Vaccin Pentavalent
Changement dans la forme de vaccination

En raison du retard des résultats de l’enquête sur le Pentavalent
Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Le 18 septembre 2016

L’enquête lancée en juillet dernier sur un lot de vaccins suite
au décès de deux nourrissons tarde à donner ses résultats.
En attendant, le ministère de la Santé qui a décidé de
maintenir le nouveau calendrier de vaccination s’apprête
à changer la formulation du vaccin Pentavalent.
La vaccination des nourrissons de deux mois passera
d’un vaccin d’une formulation combinée de cinq vaccins
à une formulation séparée.Le nouveau vaccin Pentavalent
introduit dans le nouveau calendrier de vaccination est
un vaccin combiné pour protéger contre cinq valences,
«infections».Il s’agit de la coqueluche, de la diphtérie,
du tétanos, de l’haemophilus influenzae B et de l’hépatite B.
Son objectif est d’arriver, entre autres, à l’éradication du
tétanos néonatal, de la diphtérie, la réduction de la mortalité
et de la morbidité des infections dues à l’haemophilus
influenzae B (HIB).Cependant, devant la cacophonie qui a
marqué ce vaccin suite au décès de deux nourrissons en
juillet dernier, après s’être fait vacciner, et vu le retard
des résultats de l’enquête devant déterminer la cause
exacte des décès, le ministère de la Santé a décidé de
maintenir le calendrier de vaccination en changeant la forme
ou la formulation du vaccin Pentavalent.Soit au lieu de
maintenir le Pentavalent avec cinq valences, on introduira
un vaccin à trois valences et les deux autres vaccins,
hépatite et haemophilus, seront administrés en individuel.
Une formule qui existait déjà dans l’ancien calendrier. On
parle, cependant, d’une mesure provisoire, en attendant
les résultats de l’enquête.Le ministère de la Santé a
également décidé, «par mesure de précaution», de se
passer du laboratoire indien, fournisseur du vaccin.
«Nous allons chercher des laboratoires à réputation
internationale», nous indique-t-on.Selon certains
intervenants, «Cette situation aurait pu être anticipée
si l’Institut Pasteur d’Algérie avait réussi à
développer une industrie permettant de fabriquer des
vaccins localement et éviter ainsi la dépendance aux
laboratoires étrangers». D’ailleurs, poursuit-on, «il n’est
pas normal de lancer un calendrier national de
vaccination et de ne pas pouvoir fabriquer ses propres
vaccins. La Chine et l’Inde sont des pays en voie de
développement, tout comme l’Algérie et ils fabriquent leurs
vaccins qu’ils nous exportent».Le directeur de l’Institut Pasteur
Algérie, Kamel Kezzal, a été d’ailleurs, relevé de ses fonctions
il y a quelques semaines et a été remplacé par le
professeur Harrat. A-t-il payé pour la mauvaise gestion de
ce dossier ? Au ministère de la Santé, on évoque plutôt
l’argument lié à «un retard dans la mise en place d’une stratégie industrielle».

S. A.