17 Décembre 2014

Gaaaaarde à vous !

Par Hakim Laâlam
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Amar Ghoul à propos de l’avion d’Air Algérie retenu en
Belgique : «Ce qui s’est passé là-bas est inacceptable.» Ce
qui est inacceptable, c’est que…
… Tu sois encore ministre !
Tu essaierais d’expliquer ça à un étranger qu’il ne comprendrait pas ! Et comment pourrait-il comprendre le «phénomène algérien» ? Tu as une partie de l’opposition, plus des poids lourds du Landernau politique qui invitent avec insistance l’armée à sortir de ses casernes et à changer l’ordre des jours sur le calendrier. Et tu as l’armée qui répond à cette invite à travers un…article de presse. Un éditorial ! Un pays entier, du moins ceux qui se targuent de le diriger et ceux qui prétendent s’y opposer, suspendu à la plume d’un gars qui ne signe même pas son papier d’un pseudo. Un salut… martial tout de même à ce «confrère» ! Quel veinard celui-là ! Ses papiers sont guettés, attendus, lus – que dis-je ? – dévorés avant d’être découpés et accrochés au-dessus de nos lits comme autant d’agendas à suivre scrupuleusement. C’est la gloire pour tout journaliste. Passons ! Au pas de l’oie, mais passons tout de même sur cet aspect anecdotique. Reste l’info délivrée sous la forme d’oracle scellé et non négociable : l’armée ne sortira pas faire le putsch ! Et pas que ! Non seulement l’ANP ne fera pas cette révolution à laquelle certains la convient, mais plus encore : elle informe qu’elle va stationner tout autour du Palais et dézinguer à tout-va quiconque oserait venir s’y promener en chantonnant la sonate 88 ! Ya Bouguelb ! Et tout ça, ce riche programme des festivités résumé en un édito ! Oui ! Oui ! Je sais que j’ai déjà abordé le volet extraordinaire de celui qui rédige ces boyaux, mais que voulez-vous ! C’est plus fort que moi. Mes maîtres en journalisme m’ont toujours appris à écrire pour être lu par un maximum de gens, que c’était là le seul objectif, sacerdoce d’un journaliste, et lui, là, celui qui ne daigne même pas signer ses papelards vit ce rêve de tout plumitif ! J’enrage de jalousie ! J’en suis… vert d’envie. Je n’allais pas la rater, celle-là ! Et donc du coup, je me demande si nous, les journaux moins lus, les journalistes avec moins d’aura, moins d’influence, moins de talent et de talon renforcé servons encore à quelque chose. J’ai des doutes, je vous l’avoue. A voir comment les choses se… goupillent et se dégoupillent rien qu’avec un édito, finalement pourquoi ne pas interdire tous les journaux et ne garder que celui qui est le plus lu, le plus craint et qui décide de ce que sera notre rythme cardiaque pour les prochaines années ? Une fois au chômage, que ferions-nous ? A quoi occuperions-nous notre temps quand nos canards auront été fermés ? A fumer du thé… vert et à rester éveillés, le cauchemar continuera, de toutes les façons.
H. L.
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