23 Mai 2015

Moi, général Ramtane, droit dans mes bottes !

Par Hakim Laâlam
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A peine installé, le nouveau ministre aux universités appelle les experts à évaluer le système LMD. Trop long ? Trop court ?
Jusqu’aux genoux ?
Excédé ! Enervé au plus haut point, le ministre 1 des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a réagi. Et quelle réaction ! Violente. Imprévisible. Vicieuse. Cinglante. Et surtout innovante. Dans un communiqué rédigé de sa superbe plume – le gars sait écrire, il faut le lui reconnaître – Lamamra a qualifié l’opération menée par l’ANP et qui a permis d’anéantir 23 tangos d’«audacieuse et réussie en tous points». Ah ! Il veut m’amputer d’une partie de mes prérogatives aux AE, eh bien, je vais lui en prendre de nouvelles au MDN, au ministère de la Défense. Lamamra en rangers et treillis ! Merci mon Dieu de m’avoir permis de vivre jusqu’à ce jour et d’être témoin de ce genre de scènes. Ya Sidi Rabbi, j’aurais tout de même d’autres requêtes à vous soumettre. Accordez-moi encore quelques souffles, des mois, voire une poignée d’années pour assister à une finale de Coupe d’Algérie de foot à Tchaker et qui verrait Ghoul arracher le trophée des mains d’un Sellal ahuri pour l’offrir à l’équipe victorieuse. Ou encore Mihoubi, le ministre de la Culture, arriver en pleine réunion du comité mixte Union européenne-Algérie et y déclamer en vers : «L’accord OMC, c’est pas Amara, c’est moiiiii qui le signe ya dellali !» Lamamra n’a peut-être pas mesuré l’effet papillon de son geste et de son communiqué très martial. Il vient de créer un précédent. Oh ! Bien sûr, lui va s’en défendre en affirmant que c’est pour répondre à l’Arabie Saoudite et sa black liste qu’il s’est empressé de commenter l’opération anti-terroriste de Bouira. N’empêche ! Messahel, le ministre 2 des AE, ne va sûrement pas en rester là ! Je le soupçonne de vouloir débarquer à l’improviste dans les salles d’examen du bac et de fourrager plus vite que Benghebrit dans les cheveux des candidats, tout en leur posant la question qui tue, la question que tous les ministres de l’Education posent depuis l’indépendance aux candidats : «Les sujets sont abordables ?» Comme s’ils s’attendaient un jour à ce qu’un élève un peu plus futé que les autres leur réponde : «Ben… tu vois, là, le sujet de math est très dur. Tu pourrais le changer, s’teplé ?» Non ! Assurément, Lamamra a foutu le bazar avec son grignotage sur les prérogatives de Gaïd-Salah. J’espère juste un truc. Que aâmi Salah, vexé par les libertés prises par tonton Ramtane, n’aille tout de même pas à Bruxelles juché sur un char, pour représenter l’Algérie au sommet sur les migrations des cerveaux entre le Sud et le Nord. Là, pour sûr, on serait mal. Très mal ! Rien que d’y penser, je fume du thé et je reste éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.