est assez particulier tout de même de se faire haranguer à chaque fois par une lettre. A la limite, pour normaliser cet état de fait, pour enfin mettre en conformité cette incongruité, peut-être faudrait-il envisager des candidats d’un genre nouveau à la prochaine présidentielle. Mais si, vous savez bien, le scrutin de 2019 dont nous a parlé la lettre, qui a tenu au passage, gentille comme elle est, à nous préciser qu’elle irait jusqu’au bout du bout de ce seuil électoral. Et donc, à cette date, pourquoi ne pas imaginer une feuille 21/27 candidate ? Ou une enveloppe ? Ou un enregistrement sur CD ou sur DVD ? Juste ça ! Sur le fond, les choses ne changeraient pas. Mais au final, tu entendrais le ministre de l’Intérieur déclarer «et le vainqueur de cette présidentielle est l’Enveloppe, avec un score de 78,90% des voix, deuxième avec 23,76 des suffrages exprimés le CD, etc.» Libre bien sûr au CD, au DVD ou à la feuille 21/27 de déclarer le scrutin frauduleux, d’introduire des recours et même de publier des livres blancs sur cette élection. Mais au moins, là, avec une Enveloppe à la tête du pays, les choses seraient claires, une bonne fois pour toutes. Je n’éprouverais plus de sensation bizarre lorsque je serais convié à écouter un discours de l’enveloppe lu par un humain porte-voix à l’occasion du 5 Juillet. Je ne ressentirais plus de honte à applaudir une enveloppe, une feuille 21/27, un CD ou un DVD, puisqu’en mon âme et conscience, sans qu’on m’y ait forcé, sans exiger de médaille de la bravoure pour ça, j’aurais voté Enveloppe, Feuille, CD, DVD, voire même Clé USB ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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