| Khalifa. Un procès cousu de fil blanc. Et au final, on ne saura jamais qui a importé le… … Fil blanc ! Fabius a salué «la profondeur d’analyse du Président Bouteflika». J’ai l’impression fort désagréable qu’ils viennent en Algérie munis d’instruments de mesure, et qu’ils sondent la profondeur de notre Raïs chéri. Ça en devient presque indécent ! Une sorte de défilé d’examinateurs outillés comme des Monsieur Bricorama qui sondent, mesurent, testent et délivrent ensuite leur verdict : bon pour le service ! Le genre d’examens et de consultations qui peut aller loin, très loin si l’on n’y prend pas garde. Bientôt, ils vont lui tirer sur la peau du bras pour jauger de son élasticité, de son hydratation, lui soulever les paupières pour évaluer ses humeurs et s’il n’est pas anémique. Ensuite, ils se laveront les mains dans un box spécialement aménagé pour cet usage, et enfin sortiront sur le perron, grand et large sourire sur leur fatcha pour nous rassurer, parce qu’il paraît que nous sommes mortellement inquiets : purée de profondeur que celle de votre Président ! Ça doit être ça, le service après-vente. Ils l’ont soigné là-bas et, périodiquement, au moment de faire leur marché, de procéder à leurs emplettes, ils viennent vérifier que tout fonctionne, que l’ensemble émet encore des bips et peut répondre, même faiblement, à des stimuli sonnants et trébuchants. Sinon quoi ? Quand tu dis ça de quelqu’un : «Bah ! Bah ! Bah ! Incroyable cette profondeur d’analyse détectée chez lui», ça implique une suite non dite à haute voix, non assumée dans le mégaphone, mais bien présente dans l’esprit de tout le monde, «titillante» : Fafa valide les normes NF sur le produit. Il est encore fonctionnel. J’en entendrais presque le bruit du cachet, du tampon qui s’abat sur le fauteuil roulant et sur son occupant. Partout dans le monde, les ministres et présidents se rendent visite, se rencontrent, discutent, négocient et signent. Ils n’ont pas besoin de jauger leurs états de santé respectifs, et encore moins de délivrer des certificats de profondeur d’analyse et de santé mentale ! Sauf chez nous. Des avions se posent sur notre tarmac national. Des inspecteurs sanitaires munis de petites valises de premiers soins en descendent, se dirigent vers le Palais, examinent le patient sous nos yeux ahuris, concluent à la bonne profondeur, celle qui répond aux normes, et puis repartent chez eux. Avec de plus grosses valises, bien sûr. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.H. L. |