Numéro 23 veut monter en gamme .
La « chaîne de la diversité » investira 20 millions d’euros pour diffuser plus de sport et des séries phares.
Numéro 23 veut tourner la page de sa période noire. La chaîne sauvée in extremis (lire ci-dessous la chronologie) se donne un nouvel élan pour cette rentrée télé, avec plusieurs annonces phares. L'antenne de la diversité va ainsi diffuser en clair mi septembre le match Chelsea-Liverpool, l'une des premières affiches de la Premier League, le célèbre championnat étant retransmis par SFR Sport 1, désormais dans la même galaxie. « L'idée est de créer un produit d'appel pour les téléspectateurs qui ne connaissent pas ou peu la chaîne, explique Damien Cuier, directeur général de Numéro 23. Nous avons la volonté de développer le sport, notamment féminin et, plus globalement, une antenne davantage premium ».
Orange is the New Black et d'autres fictions phares
Cette ambition va aussi se faire sentir dans la fiction : Numéro 23 a acquis Orange is the new black, série phare de Netflix, qui se déroule dans l'univers carcéral. Il va aussi diffuser Racines (Roots), sur l'esclavage. Dans d'autres genres, et dans des domaines ayant directement trait à la diversité, sa marque de fabrique originelle, Numéro 23 va retravailler avec Bruno de Stabenrath, animateur en fauteuil roulant, qui proposera des tests d'accessibilité à divers lieux, et va lancer une nouvelle émission politique, avec des interviews axées sur la diversité. Le documentaire sera davantage présent.
Doubler les investissements pour faire décoller l'audience
Pour se relancer, Numéro 23 met les moyens : elle entend dépenser 20 millions d'euros en acquisition de nouveaux programmes pour cette rentrée, contre 7 millions l'an dernier à la même période - une année particulière compte tenu de ses déboires judiciaires - et peu plus d'une dizaine de millions en 2014.
L'objectif ? Doper l'audience, pour passer le cap de 1,5 % courant 2017 (contre 0,9 % en juillet). « La rentrée sera concurrentielle, mais on a des atouts pour positionner la chaîne à un autre niveau à la fois en termes d'audience et de qualité », reprend Damien Cuier. Compte tenu des investissements réalisés, il espère la rentabilité fin 2017 ou 2018. La chaîne a enregistré environ 8 millions de pertes d'exploitation en 2015, pour un chiffre d'affaires autour de 20 millions.
Les investissements seraient financés par les recettes publicitaires espérées et par NextRadioTV. La maison mère de BFMTV et RMC - rachetée à 49 % par SFR - avait pris 39 % de Numéro 23 au printemps, avec la possibilité de monter au capital dans le futur. Numéro 23 n'a pas précisé si Pascal Houzelot, le fondateur de la chaîne - qui n'en a plus depuis quelques mois directement la présidence mais la conserve via sa société - avait remis au pot.
Commission d'enquête
C'est d'ailleurs cette connexion capitalistique avec SFR qui a facilité la possibilité de retransmettre un match de la Premier League - même si Numéro 23 a payé des droits à SFR. Il y aura aussi d'autres partenariats entre les deux groupes : par exemple, Les Grandes Gueules, émission phare de RMC, sera diffusée en fin de matinée sur Numéro 23. « L'entrée au capital de NextRadioTV nous apporte une certaine sérénité pour la suite. Même si on reste indépendant, on pourra envisager des liens, par exemple, pour des négociations sur des achats de programmes », explique Damien Cuier.
Pour autant, Numéro 23 pourrait encore faire parler d'elle sur le front politique, voire judiciaire. Une commission d'enquête parlementaire, notamment initiée par Marcel Rogemont , a été mise sur pied en juin sur les conditions d'octroi de son autorisation d'émettre puis de sa vente. Elle doit rendre ses conclusions au plus tard en décembre. Si des éléments particuliers ressortent, ils pourraient être transmis à la justice.
UNE HISTOIRE MOUVEMENTÉEJuillet 2012 : le CSA donne à Numéro 23 l'autorisation d'émettre.
Fin 2014 : la chaîne et NextRadio TV engagent des discussions pour un rachat.
Avril 2015 : demande au CSA d'agréer le changement de contrôle.
Octobre 2015 : le régulateur abroge l'autorisation de diffusion.
Mars 2016 : le Conseil d'Etat casse cette décision.
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LCI remanie sa grille pour son « grand démarrage »
La chaîne d’info du groupe TF1 accueille de nouvelles têtes d’affiche, comme Yves Calvi. Les sites Web d’information du groupe seront rapprochés sous la bannière LCI.
C'est un peu une troisième naissance pour LCI. La chaîne d'info du groupe TF1, créée en 1994, arrivée sur la TNT en clair en avril dernier , lance sa nouvelle formule lundi, marquant ainsi son réel démarrage. Nouvelle grille, nouveaux visages, nouveaux plateaux et même nouveau patron, puisque Thierry Thuillier, ancien de France Télévisions notamment, a pris la direction de la chaîne mi-août. La grille sera en grande partie remaniée. Parmi les têtes d'affiche, Yves Calvi se voit confier un grand rendez-vous d'information sur la tranche 18 heures-20 heures et François-Xavier Ménage (qui présentait Capital sur M6) prend la tête de la matinale.
Au-delà d'un journal télévisé toutes les heures, avec un rappel de titres toutes les demi-heures, la chaîne a instauré plusieurs rendez-vous avec des magazines : par exemple, « Club 26 », une émission sur le sport animée par Grégoire Margotton, « Au coeur des régions », présenté par Jean-Pierre Pernaut, ou encore des émissions axées sur la santé ou encore la culture en journée. Il y aura aussi une longue émission consacrée à l'actualité des médias et des partenariats nouveaux, par exemple avec « Le Parisien ».
Une offre plurimédia
La nouvelle offre, sur le canal 26, devra s'imposer dans un paysage très concurrentiel, où le nombre d'acteurs a doublé en l'espace de quelques mois. Au-delà de BFM TV et d'iTélé, la nouvelle chaîne d'information publique en continu arrive le 1er septembre et elle a en commun avec LCI une volonté de décryptage et d'approfondissement. Sans compter la compétition des réseaux sociaux, qui ont de plus en plus de fonctions « live ».
LCI démarre petit et avec un handicap de taille : l'impossibilité de faire de la promotion croisée avec TF1 pendant deux ans au moins. Elle affichait une audience de seulement 0,3 % au dernier pointage de juillet. Mais c'est surtout avec cette nouvelle grille qu'elle compte s'imposer ces prochains mois. « Il faut désormais démontrer que nous pouvons aller chercher un nouveau public et le fidéliser », souligne Catherine Nayl, directrice générale adjointe à l'information du groupe TF1. « On va tenter des choses que l'on ne voit pas sur d'autres chaînes d'info, comme un talk-show d'Yves Calvi sans coupure d'information », ajoute Thierry Thuillier.
0,4 % d'audience visée en fin d'année
La chaîne vise 0,4 % d'audience en fin d'année, puis le cap de 1 % à l'horizon fin 2018-2019, avec l'équilibre financier en parallèle. Bien que l'amateur moyen d'information ait en moyenne plus de 50 ans, LCI espère un peu rajeunir son audience et vise les CSP+. Car le nouveau LCI ne se veut pas seulement une chaîne, mais une offre plurimédia, avec une ambition « mobile first ». Dès lundi prochain, le site d'information du groupe, MYTF1News et Metronews seront fusionnés sous la bannière commune LCI. Une nouvelle application sera lancée. Sur les réseaux sociaux, aussi, c'est la marque LCI qui s'imposera.
« Nous voulons faire de l'info pour être présents sur tous les supports et toucher tous les publics », prévient Thierry Thuillier. A terme, la majorité des quelque 200 journalistes et assimilés pourront travailler à la fois sur le Web et pour la télévision. Une cellule innovation de 4-5 personnes a été mise sur pied, pour réfléchir à de nouveaux formats et sur des écritures différentes. Les idées seront testées.
LCI n'a pas communiqué d'objectif d'audience numérique, indiquant simplement vouloir être « dans les premières places » en termes de vidéos vues.



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