Al Sissi en colère contre un reportage d'Al Jazeera sur le service militaire

Mercredi 28 Decembre 2016

Les relations entre la chaîne d'information qatarie Al-Jazeera et le gouvernement égyptien se sont une nouvelle fois détériorées après l'arrestation du journaliste Mahmoud Hussein au Caire et son emprisonnement pour 15 jours. Mahmoud Hussein aurait, selon la justice égyptienne, cherché à «renverser le pouvoir à travers la production de reportages mensongers sur la situation économique et sociale en Egypte».Les médias occidentaux affirment que certains cercles cherchent à déterminer son rôle dans la production du documentaire «al'asaker», «les soldats», diffusé par al-Jazeera en novembre, où on critiquait la politique du président Sissi. Le film, affirmant que les conscrits étaient maltraités, avait provoqué la vive colère des autorités, mais aussi un mécontentement au sein d'une bonne partie de l'opinion.
La majorité des Egyptiens a fait son service militaire obligatoire. Une conscription généralement perçue comme un ascenseur social permettant d'apprendre un métier ainsi qu'un élément de mixité sociale, puisque tous les Egyptiens sont logés à la même enseigne. S'il est déféré devant la Cour d'assises, Mahmoud Hussein sera probablement emprisonné durant les deux ans que peut durer le procès.
Le 29 décembre 2013, trois journalistes travaillant pour le Qatar en Egypte, l'Australien Peter Grease, le Canadien Baher Mohamed et l'Egyptien Mohamed Fahmy ont été arrêtés par les forces de sécurité égyptiennes à l'hôtel Marriott au Caire, après une descente dans leur chambre, qui avait été utilisée comme studio à distance pour la chaîne d'info qatarie. Le ministère égyptien de l'Intérieur a confirmé l'arrestation et a déclaré que les journalistes ont été accusés de rapporter de fausses nouvelles et «accusés de nuire à la sécurité nationale».Le 23 juin 2014, après un procès de quatre mois, tous les trois ont été reconnus coupables et ont été condamnés à, entre 7 et 10 ans d'emprisonnement, en dépit des critiques sévères d'autres gouvernements et des organisations des droits de l'homme. Un jour plus tard, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a déclaré qu'il n'interférerait pas dans les décisions judiciaires.En février 2015, Peter Grease a été libéré de prison et expulsé vers l'Australie via Chypre, tandis que les deux autres journalistes ont été libérés sous caution, dans l'attente d'un nouveau procès. Après la révision du procès, les journalistes ont de nouveau été reconnus coupables et condamnés à, entre 3 et 3 ans et 6 mois ans d'emprisonnement. Un mois plus tard, ils ont été libérés de prison suite à une grâce présidentielle émise par le président Abdel Fattah al-Sissi. Depuis cette date, les relations entre la télévision qatarie avaient repris avec le pouvoir égyptien. Les relations entre l'Egypte et le Qatar se sont détériorées après la destitution par l'armée du président des Frères musulmans Mohamed Morsi en juillet 2013.