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Re : Vivendi
Les dirigeants de Vivendi dans le viseur de la justice italienne.
Dans cette drôle de guerre entre Fininvest et Vivendi où chaque camp s'observe en attendant une offensive ou une proposition qui n'arrive pas, c'est un front périphérique, celui du judiciaire, qui s'est finalement embrasé.
En décembre dernier, groupe Vivendi, contrôlé Vincent Bolloré (photo), racheté 20 % capital Mediaset d’une semaine.
En décembre dernier, le groupe Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré (photo), a racheté 20 % du capital de Mediaset en moins d’une semaine. - Denis ALLARD/REA
Le parquet de Milan a officiellement ouvert une enquête contre Vincent Bolloré et Arnaud de Puyfontaine pour « manipulation de marché » dans l’affaire Mediaset.
Dans cette drôle de guerre entre Fininvest et Vivendi où chaque camp s'observe en attendant une offensive ou une proposition qui n'arrive pas, c'est un front périphérique, celui du judiciaire, qui s'est finalement embrasé.
Vincent Bolloré et Arnaud de Puyfontaine, respectivement présidents du conseil de surveillance et du directoire de Vivendi, font désormais officiellement l'objet d'une enquête instruite par le parquet de Milan pour des soupçons de « manipulation de marché », lors de la montée du groupe français à près de 30% de Mediaset en décembre.
Car avant que l'affaire ne s'enlise, c'est un blitz qui avait été lancé par Vivendi : il avait fait main basse en moins d'une semaine sur 20% du capital du groupe italien avant de poursuivre une « escalade » jugée « hostile » par la famille Berlusconi. Après avoir tiré ses dernières cartouches en Bourse en montant à 38,266% du capital et 39,775% en termes de droits de vote, le Cavaliere a décidé de porter la résistance à « l'envahisseur français » dans l'enceinte des tribunaux.
Dramatisation politique
Il accuse Vivendi d'avoir volontairement fait chuter le cours de Mediaset en annonçant en juillet la rupture de l'accord stratégique conclu en avril, en vertu duquel le rachat de 100% du bouquet payant Mediaset Premium par Vivendi se serait accompagné d'un échange de participations croisées à hauteur de 3,5% entre les deux groupes.
Si à Paris on arguait de doutes sur la véritable santé de Premium pour justifier un tel renoncement, à Milan on crie à la manipulation pour « lancer à vil prix une vraie escalade hostile suite à une chute artificielle de la valeur du titre Mediaset ». La plainte déposée par la famille Berlusconi a été jugée par Vivendi dans un communiqué « abusive et sans fondement ».
La dramatisation politique, avec le président du conseil Paolo Gentiloni disant « l'entreprise Italie en jeu dans cette affaire », et la communication par médias interposés entre les deux groupes ont rendu hypothétique un arrangement à l'amiable. Il n'est cependant pas à exclure, estime Carlo-Alberto Carnevale Maffè, professeur de stratégies économiques et financières à la Bocconi de Milan.
Vivendi également premier actionnaire de Telecom Italia
« Cela va accélérer la nécessité d'un accord dont les deux parties ont besoin. Mediaset car sa présence italo-espagnole est insuffisante, Vivendi pour parachever son dessein d'un Netflix européen. Cette enquête judiciaire est une arme en plus dans la négociation pour Mediaset, mais ce n'est ni une accusation, ni un jugement, juste la volonté de la magistrature d'y voir plus clair. »
Il n'y a pas que le parquet de Milan qui nourrit de telles intentions. La Consob (le gendarme boursier italien) et l'Agcom (l'autorité de tutelle des télécommunications en Italie) s'intéressent également au dossier. La première également pour une possible manipulation de marché. Quant à la seconde, elle rendra prochainement les résultats de l'instruction qu'elle a ouverte au sujet de la forte présence de Vivendi à la fois dans la télévision et dans les télécommunications.
Le groupe français est également le premier actionnaire de Telecom Italia (avec 24,9 %), ce qui pourrait tomber sous le coup de la réglementation antitrust italienne. La menace de passer devant la barre d'un tribunal pourrait permettre aux deux parties de repasser derrière la table des négociations.
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