Que faut-il attendre de la visite à Annaba du ministre de
la Santé, Boudiaf ?
Qu’il en revienne vivant !
Pourquoi se contenter d’un seul Abdelaziz quand on peut s’en payer deux ? Et donc, taratata ! Voilà le retour tant attendu de Abdelaziz II, l’immortel Belkhadem ! A vous, je peux bien l’avouer : il me manquait, mon empastillé ! Eh oui ! Il me faut reconnaître, même du bout des lèvres, même empli de honte, mes perversions. L’homme des coups d’Etat «scientifiques», l’homme du congrès de Laghouat, l’homme sous le règne de qui la ch’kara est devenue un acteur de premier plan au FLN, l’homme qui a redonné ses lettres de noblesse mordante à la race canine, l’homme qui sait partir quand on lui demande de partir mais qui n’oublie jamais de semer des petits cailloux derrière lui pour retrouver son chemin retour, l’homme qui dit merci à l’ogre qui le malmène et l’humilie, cet homme-là serait de retour. Mon Dieu ! De nouveau, je vais pouvoir ferrailler dur avec le service correction du Soir, eux m’assurant que le terme «empastillé» ne figure dans aucun dictionnaire, et moi leur susurrant avec ma plus belle voix que le meilleur dictionnaire se niche souvent sous les ailes d’une coccinelle en vadrouille dans un champ de coquelicots. Vous voyez comme le retour de Belkhadem me pousse à la poésie ? J’ai l’âme bucolique rien qu’à l’évocation de son regard perçant, balayant une salle FLN remplie de 238 C.C de mouhafedh, à la recherche du plus gros sac noir, du plus glacé des costards à rayures pour le promouvoir à l’APN ou au Sénat. Je jubile à l’idée même du quart d’heure que vont passer Saâdani et ses troupes, troubadours vidés brutalement du concert-live des laudateurs du Palais. Ah ! Ce FLN ! Ce pauvre FLN condamné à une tournante vulgaire entre Saâdani et Belkhadem. Ce parti-là ne mérite-t-il que ce genre de tourmenteurs ? N’y a-t-il plus de femmes et d’hommes au Front pour qu’il soit livré à ce duo alternatif ? Mais non ! Non ! Non ! Et non ! Je refuse de larmoyer aujourd’hui sur le sort du FLN. Chacun démerde-lui ! Moi, je jouis littéralement du plaisir légitime de tout chroniqueur, de tout amuseur public que d’avoir récupéré un bon client, un sujet à succès, un numéro qui marche toujours. Belkhadem revient et moi, je ressors vite sa marionnette et tous les calembours à deux balles qui complètent sa panoplie. Je sens qu’on va s’amuser. Je le sens d’autant plus qu’on me murmure dans mon oreille encore valide que Ouyahia serait sur le point de revenir lui aussi au RND. Mon Dieu, quelle époque ! Quelle belle époque. Les années folles ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |