Ce qui me gêne avec les critiques virulentes de
Saâdani contre le livre «Paris-Alger, une histoire
passionnelle» ? C’est qu’on puisse croire qu’il…… lise ! En Algérie, mieux vaut être ministre véreux ou président népotique et grabataire qu’arbitre assistant de football soupçonné de trucage de match ! Prenez ce referee, Rezgane. Vous connaissiez vous un arbitre du nom de Rezgane avant ? Moi, pas. Et je suppose que vous aussi, si l’on excepte bien évidemment les mordus, les accros, les shootés au foot qui peuvent vous réciter la liste complète des arbitres de la ligue une, avec en rab leur pointure ! Eh bien le nom de Rezgane est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Tout le monde le voue aux gémonies. S’il était lâché dans la nature, il ne tiendrait pas une matinée. D’ailleurs, je suis étonné que la justice ne se soit pas déjà autosaisie et auto-gazonnée dans cette affaire de matchs truqués. C’est fou comme il est tellement facile de dresser des bûchers à arbitres que de ferrer aux pieds des politiques voleurs dans c’pays ! Tu barbotes des milliards, tu mets les crédits de l’agriculture dans ta poche d’artiste raté, et t’es promu à la tête du sommet du plus haut de là-haut que compte ce bled. Par contre, t’es arbitre et t’es soupçonné d’avoir reçu une petite enveloppe, une «envelopinette» te permettant de mettre du beurre Président plutôt que de la margarine Fleurial sur tes tartines, et te voilà condamné à la peine capitale, poussé dans le dos dans le couloir de la mort et sur le point d’être exécuté sous les hourrahs et la ola d’une foule en délire ! 3 000 milliards qui ont pris la poudre d’escampette, la clé des… champs, et les marlous, non seulement courent toujours, mais, en plus, ont eu des promotions d’enfer. Un petit arbitre qui a oublié d’ouvrir les yeux un moment, qui a eu les paupières lourdes un instant fugace et c’est toute l’Algérie qui veut les lui fermer définitivement ces yeux-là. Finalement, à bien regarder ce premier et second collège de la corruption peut-être y trouverons-nous la solution à tous nos maux, peut-être verrons-nous alors la justice enfin s’autosaisir et l’opinion gronder pour de vrai. Eh oui ! Nommons un arbitre central de foot à El-Mouradia, un arbitre de touche au Premier ministère, un autre au FLN et un commissaire de match au RND. Là, peut-être que justice et opinion se sentiront enfin concernées par les affaires du pays. Va savoir ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |