11 Novembre 2014
L’époque de la sonnette unique
est révolue !Par Hakim Laâlam
Email : [email protected]A l’issue de sa rencontre avec Abdekka, le nouvel ambassadeur
de Suisse en Algérie s’est dit heureux de trouver le président
algérien en aussi bonne forme. Ben tiens pardi !
Manquerait plus que son excellence dise…… du mal des hôpitaux de son propre pays !Moi, ce qui m’étonne, c’est qu’on me raconte qu’il faille autant de gymnastique pour dégommer Saâdani du FLN. Que le Palais est obligé et contraint d’envoyer Louh dans les pattes du musicien pour lui couper la chique et le micro. Honnêtement, ça me semble tirer un peu trop sur la peau déjà fort tendue du tambourin. Parce qu’au fond, dans cet espace de l’impunité présidentielle – la notion de présidence étant à comprendre ici au sens large de la fratrie — qu’est-ce qui empêche Abdekka et sa déclinaison plus juvénile de décréter la fin de mission de Si Amar au Front ? Rien ! Lorsqu’il a décidé de bannir Belkhadem, le châtelain l’a non seulement fait de manière très brutale, mais en plus, il a tenu à signer le meurtre, à bourrer d’indices la scène de crime et à le médiatiser à travers l’agence de presse officielle. Il n’en faudrait pas plus pour liquider Saâdani. Pourquoi diantre dans le cas du «plus obligé du cercle présidentiel» faudrait-il doubler la ration de gants de protection, lancer des leurres, envoyer des chargés de mission, louvoyer et manœuvrer comme s’il fallait rejouer la bataille de Trafalgar ? C’est idiot ! C’est de la perte de temps. C’est inutile. Et personne, ni dans le sérail ni en dehors n’est vraiment là à exiger mordicus que Saâdani soit exécuté avec les honneurs, laminé, mais de manière soft et civilisée. Plus crument, qui crierait demain au scandale si le percussionniste était vidé sans ménagement, lui et son instrument et prié d’aller s’occuper la tête à faire la liste de ses courses à Auchan ? Personne, bien sûr ! Alors, pourquoi tout ce ramdam ? Peut-être faut-il alors se tourner vers la sonnette. Vers les sonnettes devrais-je écrire ! Qui sonne sur quel bouton de quelle sonnette ? Les spécialistes de la sonnette sont formels. Une sonnette, même d’excellente fabrique et de marque renommée, a une durée de vie. Ils sont encore plus formels lorsqu’ils précisent que rien ni personne ne condamne le doigt d’un homme ou d’une femme à sonner toute sa vie sur le même bouton de sonnette. Et ces savants de la sonnette, décidément très en verve, concluent : posons la seule vraie question qui vaille de l’être aujourd’hui, qui sonne qui ? Et à la limite, on peut rajouter une autre petite question subsidiaire. Qui a monté la nouvelle sonnette, l’a branchée et l’a rendue opérationnelle et surtout concurrentielle à l’antique sonnette unique ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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12 Novembre 2014
Dites-le avec des fleurs !
Par Hakim Laâlam
Email : [email protected]L’usine Renault d’Oran inaugurée en grandes pompes. Des pompes importées !Pas bêtes les communicants du Palais ! Ils ont retenu la dernière leçon florale. Et pour recevoir Fabius en son salon, Abdekka a eu droit à des roses rouges, roses et blanches ! Eh ! Qu’est-ce que tu crois toi le grand fouilleur de poubelles qui scrute à chaque fois les détails des tête-à-tête de notre raïs bien-aimé et qui crie au bidouillage dès qu’une rose rouge pâlit un peu ! Cette fois, t’as tout le bouquet ! Imparable ! Et dans la foulée, la présidence marque ainsi sa volonté de relancer le secteur économique à travers le boostage des ventes de fleurs et de plantes vertes. Désormais, les commandes sont multipliées par trois. Même chose pour le secteur des pâtisseries et viennoiseries. Regardez bien les images ! Y a des gâteaux de toutes les couleurs, de toutes les formes et pour tous les goûts ! Reste tout de même un petit effort à faire sur le rideau. Il faut en prévoir un de plusieurs tons pour prévenir toute tentative malsaine visant à faire croire que sur un plan, la tenture est jaune, sur un autre plan verte ou encore rose sur un dernier plan-montage. Commandons des rideaux multicolores et là aussi, nous pourrons enfin dire, dans la foulée, que le sauvetage économique de l’Algérie est en marche à travers trois segments capitaux, les fleuristes, les pâtissiers et les drapiers. Côté meubles, y a rien à changer ! La même table et les mêmes fauteuils hideux. Impossibles à copier, à traficoter ou à maquiller. Tous les spécialistes en images pourront travailler des années sur les meubles du salon de Abdekka, ils ne trouveront rien à se mettre sous leurs dents cariées. Là aussi, regardez bien les images. C’est du lourd, la table de Abdekka. Du massif mastoc ! Des tables comme ça, faut juste prévenir avant diffusion les téléspectateurs, jeunes et moins jeunes, afin qu’ils s’équipent de lunettes de protection spéciales ou alors qu’ils mettent leurs solaires le temps du sujet. Mais en gros, moi, je me dis qu’il y a tout de même de nets progrès à El-Mouradia. Et je suis honnête, vous me connaissez ! Lorsqu’il y a du mieux, je le dis et je l’écris. N’en déplaise à tous les aigris privés de leur attention perverse pour la couleur des fleurs, des baklavas et des rideaux et qui ronchonneront qu’un pays qui passe tout son temps et son énergie à fournir des preuves de vie de son président est déjà un pays un peu mort. C’est sordide comme raccourcis ! Mais que voulez-vous attendre de tordus qui disent du mal d’une rose, hein ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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