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    Post Le jour où notre dinar chaussera des skis…

    Le 09 Juillet 2016

    Le jour où notre dinar
    chaussera des skis…
    Par Hakim Laâlam
    Email : [email protected]
    Accidents de la route. 2 morts dans le renversement
    d’un camion frigorifique. En même temps, dans toute
    situation, il faut voir le bon côté des choses. La…

    … chambre froide est déjà là !Des miettes de makrout de l’Aïd encore collées à leur moustache, les experts financiers vous le confirmeront pourtant: le dinar continue sa glissade. Il glisse ! Il glisse ! Il glisse inexorablement. Ouvrez n’importe quel journal sérieux, ce qui ne devrait pas constituer une tâche ardue ni ne vous prendra trop de votre temps, et vous y lirez que «le dinar a encore glissé de façon spectaculaire ces dernières heures». Et c’est là que, moi, je me pose la seule question qui vaille à mes yeux de myope d’être posée : comment se fait-il qu’avec un dinar qui glisse aussi bien, aussi vite, aussi longtemps et avec autant d’abnégation, nous soyons parmi les pays les plus nuls de la planète en ski ? Après la RASD, bien sûr ! Plus crument, comment, avec une monnaie locale aussi forte en glisse, les sports de… glisse en Algérie en soient à ce point à la traîne, comme sur une luge sans
    patins ? Des coachs qui ont ainsi appris au dinar à glisser d’aussi belle et constante manière devraient pourtant pouvoir promouvoir les disciplines de glisse auprès des jeunes et des moins jeunes chez nous. Descente aux enfers pour descente aux enfers, qu’est-ce qui nous empêche alors de triompher dans tous les concours de descente que comptent les circuits internationaux ? Je dirais même plus, nous devrions être craints par toutes les nations «skieuses» dès l’apparition de l’une ou de l’un des nôtres sur une piste. Les glissades de notre dinar sont en théorie une garantie de gloire dans tous les géants et autres critériums de coupe du monde de ski. Mais dans les faits, concrètement, le dinar n’est même pas arrivé à nous assurer un seul globe de cristal dans toute notre histoire toujours pas écrite de la glisse mondiale. Je le vis mal. Très mal. Et je dois bien l’avouer, je glisse même dans une forte déprime. Un seul truc pourrait m’aider à remonter la pente sans tire-fesses. Des assises nationales sur le dinar, sa glisse inexorable et les remèdes à cette situation glaçante. Des assises qui se tiendraient tout naturellement à Tikjda ou à Chréa, bien sûr ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.

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    Post Le dilemme du pompier !…

    Le 10 Juillet 2016
    Le dilemme du pompier !

    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    Voilà ce que c’est que de se précipiter ! On aurait juste
    attendu un peu, rien qu’un peu et on l’aurait eu pour pas
    très cher.
    Joachim Löw !
    J’suis pompier ! Et pour un pompier, l’été, c’est la saison du coup de feu ! Celle du plein emploi. On est à la bourre depuis quelques jours. On nous appelle de partout. Y a des départs de feu aux quatre coins du pays bouillant. Et là, on vient justement de nous appeler pour une urgence. Une urgence qui me pose un vrai problème à moi, pompier. Un dilemme. Un dilemme de pompier. On nous demande d’aller éteindre un feu qui ravage un maquis. Oui, je sais que le sacerdoce du pompier lui commande d’éteindre tous les feux qu’on lui met au bout de sa lance. Mais là, dans ce maquis, on nous signale des «Frères barbus» pris au piège des flammes. D’accord ! Pas besoin de me rappeler qu’en tant que pompier, j’ai prêté serment de sauver toutes les vies humaines. Quelles qu’elles soient. Mais je gamberge. En enfilant mes jambes autour de la rampe d’accès au sous-sol et au camion qui est stationné, je gamberge fort. Sauver des tangos en proie aux flammes, ce n’est pas courant dans ma vie de pompier. C’est d’ailleurs la première fois que je me retrouve, avec ma compagnie, face à ce genre de sauvetage. Faut y aller ! Quand faut y aller, faut y aller ! C’est ce que me dicte le code des pompiers. C’est ce que j’ai juré sur mon honneur de pompier de faire tout le temps, sans me poser de questions. Mais là, en arrivant devant le beau camion rouge, je m’en pose des questions. Les mecs encerclés là-haut par les flammes, dans le maquis, voulaient foutre le feu au pays. Faut-il absolument éteindre des gens dont le seul projet est de cramer un pays ? Je vois bien que le lieutenant qui dirige notre escouade se pose lui aussi des questions. Tellement que nous sommes tous là, au bas du camion, tenue ignifugée endossée, lances enroulées correctement et réservoirs pleins. Faudrait peut-être grimper dans ce foutu camion dont le rouge me semble déjà moins beau, moins rutilant. Les mectons là-haut, dans le maquis, doivent sentir le roussi qui gagne leurs barbes, ou du moins les poils à leurs mollets. Je regarde les pneus du camion. Ils ne seraient pas un peu dégonflés par hasard ? Voire même à plat pour le pneu avant gauche ? Pourquoi les crevaisons, les pannes n’ont jamais lieu lorsqu’on en a besoin ? Si on part tout de suite, maintenant, y a des chances que l’on arrive à temps et que l’on sauve les «Frères des montagnes» du feu. Quoi ? Là, tout de suite mon lieutenant ? Il insiste, le bougre ! Faut toujours écouter son supérieur. C’est écrit dans le code de conduite du pompier. Un ordre est un ordre. Et moi, en bon pompier, j’obéis toujours aux ordres. Comme celui que vient de me lancer mon lieutenant : «Coooooompagnie ! Avant de grimper dans le bahut, on prend le temps de fumer du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.» Oh ! Oui, mon lieutenant ! Et comment que je vais prendre le temps !

    H. L.
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    Post Il faut tuer le soldat Benhadid !

    Le 11 Juillet 2016

    Il faut tuer le soldat Benhadid !


    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    C’est ce jeudi que le nouveau coach des Verts, le
    Serbe Milovan Rajevic, devrait animer sa 1re conférence
    de presse. Que va-t-il dire d’important ?
    «Merci ! Merci beaucoup ! Merci très beaucoup !»
    Je ne vois pas pourquoi ils se compliquent la vie. Il y a pourtant moyen d’en finir plus rapidement avec le soldat Benhadid. Il y a même moyens. Au pluriel de ces moyens tellement nombreux dans la trousse à outils du Palais pour bricoler une fin à cette histoire sordide. Le soldat Benhadid peut se tirer deux balles dans le dos avec l’arme de son médecin militaire à qui il l’aurait subtilisée pendant une auscultation. Deux balles dans le dos, c’est une forme de suicide courante chez nous. Oh ! Ne dites pas non ! Quand on «boumaârafise» un Président en public, dans une salle de… théâtre, et devant les caméras, on peut aussi suicider de deux balles dans le dos ! Ou alors, la ceinture ! Oui ! La ceinture accrochée au lustre de la cellule. C’est bien ça, la ceinture du général Benhadid attachée au lustre de sa cellule. Bon, bien sûr qu’il y aura toujours des tatillons pour se demander ingénument par quel miracle la ceinture du soldat Benhadid aura refait son apparition en cellule alors qu’elle était censée lui avoir été retirée avant son enfermement. D’autres maniaques du mobilier carcéral feront sûrement remarquer que les cellules ne sont pas équipées de lustres. Mais avec tout ça, comme avec la promotion du théâtre à Bône, on peut toujours s’arranger. En groupe, ou en acte isolé. Alors, pourquoi ne pas en finir maintenant avec le soldat Benhadid ? Ça éviterait tellement de tracas administratifs. Une dixième, puis une onzième, puis une 3 890e demande de remise en liberté. Elles-mêmes et elles toutes suivies d’autant sinon plus de refus. Non, franchement, y a moyen d’abréger la vie du soldat Benhadid. A moins, bien sûr, que dans les murs du Palais, ou dans ceux d’une autre bâtisse se voulant elle aussi demeure royale et Palais encore plus fastueux que l’original, on tienne coûte que coûte à maintenir encore en vie, le plus longtemps possible, ce bon vieux soldat Benhadid. Auquel cas, ça devrait faire chaud au cœur à ce brave soldat Benhadid de savoir que quelqu’un, quelque part, tienne autant à le garder en l’état. En «vie». Ah ! Ces amis que l’on ignore ! Et qui se révèlent sur le tard. Au crépuscule des vautours.
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    Post Le silence des agneaux !

    Le 12 Juillet 2016

    Le silence des agneaux !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Tizi-Ouzou. Quel bilan tirer de la marche contre
    l’insécurité ? Plusieurs…
    … agressions, quatre vols de portables
    et un collier en or dérobé !
    Bon ! Maintenant que le pays al-hamdoulillah s’est doté d’une loi sur le fermage de gueule des militaires, il faut vite passer à l’étape qualitative suivante : une autre loi portant elle «fermage de gueule des civils» ! Y’a pas de raison ! Nous sommes un pays démocratique, profondément démocratique, intensément démocratique, surtout en matière de silence imposé et non imposable. Les militaires se taisent. Alors, les civils aussi doivent se taire. Je sens déjà le filon. Et j’anticipe en achetant à bas prix des manuels de langage des signes. Je pense en écouler des millions d’exemplaires en très peu de temps, et dans un silence total, bien sûr. Comment dit-on à son boulanger «donnez-moi une baguette de pain, pas trop cuite» ? Mais n’allons pas plus vite que la musique. Et apprenons d’abord à décoder l’ordre donné par le conjoint en langage des signes : «Chéri ! N’oublie pas de prendre du pain avant de rentrer.» Je sens que les soirées dans les chaumières algériennes vont être animées. Signalétiquement animées, s’entend ! Et d’ores et déjà, j’en appelle au ministère de l’Habitat et aux architectes talentueux que compte le pays : s’il vous plaît, dans vos nouvelles cités, prévoyez des chambres et des salons aux dimensions respectables et surtout au plafond haut placé. Contraints au silence, nous allons devoir parler avec nos bras, faire des moulinets tout le temps. Et un plafond haut, c’est tout de même mieux pour éviter de décrocher le lustre lorsque j’explique en… silence, mais avec force gestes que c’est le seul pain qui restait chez le boulanger à 19 h, et que si ça ne plaît pas à Madame, elle n’a qu’à faire de la galette ! Comment dit-on «chérie, tu nous fais de la galette, s’il te plaît ?» J’ai dû me tromper dans ma gestuelle, parce que ma chérie, à décoder ses gestes en ce moment, et surtout l’angle très agressif de ses sourcils arqués, est en train de me dire en langage des signes : «Eh ! Oh ! Et si t’allais ailleurs fumer du thé pour rester éveillé à ton cauchemar qui continue…»

    H. L.
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    Post L’homme que tout le monde savait tout de son épopée et que là, y a plus rien !

    Le 13 Juillet 2016

    L’homme que tout le monde savait tout
    de son épopée et que là, y a plus rien !

    Par Hakim Laâlam
    Email : [email protected]
    Scandale ! Plus d’un demi-siècle après sa disparition,
    l’Algérie n’a toujours pas exigé la restitution du crâne
    de…
    … Cheb Khaled !
    Quelqu’un peut me dire ce qu’il devient ? Ce qu’il fait ? Où il est en ce moment ? Il n’y a pas si longtemps, je savais tout de lui. Du moins, on m’informait à la minute près du moindre de ses déplacements. S’il passait une mauvaise nuit, on me le racontait au réveil, me précisant même la taille exacte des cernes autour de ses beaux yeux couleur «Vert-Benjamin-Franklin». S’il sortait en costume pour faire ses courses dans les zaouïas, on me bombardait de photos détaillant toutes les coutures du costume, les revers et les ourlets de sa vie tellement en souffrance depuis qu’il avait dû quitter précipitamment, tout à coup, soudain, sans préavis ni poste restante, sa belle ville d’Oran. La moindre incursion d’un nouveau burnous, d’une jolie kachabia dans son dressing m’était signalée aussitôt par des alertes sur mon téléphone portable. Une télé plus particulièrement me narrait avec force détails ses exploits au maquis, à un âge où Ali La Pointe, dégoûté par l’avenir en profilage de l’Algérie, avait préféré se faire exploser dans un grand éclat de rire, comme un pied-de-nez au hold-up en préparation, comme une nique au destin déjà confisqué. S’il buvait du lait pasteurisé et des dattes à peine décongelées et d’origine tunisienne contrôlée, je le savais. S’il amenait dans sa belle limousine présidentielle de location des mets délicats et des boissons doucereuses à partager avec de vieux gardiens de sectes oubliées, j’étais mis au courant. S’il parlait de cours du brut, des solutions pour accroître notre production de pétrole et de gaz et s’il analysait tout cela dans la cour d’une bâtisse en toub revisitée et rehaussée de tentures vertes recouvrant un fantôme fédérateur, le tout m’était retransmis en reportages en boucle. Et là, depuis quelques jours, plus rien ! Je ne sais plus rien de Chakib Khelil. On ne me dit plus un mot sur le meilleur revenant qu’ait connu l’Algérie depuis 1962. S’il vous
    plaît, donnez-moi des nouvelles de Chakib le Magnifique. Dites-moi au moins que vous ne l’avez pas oublié, ou fait oublier dans une zone de transit express d’un aéroport du pays tourmenté. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    Post Chadi ! Madi ! Ouvert ! Chadi ! Madi ! Fermé ! Jakadi apaisement !

    Le 14 Juillet 2016

    Chadi ! Madi ! Ouvert ! Chadi ! Madi !
    Fermé ! Jakadi apaisement !
    Par Hakim Laâlam
    Email : [email protected]
    Selon une étude très sérieuse, les femmes se marient
    moins en Algérie. En même temps, faut les comprendre.
    T’as vu la gueule des mecs ?
    Surprenante position que celle-là ! Se poster devant les portes d’un pénitencier, d’une prison, et évaluer le «niveau de détente» dans le pays à travers un prisme. Un seul. Ah ! Ils viennent d’entrebâiller le portail et je vois une mince silhouette en sortir. Ça veut sûrement dire que les choses s’apaisent, n’est-ce pas ? Ah ! Zut ! Le portail vient de se rouvrir, et on vient d’y engouffrer trois nouvelles silhouettes aux contours un peu flous. Je pense que cela traduit un raidissement certain là-haut. Tiens ! Regarde aux étages de la prison. Y a des détenus qui nous font signe et agitent même des serviettes de plage en signe de bienvenue à l’été. Ça ne peut vouloir dire qu’une chose, que le régime lâche du lest. Oh ! Zut ! Y a des matons qui fouillent les cellules et qui confisquent toutes les serviettes de plage. Et le conseil de discipline du pénitencier vient de condamner tous ceux qui ont agité des serviettes de plage par leurs fenêtres à la corvée de… sable. Je ne peux en tirer qu’une seule conclusion : les choses vont mal là-haut, et la succession ne se fera pas sans heurts majeurs ! En gros, nous frémissons au moindre grincement de gonds d’une lourde porte de prison. Et nous sommes devenus experts, maîtres ès-lectures et interprétations du langage des portails de prisons. C’était prévisible ! C’est ce qui arrive généralement dans un pays où, déjà, les acteurs politiques de premier plan doutent de l’identité de celui qui s’adresse à eux en signant ses adresses de la griffe présidentielle. Schizophrénie galopante. Le Président ne parle plus. Il écrit. Il fait lire. Et nous nous demandons ensuite en boucle s’il a bien écrit lui-même ce qui a été lu par un autre. Ou alors, fatalistes, nous nous disons que c’est juste une voix cachée derrière un rideau qui dicte à tout le monde le menu du jour. En bas de cette échelle branlante de l’interprétation de l’avenir de l’Algérie, il y a donc cette nouvelle posture, cette niche d’observation qui vient «enrichir» notre grille d’interprétation : le portail de prison et les mouvements de ses battants. Fermés ! Ouverts ! Ouverts ! Fermés ! Il est tout de même dommage que dans un pays baignant dans une aussi belle lumière, bénéficiant d’un tel ciel azur, en cette période plus particulièrement, nous n’ayons rien d’autre à observer au cours de nos journées moroses que le portail capricieux d’un pénitencier. Chadi ! Madi ! Ouvert ! Chadi ! Madi ! Fermé. Jakadi Apaisement ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.

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    Post Haï j’en ai marre !

    Le 16 Juillet 2016

    Haï j’en ai marre !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Mouloudia ! Ali Bencheikh claque la porte de la direction
    des jeunes talents. Interrogé, le…
    … Talent s’est dit soulagé !
    Au lendemain des résultats du bac, je «tombe» par hasard sur un article traitant du taux de réussite élevé dans un lycée à Sougueur répondant au doux surnom de… Guantanamo. Rien que ça ! Je précise tout de suite, il ne s’agit que d’un surnom, pas du nom officiel. De plus, il est vrai que lorsque tu vois les photos de cet établissement scolaire, l’orange dominant peut effectivement vaguement rappeler la tenue des détenus de Guantanamo. Mais tout de même ! Malgré toutes ces «explications», surnommer un lycée «Guantanamo» me laisse songeur sur notre rapport au savoir, à notre cadre de vie et à notre vaste pays de manière générale. La semaine dernière, encore, je lisais que les «habitants de Haï El Ham étaient privés d’eau depuis plusieurs semaines». Haï El Ham ! Mon Dieu ! Comment peut-on surnommer une cité d’habitation «Quartier de la misère» ? Souvenez-vous encore, en janvier dernier, je lâchais ici même un gros coup de gueule sur un quartier algérois appelé «Cité Faïence». Je ne comprenais pas, et je ne comprends toujours pas qu’on puisse intégrer dans son processus mental comme normal, banal d’accepter de désigner son cadre de vie quotidien par la dénomination «Haï Faïence». En vérité, il suffit juste d’ouvrir un peu plus les yeux, de ne pas juste les poser sans vraiment les poser sur notre décor de vie, sur ce qui fait notre espace pour constater les dégâts effroyables de la déshumanisation spatiale qui ronge l’Algérie. Le processus d’apprentissage scolaire est déjà biaisé, faussé dès lors que le gosse décrive ainsi l’acte de se rendre à l’école, le matin : «je vais à Guantanamo» ! Quel Mozart en devenir peut pousser la partition dans un coin de la cité «El Ham» ? Combien de candidats aux Beaux-Arts viennent-ils de la Cité Faïence ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    Post La 5e colonne ? La prochaine à droite, au tournant de la 4e !

    Le 17 Juillet 2016

    La 5e colonne ? La prochaine
    à droite, au tournant de la 4e !

    Par Hakim Laâlam
    Email : [email protected]
    Coup d’Etat militaire manqué en Turquie. Pfutt !
    Quelle…
    … bande d’amateurs !
    Je me gratte la tête. Ne m’en voulez pas ! J’ai pris la première formule pratique que j’avais sous le coude pour vous exprimer ma profonde perplexité. Donc, je me gratte fort la tête depuis que j’ai lu cette déclaration du Premier ministre. Selon Sellal, nous sommes un pays stable, mais notre problème, c’est la… 5e colonne ! Je ne comprends pas ! Si nous sommes réellement un pays stable, logiquement, nous ne devrions pas nous plaindre d’avoir à disposition une 5e colonne. Une 5e, c’est tout de même mieux que 4 colonnes seulement. Pour la stabilité, y a rien de mieux qu’une 5e colonne qui viendrait renforcer l’édifice. D’ailleurs, un simple sondage avec cette encore plus simple et unique question permettrait de s’en rendre compte. Nous demanderions à un pays instable, traversé par les vents de la turbulence et de l’agitation quel serait son vœu, son rêve le plus fou, et je suis sûr que la réponse serait édifiante : je souhaiterais avoir un pilier. Ou deux. Voire, dans la perspective la plus enthousiasmante, trois piliers. Que dire alors d’une nation comme l’Algérie qui dispose déjà de cinq colonnes. Cinq belles, grandes et larges colonnes. Même si je sens que Si Abdelmalek regarde d’une drôle de manière cette 5e colonne. Comme s’il ne l’appréciait pas vraiment. Ou qu’il doutât de sa fiabilité. Moi, je ne m’y connais pas trop en architecture, ni en physique des corps. Mais je suis chevillé à mon bon sens paysan. A tout prendre, une 5e colonne, je ne vais pas cracher dessus. D’abord, parce qu’il est totalement ridicule, voire incongru de cracher sur une colonne. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un cracherait sur une colonne qui ne lui a rien fait. N’est-ce pas ? Ensuite, parce que je me dis qu’un esprit équilibré ne doit pas engager des conflits improbables. Voire qui le stigmatiserait à vie, sur la durée. Tu t’imagines pointé du doigt là où tu irais. Les gens en te croisant chuchoteraient entre eux : «C’est le mec qui a un problème grave avec les colonnes. Notamment avec la 5e !». Dur ! Dur à porter ! Je dirais même plus, déstabilisant ! Je fume du thé et
    je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    Post Eh ! Oh ! Réveille-toi ! La lampe s’est allumée !

    Le 20 Juillet 2016

    Eh ! Oh ! Réveille-toi ! La lampe
    s’est allumée !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    L’autopsie du terroriste de Nice est formelle. Avant de
    grimper dans le camion, il avait avalé un…
    … sandwich jambon-beurre !
    C’est une petite lumière. Petite, parce qu’elle est diffusée par une lampe minuscule. Toi, tu ne la vois pas ! Normal ! La lumière en question, c’est pas pour toi ! C’est pour des gens «élus», choisis pour leur réactivité à ce genre de lumières. Des gens comme Belkhadem. Toi, quidam sans importance, tu auras beau écarquiller les yeux dans l’espoir de percevoir des miettes de cette lumière-là, rien ! Par contre, la tribu des élus est éduquée dès le départ à cette sensibilité voltaïque. D’ailleurs, c’est ce qui fait que toi, pôvre grue t’es toujours dans le noir, même en plein jour. Et que la tribu des élus peut toujours compter sur cette lampe, même en pleine et longue traversée du tunnel noir. En gros, et pour me répéter, y a le troupeau qui n’a pas accès à la lampe. Et y a la poignée de veinards pour qui, elle s’allume et s’éteint au gré du disjoncteur central. Et là, la petite lumière s’est donc rallumée pour Abdelaziz II. D’abord, il faut le féliciter ! Et taire pour une fois notre côté foncièrement jaloux et envieux à nous, les gueux, peuple sans lumière et sans éclats. Bravo Abdelaziz Second du nom ! La lampe s’est allumée. Et tu peux donc sortir. Aucune crainte à avoir une fois dehors. Parce que, dès lors que la lampe est allumée au-dessus de ta tête, tout le réseau électrique a été averti, mis au parfum. Mis au courant ! Tu as le feu vert Khouya l’empastillé ! Toi-même, tu l’auras sûrement remarqué, depuis que ta lampe brille à nouveau au milieu de ton Front, et que tu t’es pointé dehors, les gens te regardent autrement. Et oui ! Ils savent forcément. Ils savent que la lampe veille sur toi et guide tes pas. Alors, Monsieur Belkhadem,
    va ! Va où la lumière te dit d’aller.Pendant ce temps-là, le peuple sans lampe ni lumière,
    la longue procession des victimes du délestage permanent pourra toujours ronger son
    frein dans le noir, tout en fumant du thé pour rester éveillé à son cauchemar qui continue.

    H. L.
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    Post Inaâl bouha, la vie !

    Le 21 Juillet 2016

    Inaâl bouha, la vie !


    Par Hakim Laâlam
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    France. Psychose. Un homme en djellaba sème la
    panique à Paris. Quoi ?

    Il l’a soulevée ?
    Je suis là, suspendu au-dessus du vide. Mes mains agrippent le rebord de cette satanée falaise où je me suis retrouvé par un maudit hasard. Mais qu’est-ce que je suis allé faire là ? Pourquoi mes pas m’ont-ils amené à cet endroit, certes beau, certes magnifique, certes enivrant, mais tellement dangereux parce que bordé par des pentes en abrupte, des flancs de promontoires vertigineux donnant sur une mer furieuse, rageuse de toutes ses lames écumeuses lancées tout en bas, contre les rochers. Mes doigts me font souffrir terriblement au fil des minutes. Combien de temps encore tiendrais-je ? Mes pieds gigotent dans le vide de manière ridicule, tentant dans de vains moulinets d’attraper quelque ronce, un branchage. Ce genre de scénarios n’existe que dans les films. Et encore, dans les séries B diffusées le dimanche sur M6 ! Je vais finir par lâcher. Ma vie passe, défile en flashs. Je n’ai jamais vraiment été adepte des randonnées. Et il aura fallu que je vienne là, aujourd’hui ! Prendre l’air ! Foutaises ! Eviter les mouvements brusques. Ne même pas tenter un déplacement latéral, pour essayer, zaâma, un redressement miracle en opérant une sorte de mouvement de balancier. Ne pas y penser lorsque son poids est à trois chiffres ! Et depuis quelques secondes, cette question lancinante. Cette question venue de je ne sais où. D’une contrée sûrement productrice de questions folles. Folles à lier. Et là, je ris de bon cœur. Ou presque, parce qu’il ne faut tout de même pas exagérer. On ne rit jamais vraiment de bon cœur lorsqu’on est suspendu dans le vide, à plus de 100 mètres de hauteur au-dessus d’une mer déchaînée, et les doigts ensanglantés, glissant inexorablement sur leur emprise. Mais je ris. Wallah que je ris doucement. Juste à l’évocation de cette question. De ce dilemme
    si, à l’instant, juste là, par-dessus ma tête, du bon côté du précipice, Ammar Saâdani et Abdelaziz Belkhadem me tendent tous deux leurs bras pour me sauver, lequel prendre, lequel choisir ? Ammar ? L’Empastillé ? Mon Dieu que le vide attire !
    Je ferme les yeux. Je souris. La mer pour dernière sépulture.
    Et en bas, une fois englouti par les flots, fumer du thé avec une raie géante, dans
    l’espoir fou de rester tous deux éveillés à notre cauchemar marin qui continuera.

    H. L.
    Dernière modification par zadhand ; 21/07/2016 à 21h06.
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