Urgent ! Dernière minute ! Rebondissement dans l’affaire de
l’avion d’Air Algérie saisi en Belgique. L’appareil…… refuse de rentrer au pays et demande le statut de réfugié politique ! Le baril est tombé sous la barre fatidique des 20 dollars. Ça devait arriver ! Les experts l’avaient prédit. En dessous de 20, c’est l’apocalypse ! Et on y est ! D’est en ouest, du nord au sud, le pays est un immense espace où fument encore les décombres des APC, des mairies cramées par des citoyens dont le cours de la colère ne cesse de grimper. Contrairement à avant, du temps où le baril était au-dessus des 20 dollars, là, il n’est même plus possible de reconstruire ou juste de retaper ces APC. Du coup, les gens, lorsqu’ils doivent aller y retirer un acte de naissance, doivent enfiler une tenue ignifugée. Pour ceux qui ont réussi à en avoir une lors des attaques des postes et casernes de la Protection civile. De toutes les manières, les pompiers ne servaient plus à rien. Plus d’eau, parce plus d’argent pour payer la facture, plus d’argent parce que plus de pétrole. Fatigué de voir les incendies se propager sans pouvoir les éteindre, les pompiers sont rentrés chez eux, brûlant sur leur trajet quelques mairies encore debout, juste pour sentir encore un peu la chaleur des flammes sur leur peau, se noircir un chouia les mains et le visage afin que, dans le quartier, les voisins ne les raillent pas en les traitant de chômeurs. Heureusement, que dans ce décor de fin du monde, il reste les pompes à essence, les stations-services. Des âmes charitables y organisent de temps à autre des manifestations culturelles. Pour changer un peu des manifestations tout court. Et question aussi de donner l’impression d’une vie après le baril sous les 20 dollars ! J’ai d’ailleurs emmené mes enfants admirer le vernissage de l’une d’elles consacrée au pistolet. Dans toutes ces variantes. Le pistolet pour essence normale. Le pistolet pour essence sans plomb. Et celui que je préfère parce qu’il a du caractère, de la gueule, le pistolet dédié au gasoil. S’ennuyant un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, mes enfants, avant de partir, ont mis le feu à la station. Je ne les ai pas grondés. Quand le baril est à moins 20 dollars, on ne gronde pas un enfant qui met le feu à une station-service. Non ! On lui demande où il a déniché le dernier bidon d’essence dont il s’est servi. Puis, calmement, avec trois fois rien, juste un chiffon imbibé d’alcool à 90° – dans mon monde, le cours de l’alcool ne baisse jamais – que l’on a réussi à sauver de l’incendie d’une pharmacie, on fume du thé pour tenter de rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L. |