Présidentielles 2014. Comptes de campagne. Le Conseil
constitutionnel valide le remboursement de 18 millions de
dinars au candidat Abdekka.Purée ! Et en plus, ils lui filent du fric ! Pour une fois, je trouve nos ministres et nos parlementaires logiques. Dans l’acception algérienne du mot «logique». C’est-à-dire une notion à l’élasticité olympique ! Une majorité de membres de l’équipe Sellal et une tout autant majorité de députés ont préféré déserter les bancs de l’APN au moment où s’y discutait la loi de finances. Et ils avaient bien raison, les bougres ! Pourquoi aller s’enfermer dans cette salle pour y déblatérer de finances alors que le pays tout entier est géré par… l’enveloppe ? A quoi ça rimerait que des «élus» posent des questions, soumettent des amendements sur une loi de finances pour qu’ensuite, un Premier ministre ou ses «démembrements urgentistes», ses envoyés spéciaux sur les terrains des nombreux incendies qui ravagent le pays débarquent tout frais tout pimpants, les joues roses d’avoir été rasées de près le matin et les deux mains prises. L’une posée sur le cœur pour dire «le Palais vous aime» et l’autre donnant une enveloppe bourrée de fric aux «acteurs de l’incendie permanent» ? ça ne sert à rien ! Mieux vaut inviter les pompiers à l’APN pour y débattre des risques de départs de feu sur la banquise Nord au large du littoral de Bordj-Badji-Mokhtar, les soirs d’aurore boréale ! Les débats en seraient bien plus passionnants. Ces situations incongrues expliquent, à mes yeux, le péril auquel sont exposés tous les ministres des Finances qui se succèdent à ce poste chez nous. Ils ne tardent pas à donner des signes de fatigue apparente. Beaucoup, au départ de constitution solide, tombent malades et faiblissent à vue d’œil. Blague à part, ce portefeuille-là, particulièrement, use son détenteur ! Il en est un, un seul d’entre tous ceux qui ont occupé la fonction harassante de premier argentier du pays qui a compris, tout compris. A temps, heureusement pour lui et sa santé. Il a quitté le ministère, en s’excusant beaucoup, et en faisant un minimum de bruits et de vagues. Parce qu’il est évident aux yeux d’un expert en argent comme lui que les vagues coûtent cher dans un pays à fort potentiel de côtes. Et donc, presque en catimini, notre homme s’est reconverti dans le privé. Il a monté son affaire. Un truc en or qui a confirmé à mes yeux que ce monsieur a toujours eu du potentiel et le sens des affaires. L’ex-ministre a créé une manufacture d’… enveloppes ! Face à un marché morcelé par de minuscules ateliers familiaux, lui a ouvert la grande entreprise de l’Enveloppe. Son carnet de commandes est plein. Il a pour clients un panel large. L’Etat. D’autres fois, l’Etat. Et même parfois, l’Etat, c’est dire si son portefeuille est diversifié. Et le soir, lorsqu’il a fini de compter les sous gagnés à la sueur salivée de la langue de ses clients qui cachètent les millions d’enveloppes que son usine a fabriquées, il se passe et repasse un film culte, une comédie qui le fait rire aux larmes à chaque fois : la retransmission des débats sur la loi de finances à l’APN. Il a les saisons complètes. Année après année. Et pour son prochain anniversaire, ses enfants vont lui offrir le coffret Collector. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |