Amar Ghoul ? Faut surtout pas le nommer à l’éducation
ou à la santé. Il provoquerait le…… crash de l’école et le déraillement
des hôpitaux ! Ma vie est bouleversée. Désormais, rien ne sera plus pareil. Il y aura un avant et un après cette déclaration de Amar Saâdani au BP du FLN : «Avec le FFS, nous ne nous sommes entendus sur rien. Mais nous ne sommes pas en désaccord non plus.» Le choc ! The Choc for me ! M’est venue alors à l’esprit, tout de suite, immédiatement, sur-le-champ cette autre phrase qui, elle aussi, a constitué une étape importante dans mon processus de maturation intellectuelle. On la doit au poète Eluard : «La terre est bleue comme une orange.» Oui, je sais, vous allez me dire que mon parcours est décidément jalonné de beaucoup de phrases. C’est vrai. Mais depuis quelques heures, je noircis des pages et des pages avec cette seule merveille commise par le troubadour du Palais. D’ailleurs, je suis tellement choqué, sous l’emprise de sa force spirituelle, poétique et surréaliste que je vous la recopie encore ici : «Avec le FFS, nous ne nous sommes entendus sur rien. Mais nous ne sommes pas en désaccord non plus.» C’est du dadaïsme. Mais pas le dadaïsme gnangnan où tout le monde se disputait les faveurs d’Elsa, même ce vieux grigou de Pablo. Plus près de nous, c’est du Andy Warhol, avant son intronisation et sa standardisation comme gourou des petits-fours, du rail de coke et du champagne millésimé par la gauche branchée newyorkaise du West Side. Humblement, j’estime qu’une école des beaux-arts qui se respecte ne peut plus faire abstraction, faire l’impasse sur cette œuvre discursive, cette fulgurance commise par Amar El Fennan. Mieux ! Je considère solennellement tous ceux qui l’entourent au FLN, ainsi que ceux qui voudraient l’en dégager comme des êtres tellement fades, sans relief, plats comme une omelette de candidat à Top Chef rongé par le trac, insignifiants et inexorablement oubliés par l’Histoire. Saâdani, lui, y restera, dans l’Histoire ! Cette phrase psychédélique est désormais son étendard, son oriflamme, son œuvre unique et immortelle. Je ne doute d’ailleurs pas qu’elle fasse bientôt l’objet de rencontres, de symposiums, de colloques et de conférences qui verront des linguistes, des sémiologues, des poètes ou plus largement des analystes et des psys de renommée mondiale se bousculer afin de tenter de décrypter le sens profond, enfoui et tellement polysémique de ce chef-d’œuvre. Mais je sais par avance, qu’aussi savant qu’il soit, tout cet aréopage n’arrivera pas à déchiffrer un dixième de l’univers extraordinairement poétique et générateur de sens nouveaux que vient de nous balancer à la figure cet immense créateur. Encore, Amar, encore ! Balance ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |