Samedi 25 Octobre 2014
Vous reprendrez bien une enveloppe ?
C’est la maison qui régale !Par Hakim Laâlam
Email : [email protected]Présidentielles 2014. Comptes de campagne. Le Conseil
constitutionnel valide le remboursement de 18 millions de
dinars au candidat Abdekka.Purée ! Et en plus, ils lui filent du fric !Pour une fois, je trouve nos ministres et nos parlementaires logiques. Dans l’acception algérienne du mot «logique». C’est-à-dire une notion à l’élasticité olympique ! Une majorité de membres de l’équipe Sellal et une tout autant majorité de députés ont préféré déserter les bancs de l’APN au moment où s’y discutait la loi de finances. Et ils avaient bien raison, les bougres ! Pourquoi aller s’enfermer dans cette salle pour y déblatérer de finances alors que le pays tout entier est géré par… l’enveloppe ? A quoi ça rimerait que des «élus» posent des questions, soumettent des amendements sur une loi de finances pour qu’ensuite, un Premier ministre ou ses «démembrements urgentistes», ses envoyés spéciaux sur les terrains des nombreux incendies qui ravagent le pays débarquent tout frais tout pimpants, les joues roses d’avoir été rasées de près le matin et les deux mains prises. L’une posée sur le cœur pour dire «le Palais vous aime» et l’autre donnant une enveloppe bourrée de fric aux «acteurs de l’incendie permanent» ? ça ne sert à rien ! Mieux vaut inviter les pompiers à l’APN pour y débattre des risques de départs de feu sur la banquise Nord au large du littoral de Bordj-Badji-Mokhtar, les soirs d’aurore boréale ! Les débats en seraient bien plus passionnants. Ces situations incongrues expliquent, à mes yeux, le péril auquel sont exposés tous les ministres des Finances qui se succèdent à ce poste chez nous. Ils ne tardent pas à donner des signes de fatigue apparente. Beaucoup, au départ de constitution solide, tombent malades et faiblissent à vue d’œil. Blague à part, ce portefeuille-là, particulièrement, use son détenteur ! Il en est un, un seul d’entre tous ceux qui ont occupé la fonction harassante de premier argentier du pays qui a compris, tout compris. A temps, heureusement pour lui et sa santé. Il a quitté le ministère, en s’excusant beaucoup, et en faisant un minimum de bruits et de vagues. Parce qu’il est évident aux yeux d’un expert en argent comme lui que les vagues coûtent cher dans un pays à fort potentiel de côtes. Et donc, presque en catimini, notre homme s’est reconverti dans le privé. Il a monté son affaire. Un truc en or qui a confirmé à mes yeux que ce monsieur a toujours eu du potentiel et le sens des affaires. L’ex-ministre a créé une manufacture d’… enveloppes ! Face à un marché morcelé par de minuscules ateliers familiaux, lui a ouvert la grande entreprise de l’Enveloppe. Son carnet de commandes est plein. Il a pour clients un panel large. L’Etat. D’autres fois, l’Etat. Et même parfois, l’Etat, c’est dire si son portefeuille est diversifié. Et le soir, lorsqu’il a fini de compter les sous gagnés à la sueur salivée de la langue de ses clients qui cachètent les millions d’enveloppes que son usine a fabriquées, il se passe et repasse un film culte, une comédie qui le fait rire aux larmes à chaque fois : la retransmission des débats sur la loi de finances à l’APN. Il a les saisons complètes. Année après année. Et pour son prochain anniversaire, ses enfants vont lui offrir le coffret Collector. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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Dimanche 26 Octobre 2014
1963-2014 ! La dernière mission ! Par Hakim Laâlam
Email : [email protected]Après l’affaire des moines de Tibhirine et le déplace-
ment du juge Trévidic, d’autres magistrats français
vont débarquer en Algérie pour y enquêter sur l’as-
sassinat de l’alpiniste Gourdel. Eh ! Oh ! Ça suffit
maintenant ! Y a pas écrit…… Club Med’ ici !Finalement, faut-il vraiment s’étonner de voir le FFS succéder à Ouyahia dans le dialogue pouvoir-opposition ? Dans le rôle qui était dévolu jusque-là à H’mimed, bien sûr. Non, évidemment ! Le FFS, comme le PT sont dans leur rôle. Des partis du pouvoir. Des formations du bloc aux commandes. Ces deux formations n’en sont pas arrivées là, comme ça, par hasard. Mais bien au fil d’un processus qu’elles ont ardemment recherché, sur lequel elles ont travaillé sans relâche. Installer à El-Mouradia un Président favorable à leurs alliés de Sant’Egidio, les islamistes. Ce qui fut fait avec – clin d’œil malicieux — l’aide et le concours précieux de… l’armée, sans qui cette frappe chirurgicale du Palais, ce parachutage du copain et admirateur de Monsieur Hattab n’aurait pu se faire. Les deux partis parmi les plus actifs lors du conclave romain ne pouvaient plus décemment être décomptés sur la colonne opposition dès l’entrée de Boutef’ au Palais. Et depuis cette date, depuis l’intronisation d’un chef-réhabilitateur de l’islamisme aux commandes de l’Algérie, sous des formes diverses, parfois outrancières, souvent intelligentes, FFS et PT ont fait le boulot. Se mettre en remparts entre les tours et murs d’enceinte du Palais et les gueux de l’opposition qui tentaient de partir à son assaut. Aujourd’hui, le Palais claquemuré, barreaudé plus que d’outrance peureuse, terré dans son absence, sort, dégaine deux forces en guise d’airbags. La Garde républicaine et le… FFS ! La Garde républicaine pour préserver propres les beaux tapis des salons royaux. Et le FFS pour s’aventurer dehors, hors des remparts afin d’y tâter les pulsions plébéiennes. Le seul doute qui persiste cependant dans mon esprit réside en ce détail : le FFS est-il en mission de dernier accompagnement, et donc d’aide au départ doux, ou travaille-t-il à réhabiliter sur le tard son passé transi et vachement froissé de parti d’opposition ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.







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