06 Decembre 2014
Demander pardon à l’araignée !
Par Hakim Laâlam
Email : [email protected]Corruption. Dernier classement mondial. L’Algérie gagne
six placesBravo ! Enfin une Algérie qui gagne !Le chef de l’armée a dû tomber des nues ! Il a envoyé une lettre, comme il en envoie des tonnes tous les jours, dans toutes les directions. Il l’a postée, puis s’en est allé lisser ses moustaches vertes, tranquillement, étant entendu qu’en Algérie, lorsque vos moustaches sont vertes, personne ne vous dérange pendant votre sieste. Sauf que là, énorme surprise ! Alors qu’il se reposait de toutes les lettres qu’il a péniblement écrites et envoyées, le chef de l’armée a reçu à son tour une missive dans sa boîte aux lettres verte. Une lettre réponse à sa propre lettre. C’est embarrassant ! A plus d’un titre et d’un galon ! Le chef de l’armée peut et a le droit vert d’envoyer les lettres qu’il veut à qui il veut quand il le veut. Par contre, ceux qui les reçoivent n’ont pas le droit d’y répondre. Juste de les lire, et de devenir à leur tour verts. De trouille, bien sûr. Et là, non ! Sa lettre à la coordination de l’opposition a reçu une réponse… carabinée, si j’ose cette image… calibrée ! Si on tente de réfléchir comme on réfléchissait avant cette réponse de l’opposition au chef de l’armée, on en conclura que le facteur qui a eu l’outrecuidance de glisser la missive dans la boîte verte va lui-même recevoir un courrier. Son ordre d’appel pour repasser un service national spécialement aménagé, d’une durée de 15 ans sans les primes. On pourrait aussi penser que le chef du facteur, le ministre va avoir les honneurs du tout prochain remaniement du gouvernement, et qu’il pourrait se voir invité par lettre recommandée à faire valoir ses droits à travailler encore quelques mois au centre de tri du courrier de Bordj El Menfi ! Ça, c’est si on réfléchit comme avant la réponse de la CNLTD. Essayons maintenant de réfléchir autrement. Comme réfléchissent les gens dont les boîtes aux lettres envoient mais reçoivent aussi du courrier. Et là, forcément, y a de nouvelles habitudes à prendre. Dont la principale pour le chef de l’armée : demander pardon à l’araignée qui vivait depuis l’indépendance dans sa boîte. Et oui ! Jusque-là, elle y séjournait pépère dans cette boîte. Les choses vont changer, et mon petit doigt me dit qu’il serait préférable pour l’araignée de changer de boîte. D’aller cocooner ailleurs. Pourquoi pas dans la boîte aux lettres de l’observatoire officiel de la corruption. Non pas que cet organisme-maison ne reçoive pas de courrier. Non ! C’est juste qu’il n’ouvre jamais la boîte. C’est différent ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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07 Decembre 2014
Les limites de la correction !
Par Hakim Laâlam
Email : [email protected]
En visite en France, Sellal aurait rencontré des membres de
la communauté algérienne installée dans ce pays. Ce que
dément formellement…
… Saâdani !
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Abdekka vient d’être dégradé dans l’échelle officielle de l’état de santé. Avant, il avait un cerveau qui fonctionnait mieux, plus vite et plus intelligemment que tous nos cerveaux ramollis réunis. Depuis le voyage officiel de Sellal à Paris, c’est la chute. Interrogé par les journalistes, le Premier ministre a jugé «correcte» la santé du châtelain. Correcte ! Juste correcte ! C’est froid. C’est timide. C’est timoré. C’est soupe de légumes sans sel. C’est sidérant de neutralité. Quand tu qualifies un machin de «correct», c’est comme si tu disais «ouais, ben ça va !» Ou alors «ça va couci-couça !» Ou encore «il va bien, même si ça pourrait aller mieux !» Ou encore «disons qu’il va… bien, enfin, ça fonctionne… pour le moment.» Quand mon fils ou ma fille viennent me demander de jeter un œil sur leurs devoirs, et qu’après avoir parcouru leur travail, je lâche entre mes lèvres «c’est correct !» Mes enfants savent tout de suite qu’il y a un truc qui cloche, qu’ils ont tout intérêt à revoir leur copie, que ça serait mieux s’ils s’appliquaient un peu plus, et qu’il n’est pas question de toutes les manières qu’ils allument la télé avant de reprendre plus sérieusement ces devoirs bâclés. «Correct», c’est quand tu vas chez ton toubib, qu’à la consultation précédente, il t’avait demandé de descendre ton taux de cholestérol sous les 3 grammes et que tu lui places sous le nez des résultats d’analyses à 2,99 grammes ! Poli, conscient des répercussions psychologiques lourdes, des risques de provoquer chez toi un choc diabétique suite à un verdict brutal sortant de la bouche d’un praticien, il te ménagera alors en te murmurant gentiment «C’est correct !» avant de te doubler, voire te tripler la prescription de Zyloric et de Statine ! «Correct», c’est ce que je lâche à ma compagne, avec un air gentiment contrit lorsqu’elle me demande comment je trouve ces «croqués», ces gâteaux secs qu’elle vient de faire pour la première fois. «Correct», c’est ce qu’elle me balance dans un soupir lorsque je lui demande «comment j’étais, la dernière fois ? Alors, c’était bien ?» Correct, je crois bien au fond que c’est le premier vrai bilan officiel qui vient d’être délivré depuis le début des ennuis de santé de Abdekka. Je fume du thé correctement et je reste éveillé plus ou moins correctement, le cauchemar continue… correctement !
H. L.
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