Le chef de l’Etat turc, Erdogan, attendu aujourd’hui en
Algérie. Et dire qu’on nous bassine tous les jours avec
nos…… frontières qui seraient, zaâma,
sécurisées ! Rendons d’abord grâce à ce ministre qui ne sacrifie pas à la tradition des ministres de chez nous, donner des chiffres qui font plaisir à ceux qui les ont nommés. Pas lui ! Ferroukhi, en charge de la pêche, le dit sans détour : «L’Algérie enregistre un déficit annuel de 100 000 tonnes de sardines !» Et moi qui pensais que nous avions atteint le fond du gouffre avec la chute du prix du baril de pétrole sous la barre des 80 dollars ! Eh bien non ! Il y a plus grave ! L’Algérie des 200 milliards de dollars de réserves de change n’arrive pas à mettre en réserve frigorifiée 100 mille tonnes de vulgaires sardines. A la réflexion, je biffe, j’efface rageusement le qualificatif injuste de «vulgaire» ayant acheté le week-end dernier de la sardine à 450 dinars le kilo. Quand on achète cette bestiole à ce prix-là, c’est nous qui sommes vulgaires ! Mais bon ! J’arrête de vous parler de mes courses, et je reviens à cette révélation extraordinaire : nous n’avons pas pu collationner 100 mille tonnes de sardines en un an ! Pourtant, toute l’année, toutes les années depuis l’indépendance, nos parents et nos profs n’ont pas arrêté de nous rebattre les oreilles avec l’Algérie et ses 1 200 kilomètres de côtes. C’est bien la peine de baigner dans autant de flotte si l’on n’arrive pas à en tirer quelques bancs de sardines ! Une fois ce constat fait, on doit tout de même se poser les bonnes questions : ce déficit de 100 mille tonnes de sardines est-il directement lié à la maladie de Abdekka ? Ses hospitalisations successives, ses rechutes et ses allers et retours incessants entre ses résidences médicalisées en Algérie, en France et en Suisse ont-ils fortement freiné, voire amputé le capital sardines de l’Algérie ? Si le Président actuel, ou son entourage immédiat, voire son entourage instantané n’y sont pour rien, faut-il alors incriminer le DRS dans le manque de 100 mille tonnes enregistré dans la comptabilité nationale du ratio annuel de sardines ? Peut-on envisager la thèse d’une guerre des services qui aurait débouché sur un dégât collatéral légèrement inattendu, le déficit de sardines en Algérie ? Faut-il alors appuyer la démarche de Saâdani qui appelle de tous ses vœux, surtout ceux de la nuit du 24 décembre sur les Champs-Elysées illuminés, à la promotion d’un Etat civil dans le cadre du recouvrement de notre souveraineté halieutique ? Ces questions ont le mérite d’être aujourd’hui posées. Mais pour y répondre de manière sereine, je suggère tout de même d’associer au débat le FFS. Un débat franc et serein sans le FFS, c’est comme un plat de sardines sans citron ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |