30 Mars 2015

40 millions vus du ciel !
Par Hakim Laâlam
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Après les troubles en Tunisie, la délégation algérienne
au Forum social mondial risque de lourdes sanctions.
Très lourdes sanctions.
Rentrer à Alger !
Ils sont gentils au niveau de l’organisme qui s’occupe officiellement de nos statistiques. Ils nous annoncent fièrement que nous sommes désormais 40 millions à cohabiter sur cette terre d’Algérie. C’est sympa ! Merci beaucoup ! Mais vous n’oubliez pas un truc, amis experts en statistiques ? Ce qui m’intéresse moi, c’est le nombre de pilotes exerçant chez nous ! Oui, M’sieur ! Voilà des statistiques utiles. A quoi ça sert de savoir que nous sommes 40 millions si à tout bout de vol, y a un commandant ou un co-pilote qui décide d’agir directement et radicalement à la baisse sur notre démographie galopante ? Faut vraiment que nos statisticiens apprennent à travailler selon les règles de la priorité. Tenez ! Je dois prendre l’avion tout à l’heure. Eh bien, j’ai minutieusement préparé mon voyage. Billet, bien sûr. Passeport et visa en cours de validité, bien évidemment. Assurance voyage, cela va de soi. Et en sus, le must. Je me suis débrouillé les noms du commandant de bord et de son co-pilote. Pourquoi les noms ? Parce qu’ensuite, grâce aux noms, j’ai fouillé dans leur vie, et j’ai eu les numéros de leurs compagnes. Et vous pensez que je n’aurais pas eu le culot de le faire ? Vous me connaissez mal ! Bien évidemment que j’ai appelé les deux femmes ! Très gentilles. Très affables. Disponibles comme tout. Elles m’ont rassuré. Complètement rassuré ! Elles sont heureuses en couple. Elles ont toutes deux des enfants. En bonne santé. Et leurs compagnons n’ont jamais prononcé devant elles des phrases du genre «tu verras, un jour, je changerai le cours du monde !» C’est à peine si le co-pilote a eu une rage de dents la semaine dernière et n’a pu avoir de rendez-vous chez son dentiste surbooké. Mais son épouse a aussitôt tenu à préciser qu’il n’en a pas franchement tenu rigueur au médecin, ne l’a pas menacé. Je vais donc prendre l’avion tranquille, zen. Juste avant, j’ai tout de même quelques petites choses à faire. Oh ! Rien de bien important. Non ! Je vais sur Google Maps. Faut que je vérifie si le cabinet du dentiste se trouve ou pas sur le tracé de mon vol. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L
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