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Vue hybride

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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    24 Décembre 2014

    Même avec toute la bonne volonté du monde !

    Par Hakim Laâlam
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    Algérie-Tunisie. Tête-à-tête Boutef’-Béji Caïd Essebsi. Une
    rencontre sponsorisée par…
    … Audika, Widex, Starkey, ReSound,
    Oticon, Bernafon…
    Y a des matins comme ça, tu te dis «wallah qu’aujourd’hui, après la douche, après le petit-déjeuner, je sors, mais en laissant chez moi mon éternel pessimisme, mon côté grincheux rémunéré et j’affronte l’extérieur avec un esprit dopé à l’hormone positive». Une fois au bureau, une fois ton deuxième café avalé et les brumes encombrant ton cerveau partiellement levées, tu tombes sur quoi ? Sur le régime qui se… défroque face aux importateurs de voitures. Sur le Palais incapable de faire passer une loi régissant mieux le commerce de guimbardes. Et là, tu es obligé de faire le constat : en sortant de chez toi, tu as du mal à vider tes poches de tout ton capital «mauvaise humeur et cynisme». Il t’en reste encore des miettes, des pièces de petite monnaie. Alors, autant les utiliser, n’est-ce pas ? Comment faire confiance en des dirigeants incapables d’édicter leurs lois à des vendeurs de bagnoles ? Comment voulez-vous que demain, apprenant qu’une haute délégation de mon pays va négocier encore une fois les intérêts algériens dans le cadre de l’OMC, je puisse réellement prendre la démarche au sérieux ? C’est impossible ! Concessionnaires autos, berk, et ils ont reculé en quatrième vitesse ! Que dire alors lorsqu’ils auront en face d’eux des voltigeurs du commerce et de la finance internationale autrement plus et mieux outillés que des gestionnaires de show-rooms et de cartons jaunes ? Et cet exemple vaut pour tous les autres secteurs. Comment nommer à la tête de l’ensemble des transports algériens, surtout aériens et maritimes, quelqu’un qui n’a même pas pu terminer une route, qui tenait une boîte noire comme on maternerait un mioche ou qui est allé inaugurer une barque de
    promenade ? Bon Dieu de bonsoir ! C’est tout de même un comble cette Dawla qui s’agenouille devant des vendeurs d’autos ! Que l’on me dise «l’Algérie est en négociations serrées et difficiles avec l’ONU sur les procédures de vote au Conseil de sécurité, sur le pouvoir exorbitant des membres permanents de ce Conseil et sur l’aberration du processus de veto qui bloque la planète entière et accroît les zones de tension, je comprendrais aisément que le sujet soit tellement sensible que mon pays peine un peu, bataille, s’accroche, parfois recule, mais tienne bon dans cette noble cause. Mais face à un garagiste, yal' khawa ? Tounoubil ! Karroussa ! H’dida ! El loto, c’est tout ! C’est pas un plan national de développement de nos futures explorations spatiales, ni notre programme nucléaire pour les cinquante prochaines années. Juste une affaire de concessionnaires de voitures. Et même là, ils ont abdiqué. Alors, excusez-moi de me montrer vachement sceptique, de redevenir ce que je suis, ce que ne peux pas être, autrement : GRINCHEUX ! Tout en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    25 Décembre 2014

    Réunions hyper-restreintes
    pour intérêts ultra-particuliers !

    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    Ce cri du cœur lancé hier soir, lors du réveillon de la Saint
    Sylvestre par un Algérien résidant à Neuilly :

    «Le père Noël existe !»
    Maintenant, nous savons de manière documentée et précise ce qui peut les faire bouger, ce qui leur fait peur au point de sortir le patriarche de son tête-à-tête avec son fauteuil et l’amener à travailler quelques minutes, images à l’appui. La terre peut trembler des dizaines de fois, des murs s’effondrer, des blessés s’entasser dans des polycliniques, rien. La pomme de terre peut tutoyer les stars et revendiquer d’avoir son nom composé gravé sur le trottoir en granit rose-gris d’Hollywood, rien ! Un cinéaste, un écrivain ou une universitaire peuvent être menacés de mort, rien ! Mais il suffit que le prix du pétrole chute pour que la trompette retentisse du haut du pic du Donjon, que le Roi soit vite entouré de ses plus proches sujets et que l’on fasse déclarer par les hérauts que «la République est en danger !». A quoi ça tient tout de même le degré de conscience du danger chez nos dirigeants. A l’odeur des derricks ! Et rien qu’à ça. Plus l’odeur s’éloigne, se raréfie, plus nos chers, très chers, trop chers dirigeants font des découvertes «stupéfiantes». Il s’en trouve qui découvrent enfin l’agriculture. Si ! Si ! Je vous assure ! J’ai écouté, éberlué, un ministre affirmer, sans honte aucune, qu’il «fallait rendre à la terre sa vocation première, la production agricole». Il est vrai que jusqu’à ce choc pétrolier, la terre agricole algérienne était la seule terre au monde à produire de drôles de fruits et de légumes : des cités-dortoirs ! Un autre ministre, encore sous le coup de l’émotion, nous a appris que le Président Bouteflika avait appelé son comité vachement restreint à réduire le train de l’Etat. D’abord, une précision : je n’ai jamais vu l’Etat dans un train, fût-il luxueux ! Et même après cet appel du châtelain à réduire le train de vie de l’Etat, j’ai, de mes yeux, vu le même Etat et ses démembrements innombrables quitter et regagner le Club-des-Pins en limousines menant grand… train, sirènes de protection hurlantes ! Petite parenthèse : celui qui dirige l’Etat-Forage en comité hyper-restreint devrait commencer par s’appliquer à lui-même les réductions et économies ordonnées à ses ministères. Je ne l’ai pas entendu, ni lui directement ni son lecteur officiel de communiqués annoncer que le mégaprojet de Mosquée d’Alger avait été abandonné. Rien ! Pour une raison toute bête, au fond. L’Etat-Forage nous bourre le mou, encore une fois. Paniqué, certes, il se réunit en comité ultrarestreint, mais c’est juste pour étudier les mesures extra-restreintes qui l’aideront lui – et pas nous – à tenir jusqu’à la remontée des cours du pétrole. C’est prévu à partir de janvier 2015. Je prends le pari. L’année prochaine, les terres agricoles retrouveront comme par miracle leur «vocation naturelle», les barres d’immeubles, les commerces et les usines des potes et des cousins ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    27 Décembre 2014

    Bougez, toubib, bougez loin !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Chute des prix du pétrole. Première mesure specta-
    culaire de réduction des dépenses prise par
    Abdekka. Au lieu de 155…
    … mètres de hauteur, le minaret de la Grande
    Mosquée d’Alger sera ramené à 154 mètres.
    Bravo !
    C’est son médecin français qui le dit, pas moi ! Selon le professeur Jacques Monségu, cardiologue qui soigne Abdekka depuis ses premières évacuations au Val-de-Grâce, et maintenant dans la clinique de Grenoble, notre raïs chéri lui aurait fait cette déclaration enflammée : «Partout où vous serez, j’irai !» Je lis cette révélation, et je la relis. Et au bout de la 2 547e lecture, j’ai une demande à faire, une supplique à transmettre au docteur Monségu : s’il vous plaît toubib, allez loin ! Bougez tout le temps, avec une seule contrainte que nous vous demandons de respecter, bouger le plus loin possible. La terre est vaste ! On pense la connaître, l’avoir parcourue, mais on se trompe. Il y a toujours des coins merveilleux à découvrir, ya t’bib ! Sortez des sentiers battus. Quittez les endroits standardisés. Ne vous fiez pas aux prospectus qui vous vendent des séjours clés en main en Espagne, en Italie, en Grèce ou à Malte. Clichés et stéréotypes ! Quand on veut réellement bouger, changer d’air, il ne faut pas hésiter à aligner les kilomètres, à allonger les distances. Et puis, là, je n’aborde que le volet «bougeage d’agrément », séjours de vacances et de repos. Imaginez ce que serait bouger dans un cadre professionnel pour un cardiologue de votre trempe. En Amazonie, au fin fond de l’Amazonie, et pas seulement aux portes de l’Amazonie, des tribus entières, inconnues parfois de la civilisation, même pas recensées attendent de voir pour la première fois un médecin. N’est-ce pas là une perspective exaltante pour quelqu’un qui a juré sur la tête d’Hippocrate de soigner là où se trouve le mal ? Qui sait ? Peut-être qu’en allant au bout du monde de l’opposé de chez nous, y rencontrerez-vous une nouvelle vocation. Le professeur Monségu qui intégrerait Médecins du monde, ça en jetterait, vous ne trouvez pas ? Moi, je trouve ! Je trouve tellement que si l’Amazonie ne vous tente pas vraiment, j’ai à votre disposition toute une liste de zones de la planète qui seraient ravies d’accueillir un médecin de votre envergure. Les deux pôles ! Le Nord. Ou le Sud ! Moi, je n’ai pas de préférence. A vous de voir ! Là-bas, les Esquimaux inuits souffrent souvent du cœur, à cause de fléaux comme l’alcoolisme. Ça serait pour vous un terrain idéal de travail et d’opérations. Bougez toubib, bougez ! Plus vous bougerez, plus il vous suivra partout, et plus nos cœurs à nous ne s’en porteront que mieux. Nous pourrons alors sans grand danger fumer du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    28 Décembre 2014


    Plus fort ! Et dans le cornet, SVP !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Sellal : «En 2015, les recrutements seront gelés.»
    Et après, là-haut, ils se demandent pourquoi le
    peuple est en…

    … froid avec ses dirigeants !
    C’est gentil, ça ! Béji Caïd Essebsi, le tout «frais» Président tunisien qui nous réserve sa première sortie à l’étranger. En même temps, je comprends son geste. A 88 ans, il ne pouvait prendre le risque de voyager trop loin de son Palais, de rester longtemps dans un avion suspendu. L’Algérie comme première destination, c’est prudent. Une fois qu’il se sera testé sur une courte distance, ses médecins pourront alors aviser pour la suite. Pousser plus loin. En France, par exemple. Avec cette assurance qu’en France, en cas de pépin, il y aura toujours moyen de parer à une urgence. Reste que pour cette visite de BCE chez nous, il y a tout de même un minimum de choses à préparer. Et vite ! Il faut une nouvelle équipe de traducteurs. Que viennent faire les traducteurs dans un tête-tête entre deux chefs d’Etat parlant la même langue ou presque ? Je sais, ça semble bizarre, mais à partir de 80 ans et plus, l’expérience a montré qu’il est nécessaire de faire appel à des traducteurs de… silence, de blancs interminables et de regards perdus dans le vide hagard des yeux de l’interlocuteur. Et ce genre de traducteurs existe. C’est rare, mais ça existe. Il faut aussi des coussins. Des coussins hyper-rembourrés. Ceux qui servent habituellement au Palais d’Alger ne suffiront pas, parce que prévus pour le seul cas de figure de notre octogénaire à nous. Sauf qu’avec BCE, on passe à 88 fois deux, ce qui fait 176 ans. Donc, obligation de doubler là aussi l’épaisseur des coussins pour atténuer la douleur des escarres due à un entretien forcément plus long. Ah ! Oui ! Autre chose ! Les piles. Bien sûr, les piles. Prévoir double ration de piles. Entretien plus long, piles qui s’usent plus, donc, là aussi double ration de piles. Faudrait surtout pas que l’on se retrouve avec le micro-ampli de Abdekka et l’aide auditive de BCE qui tomberaient en panne au même moment ! La catastrophe ! Et ce qui serait encore plus catastrophique, ça serait de ne pas prévoir un second lit dans l’avion médicalisé ! Tant que ce n’est qu’une question de traducteurs de silence, de coussins à rembourrer ou de stock de piles à recharger, ça va. Mais si les deux Octos ont un malaise au même moment, comment on fait ? On ne va tout de même pas les coucher dans le même lit ! Et donc, dernière précaution, rajouter un lit dans l’avion-ambulance. Pour le reste, y a plus qu’à prier. Tout en souhaitant la bienvenue à BCE et à la Tunisie renaissante dans leur deuxième pays, l’Algérie éternelle. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    29 Décembre 2014

    La ceinture ! Lehzam ! Essebta !

    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    Mesures d’austérité sans précédent en Algérie. Parce
    qu’il la juge trop coûteuse, Abdekka annule purement
    et simplement la procédure…
    … d’extradition de Chakib Khelil !
    Les deux hommes sont en bas de chez moi. Les mêmes que les jours précédents. Du moins, je le suppose. Lunettes noires. Costumes noirs. Cheveux noirs pour l’un. Pas de cheveux pour l’autre. Ils sont postés aux grilles béantes qui marquent l’entrée de ma cité. De vieilles grilles rouillées qui ne protègent plus de rien depuis longtemps, mais qui délimitent encore symboliquement la zone de nos barres d’immeubles avec le champ de choux-fleurs voisin. Je remets discrètement en place le rideau de la fenêtre du salon, mon poste d’observation. Mon nid d’aigle qui me sert à repérer les «Contrôleurs». Je ne me rappelle plus précisément quand le Palais a mis en place les brigades des Contrôleurs. En 2014, je crois. Oui, ça me revient ! C’était en décembre de cette année maudite de 2014. Fin décembre plus exactement. Sans prévenir, des patrouilles de deux hommes avaient fait leur apparition aux entrées des domiciles le matin très tôt, et en fin de journée, vers 17 heures. Les binômes vous accostaient dès votre sortie de l’immeuble ou à votre retour chez vous. Au début, les premiers jours de ces contrôles inopinés, je me souviens de la surprise des gens ainsi abordés. Une surprise qui avait d’ailleurs viré à la colère. Et dans certains cas, fort nombreux au cours du premier trimestre 2015, au drame, puisque des morts et des blessés avaient été enregistrés. Des associations de défense des droits de l’Homme s’étaient bien fendues de communiqués de protestation, mais la diffusion de ces communiqués était restée anecdotique, le papier ayant cessé d’être importé officiellement la nuit du 31 décembre 2014. Puis, de morts en enterrements, d’emprisonnements en bannissements après des jugements expéditifs et des condamnations en désobéissance civile et en rébellion à l’ordre nouveau, les gens avaient fini par céder. Ils s’étaient habitués à rester près d’une heure, parfois plus, dans la queue occasionnée par les Contrôleurs. Des députés avaient tenté lors d’une cession historique du Parlement de proposer un texte de loi qui doublerait les brigades ou qui instituerait des quatuors de Contrôleurs à la place des binômes afin d’alléger les séances de fouilles au corps. Mais entre-temps, à l’intersession, l’APN, devenue trop coûteuse, avait été dissoute. Et les députés, privés alors de leur immunité, ont dû, eux aussi, à leur tour se plier aux Contrôles. «On s’habitue à tout, finalement !» me suis-je dit en remontant mon pull de quelques centimètres et en tâtant la boucle de mon ceinturon. L’agrafe était à la bonne encoche. Le trou numéro 5 décrété officiellement la veille, lors du journal télévisé comme celui en cours de validité jusqu’à nouveau décret. J’avais mis un temps fou ce matin tôt à serrer ma ceinture afin de l’ajuster aux recommandations du Maître des Ceintures. Mais j’y étais arrivé, finalement ! Je pouvais maintenant sortir, quitter mon immeuble et me prêter à la fouille. En priant tout de même secrètement pour que les Contrôleurs ne sentent pas dans mon haleine que j’avais, juste auparavant, chez moi, après le petit-déjeuner virtuel, fumé du thé pour tenter de rester éveillé à ce cauchemar qui continuait.
    H. L.
    Nombre de lecture : 1828
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    30 Décembre 2014
    Après vous, chers walis !

    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    L’Algérie appelle l’Opep à baisser la production. Un
    appel en…
    … PCV !
    Tout le monde demande une enquête sur les conditions du malaise, puis du décès du wali de Annaba. Tout le monde sauf… les walis. J’ai entendu des femmes et des hommes politiques exiger cette enquête. J’ai entendu des avocats exprimer la même exigence. J’ai entendu des associations de droits de l’Homme dire la même chose. Je n’ai pas encore entendu un seul wali en exercice balbutier qu’il fallait enquêter sur ce drame pour en finir avec les pressions insupportables que ce corps de métier subit des potentats locaux. Et puisque la mode est à s’extasier devant le modèle tunisien, je rappelle que lorsque les conditions des plaidoiries ont été touchées, rognées sur les derniers jours du règne de Ben Ali, les robes noires n’ont pas hésité à sortir des prétoires et à aller faire sit-in, se salir un peu les semelles des mocassins et braver la soldatesque et la flicaille avenue Habib-Bourguiba. Chez nous, tout le monde affirme que les walis vivent un enfer de pressions. Encore une fois, je le répète, tout le monde sauf les principaux concernés, les walis eux-mêmes. La presse ne va pas déposer plainte à la place des walis ! Ce n’est pas son rôle. Par contre, la presse peut tenter d’informer l’opinion sur la volonté ou non de la famille du défunt de demander une enquête. Et les walis en exercice ? Vont-ils attendre de se voir débarqués, d’être mis d’office à la retraite ou dans un garage chauffé par la rente pour se l’ouvrir enfin, parler, révéler qu’ils ont subi des pressions inimaginables, humainement horribles ? Pourtant, s’il y a pressions aussi atroces, et pas seulement à Annaba, c’est maintenant qu’il faut le dire. En Tunisie – encore ce pays – les commis de l’Etat ne se sont pas cachés derrière l’obligation de réserve et les interdictions de manifester. Ils ont bravé cette barrière psychologique et pseudo-légale pour dire en bloc leur mal-être. Alors oui ! La seule question qui me semble mériter d’être posée aujourd’hui chez nous est celle-là : puisque tout le monde s’accorde sur la stature exceptionnelle du défunt wali de Annaba, sur son combat contre les lobbys maffieux, sa mémoire et son parcours ne méritent-ils pas que le corps des walis en exercice fasse enfin bouger les lignes de la corruption en levant un pan de ce voile de la honte qui les enserre comme un linceul ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.
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    Post Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    31 Décembre 2014
    Bonne année, hachakoum !

    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    C’est quoi ce pays où l’on retire de la circulation les
    vieux billets de 200 dinars, mais pas les…
    … très très très vieux Présidents !
    Réagir à la crise, c’est bien ! Organiser un comité restreint autour de la chute des cours du brut et de la cata à venir, c’est très bien. Mais organiser deux réunions de crise en moins d’une semaine, ça commence à poser des problèmes, messieurs du château ! Je vous rappelle que l’objectif, c’est de faire très vite des économies, de mettre en place des mesures d’austérité très austères. Si vous nous organisez tous les jours ou presque un comité de crise, et même s’il est restreint, c’est de la dépense ! Les mecs et les nanas que vous convoquez en votre Palais pour «criser » avec vous, il faut toute une logistique pour les réunir. Il y a les voitures qu’ils utilisent. Les bons d’essence qu’il faut «brûler» pour les transporter jusqu’au lieu de réunion. Et bien avant d’arriver à bon port, il y a les désagréments qu’occasionnent leurs cortèges officiels et hurlants sur les routes. Des retards pour les quidams qui vont au boulot et qui se retrouvent bloqués. Donc, une perte de productivité. Donc, un manque à gagner. Donc, plus d’argent puisé dans les réserves pour compenser les pertes. Donc, du flouss gaspillé. Une fois autour de la table de crise, et je l’ai bien vu sur les images, ce n’est pas des plateaux repas du Croissant-Rouge qui leur sont servis aux «criseurs» ! Eau. Café. Thé. Jus. Gâteaux. Que du must, dans chaque catégorie de produit. J’ai une télé en HD, et j’ai vu, de mes yeux vu les pulpes de vraie orange surnageant dans les carafes. Une orange à près de 150 dinars le kilo, je le rappelle. J’ai même cru sentir un peu l’odeur du café à travers mon écran, et c’est du bon, du corsé. S’il n’y avait que ça ! Bien sûr que non ! Y a le surplus de travail auquel on oblige le châtelain adoré et chéri. Plus ils le contraignent à organiser des comités de crise, plus il va se fatiguer, solliciter son cœur déjà fort malmené et — **Dieu l’en préserve — devoir être à nouveau évacué vers Paris, Grenoble ou Genève. C’est donc des dépenses, encore des dépenses engendrées — le comble — par des réunions censées nous faire économiser de l’argent. De qui se fout-on, je vous le demande ? En fait, non ! Je ne vous le demande même pas. Parce que si je vous le demande, vous allez prendre sur votre temps de travail pour me répondre. Provoquant ainsi une baisse de la productivité notable, puisque vous êtes tellement, tellement nombreux à me lire tous les jours. Et du coup, je serais moi aussi accusé d’aggraver la crise. Alors, non ! Je me contente juste de vous souhaiter une bonne année. Un souhait-mensonge comme celui-là, ça ne devrait pas trop grever le budget national, mais juste vous rappeler le geste qui sauve, même en 2015 : fumer du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
    H. L.
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