AB Groupe, le producteur d’Hélène et les garçons, pourrait changer de mains.

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Le groupe serait en discussions avec des groupes de médias dont le Spac Mediawan. Il dispose d’un catalogue important.

On connaît AB Groupe pour « Hélène et les garçons », « Club Dorothée » ou des séries un peu « nunuches » des années 90... Mais peu savent que cette société, qui a des activités diversifiées dans l'édition de chaînes, la production et la distribution, est l'une des plus rentables du PAF. C'est aussi l'une des plus convoitées.

Selon nos informations, AB Groupe serait ainsi en négociations avec plusieurs groupes de médias, parmi lesquels Mediawan, le Spac de Xavier Niel, Matthieu Pigasse, et Pierre-Antoine Capton destiné à des acquisitions (jusqu'à 1,5 milliard d'euros) dans les médias et le divertissement , dont le marché attend des annonces.

Elle aurait aussi eu des discussions dans le passé avec Lagardère et le groupe Altice de Patrick Drahi - qui n'auraient toutefois pas abouti. Pour l'instant toutefois, rien ne serait signé. « On n'est jamais sûr que quelque chose va se faire, le groupe a déjà fait l'objet de marques d'intérêts par le passé. Cela fait un moment qu'ils essayent de vendre et ça a souvent achoppé... », nuance un bon connaisseur du secteur.

Un chiffre d'affaires annuel de 180 millions d'euros

Le président de la société et principal actionnaire, Claude Berda, fêtera bientôt ses 70 ans, ce qui alimente les spéculations. Le prix de vente se chiffrerait en centaines de millions d'euros - il serait d'au moins 350 à 400 millions selon certaines sources.

« Le problème, c'est que peu de groupes ont les moyens de mettre une telle somme sur la table, rappelle un observateur. D'autant que Claude Berda est un fin négociateur, qui va chercher à maximiser le prix ».

Le groupe AB, détenu en majorité par Claude Berda (à 53 % selon le site de la société) et son management (13,5%), et à hauteur d'un tiers par TF1 (33,5%), réalise un chiffre d'affaires annuel de 180 millions d'euros (selon son site Internet), et emploie autour de 300 collaborateurs. Il afficherait un résultat de plusieurs dizaines de millions - autour de 50 millions, selon une source.

Sa grande force, son activité de distribution

Il édite une vingtaine de chaînes pour la plupart dans des bouquets payants comme AB Moteurs ou Sciences et vie TV, ce qui représente l'essentiel de ses revenus. Mais sa grande force est son activité de distribution et son catalogue, qui lui assurent une rentabilité élevée pour le secteur. « Elle a acquis des droits de séries vues et revues comme Friends, Alice Nevers ou Engrenages, et touche le jackpot », dit un spécialiste du secteur.

Toutefois, les observateurs sont assez dubitatifs sur le potentiel futur d'AB Groupe. « Le problème, c'est qu'un catalogue perd de la valeur d'année en année, et qu'il faut le ré-alimenter en permanence. En outre, les chaînes payantes sont dépendantes du bon vouloir des investisseurs », dit l'un d'entre eux.

Un accord avec un grand groupe ou un investisseur comme Mediawan pourrait surtout avoir du sens si l'acheteur en question peut acquérir d'autres sociétés avec des catalogues importants pour les rapprocher. AB Groupe n'a pas souhaité faire de commentaires.