C’est tout de même intrigant de ne pas avoir droit à une
fatwa contre les pétards au Mouloud Ennabawi de la part
de…… Hamadache et de Chemsou Mohamed Nebbou, premier secrétaire tournant du FFS vient de le déclarer : «l’armée doit rester à l’écart du jeu politique». Avant lui, d’autres leaders ont au contraire appelé au retour de l’ANP dans le jeu politique. Entre les deux, d’autres personnalités ont suggéré aux bidasses de revenir dans le jeu politique, mais pas trop. C’est l’occasion pour moi d’un coup d’un gueule que je retiens depuis quelque temps déjà et dont je suis obligé de me débarrasser aujourd’hui si je ne veux pas terminer avec des aphtes plein la bouche. Oui ! Un coup de gueule, et surtout une pensée solidaire pour ce militaire que l’on malmène comme un vieux torchon de cuisine. Un coup, on lui demande de sortir de sa caserne, on le harnache avec barda et armement et on l’envoie musarder dans le champ politique, batifoler dans les prairies civiles. Un autre coup, on l’interpelle en pleine cueillette des baies sauvages et des fraises des bois et on lui crie dans l’oreille qu’il est temps qu’il quitte tout çà, qu’il regagne sa caserne. Une fois revenu dans son cantonnement, il s’apprête enfin à déguster ses fraises cueillies plus tôt et à faire des confitures avec ses baies sauvages lorsque sous son balcon vert reviennent encore d’autres «demandeurs». Et que lui demandent cette fois-ci les demandeurs ? De ressortir, et d’investir à nouveau les prairies grasses ! M’enfin ! C’est pas fini de jouer avec les nerfs de ce pôv’ bidasse ? Vous ne voyez pas qu’il n’en peut plus de mettre sa tenue, de l’enlever, de charger son fusil, de le décharger et de le démonter, de déplier sa tente, de la replier, de sortir de sa caserne, d’y rentrer aussitôt ? Vous allez finir par me l’énerver. Et il va poser son sac à mi-chemin. Entre le portail de la garnison et la clôture de la prairie civile. Juste assis sur son sac à dos. Sourd à ceux qui l’invitent à les rejoindre. Sourd à ceux qui l’implorent de rentrer chez lui. Dans le gué ! Bien au milieu. Précisément au milieu, les calculs de l’équipe du Génie faisant foi. Et oui ! Il est bien obligé de faire ça, le bidasse, d’adopter cette attitude. Parce que s’il cédait à toutes les sollicitations contraires, s’il se rendait à cette tournante, il finirait par s’épuiser, par s’effondrer de fatigue. Essayez, vous, de sortir, de rentrer, de rentrer, puis de sortir de chez vous, sans arrêt. Sans arrêt du processus électoral ! Au bout de quelques allers et retours, vous vous retrouveriez avec la langue pendante à terre. J’en connais qui se frotteraient alors les mains de voir notre bidasse sans jus, vidé, essoré, crevé de sortir et de rentrer. Wakha Moulay ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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