France Télévisions : La Cour des comptes épingle la présidence de Rémy Pflimlin
Selon "Le Canard Enchaîné", France Télévisions a oublié de "respecter des règles de publicité et de mise en concurrence pour ses achats hors programmes".
C'est un rapport confidentiel et accablant que s'est procuré "Le Canard Enchaîné". Selon le journal, la Cour des comptes a relevé de "profonds dysfonctionnements" dans les procédures d'achat de France Télévisions, du temps de la présidence de Rémy Pflimlin, notamment après l'affaire Bygmalion.
Le groupe audiovisuel public aurait oublié de "respecter des règles de publicité et de mise en concurrence pour ses achats hors programmes", c'est-à-dire ceux qui ne concernent pas les productions audiovisuelles. Pour la seule année 2014, ces achats représenteraient 569 millions d'euros hors taxes. Ainsi, selon un audit réalisé sur un échantillon de 40 millions d'euros de prestations de conseil entre 2012 et 2014, 54 marchés sur 95 examinés n'ont pas fait l'objet d'une mise en concurrence.
22 millions d'euros à huit agences de voyages
Dans le document révélé par le canard, la Cour des comptes énumère les achats qui "auraient dû donner lieu à la publication d'un avis d'appel à la concurrence sur le site de France Télévisions", comme les 22 millions d'euros versés à huit agences de voyages entre 2012 et 2014. La liste est longue : le montant des prestations de taxi s'élèverait à 8,7 millions d'euros hors taxes sur trois ans, tandis que le total pour la location des véhicules de fonction atteindrait plus de 480.000 euros en 2014. Idem pour les prestations d'intérim, les prestations d'avocats en droit social, l'édition des bulletins de paie ou l'émission des titres-restaurant.
Ainsi, la Cour des comptes relève 95 contrats signés "en méconnaissance des règles de compétences" ou n'ayant pas fait l'objet "de publicité et de mise en concurrence", contraires aux règles de la commande publique. L'ensemble de ces infractions devrait être transmis devant la Cour de discipline budgétaire. "L'identification précise des responsabilités personnelles sur chaque dossier ne pourra être effectuée qu'après la production par France Télévisions des factures de chaque entreprise et chaque exercice concerné", explique un magistrat dans "Le Canard Enchaîné".
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France Télévisions n'a toujours pas trouvé de modèle économique pour l'offre de vidéos à la demande.
France Télévisions n'a toujours pas trouvé de modèle économique pour l'offre de vidéos à la demande qu'elle compte lancer en mars 2017, plusieurs partenaires potentiels ayant décliné une alliance, a indiqué mercredi Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions.
"On est déjà au travail, techniquement nous avons les briques qui nous permettront de lancer cette offre mais nous avons un problème de modèle. Nous n'avons pas 200 millions d'euros à mettre dans un catalogue de droits", a expliqué Mme Ernotte.
La chaîne mise sur ce service pour dégager de nouvelles recettes à horizon 2020.
Mais les investissements sont coûteux et la concurrence sévère. "Mon rêve serait de monter une grande alliance des médias français pour proposer une offre de VOD française", mais les partenaires approchés, TF1 et M6, n'ont pas donné suite, a-t-elle indiqué.
Une autre possibilité, une alliance avec des partenaires européens, n'est pas envisageable en raison des droits qui diffèrent d'un pays à l'autre. La date de lancement de mars 2017 est toutefois maintenue.
"On travaille prioritairement sur la disponibilité actuelle de notre offre de rattrapage", évoquant la piste de téléchargements payants pour l'intégralité d'une série.
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