Départs massifs à la retraite
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12 Novembre 2015
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Départs massifs à la retraite
Près d’un mois après, le flou total entoure la déclaration faite par le Premier ministre en date du 14 octobre dernier au sujet de la suppression de la retraite anticipée. C’était devant les participants aux travaux de la 18e tripartite, qui a eu lieu dans la wilaya de Biskra. Pendant ce temps, et en l’absence d’une information officielle, on apprend que près de 200 000 personnes sont à l’affût de la moindre réaction pour procéder au dépôt de leurs dossiers de retraite.
Près d’un mois après, le flou total entoure la déclaration faite par le Premier ministre en date du 14 octobre dernier au sujet de la suppression de la retraite anticipée. C’était devant les participants aux travaux de la 18e tripartite, qui a eu lieu dans la wilaya de Biskra. Pendant ce temps, et en l’absence d’une information officielle, on apprend que près de 200 000 personnes sont à l’affût de la moindre réaction pour procéder au dépôt de leurs dossiers de retraite.
Abder Bettache - Alger (Le Soir)
Suppression ou pas de la retraite anticipée ? Le départ en retraite dans le cadre de l’ordonnance 97-13 du 31 mai 1997, en l’occurrence le départ à la retraite sans condition d’âge ou la proportionnelle est-il aussi concerné par la déclaration faite par Abdelmalek Sellal ? «C’est le flou total», commente-t-on du côté de la Centrale syndicale. Même son de cloche chez les syndicalistes de la Fédération nationale des travailleurs retraités (FNTR), affiliée à l’UGTA.
«Rien d’officiel n’est porté à notre connaissance», nous apprend le secrétaire général de ladite fédération, M. Smaïl Boukhris. Ce dernier nous dira par ailleurs,
que «le dernier discours prononcé par le secrétaire général de la Centrale syndicale
M. Abdelmadjid Sidi-Saïd sur la question de retraite, devant les secrétaires généraux des fédérations et des Unions de wilaya le 5 novembre dernier constitue notre position de principe».
Lors de cette rencontre, le premier responsable de l’UGTA a soulevé la problématique de la retraite en déclarant, que «rien de concret n’a été porté à la connaissance de la Centrale syndicale par le gouvernement». Toutefois, Sidi-Saïd a plaidé «pour l’engagement d’une réflexion sur le devenir du système de retraite dans notre pays, en consolidant davantage les moyens de sa pérennité».
En d’autres termes, le 5 novembre dernier, le secrétaire général de l’UGTA a évité d’exprimer définitivement la moindre position de son organisation sur la question, préférant sans aucun doute voir «le gouvernement s’expliquer davantage», d’autant qu’entre le chef de l’exécutif et son ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, un cafouillage a vu le jour sur la question.
En attendant la réunion de la CEF de la FNTR
La position de la Centrale syndicale sur une éventuelle révision des différentes dispositions
régissant le départ à la retraite ne sera connue qu’au lendemain
de la réunion de la commission exécutive fédérale (CEF) de la FNTR.
La tenue des travaux de cette dernière est annoncée pour fin décembre prochain. Une réunion dont l’ouverture des travaux sera assurée par Abdelmadjid Sidi-Saïd,
en sa qualité de premier responsable de la Centrale syndicale.
Lors de cette rencontre, il est attendu à la fois un «important» discours de Sidi-Saïd, mais aussi un hommage qui sera rendu par les syndicalistes de la FNTR aux défunts secrétaires généraux de la fédération des retraités, en l’occurrence Mrs Smaïl Alaouchiche et Ahmed Gadiri. Mais, il n’en demeure que
cette instance organique de la Fédération nationale des retraités
aura à exprimer son point de vue sur la question.
Lors des travaux de la dernière session de la CEF, les syndicalistes de la FNTR avaient débattu de la problématique de retraite, en plaidant lors des différentes interventions «pour la pérennité de la CNR
et une meilleure prise en charge des doléances des retraités».
La position qu’aura à adopter la FNTR dans la résolution finale des travaux de la CEF tracera en définitive les contours des «réformes» et autres «révisions» des dispositions régissant le départ à la retraite. Il est évident aussi, que de par la présidence assurée par l’un de ses secrétaires nationaux du conseil d’administration de la Caisse nationale de retraite (CNR), l’UGTA devait en tirer profit et disposer de suffisamment d’informations pour cerner les enjeux de cette «réforme». Sur un autre plan, il est important de noter qu’au jour d’aujourd’hui, «ni commission et ni groupe de travail» n’ont été mis en place par les initiateurs de cette «révision».
Suppression de la retraite anticipée et sans condition d’âge ?
Selon des sources sûres, les premiers «aménagements»
que le gouvernement veut introduire dans le cadre de la révision des dispositions régissant le départ à la retraite ciblent notamment la retraite anticipée et la retraite sans condition d’âge.
D’après nos sources, l’idée de la suppression de ces deux dispositions pourrait intervenir au premier trimestre de l’année 2016, soit à deux mois de la revalorisation annuelle des pensions de retraite. Ainsi, une fois, ces deux dispositions abrogées, le gouvernement par le biais
de son département du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale passera à la seconde étape,
soit l’installation de la commission nationale de la révision du système de retraite.
Une «révision» qui inclura également une éventuelle «refondation» du système de la Sécurité sociale, dont les conséquences ont «causé un préjudice sans précédent à la caisse de retraite».
«Avant d’engager la moindre réforme sur la question, il est primordial,
voire indispensable de procéder à une évaluation de tout ce qui a été fait jusqu’au jour d’aujourd’hui.
Une évaluation de la situation actuelle du système de la Sécurité sociale dans notre pays est un passage obligé avant l’entame d’une quelconque réforme», nous a confié un spécialiste de la question sociale.
Il est important de rappeler que les différentes dispositions mises en place pour le départ à la retraite ont vu le jour au lendemain des accords conclus entre le gouvernement algérien et le Fonds monétaire international et la Banque mondiale dans le cadre du plan d’ajustement structurel (PAS).
Ainsi, la retraite anticipée a vu le jour par le décret 94-10 du 26 mai 1994, qui stipule que l’intéressé doit avoir au minimum 50 ans d’âge (45 ans pour les femmes) et réunir un minimum de 20 ans d’activité.
Quant à l’ordonnance 97-13 du 31 mai 1997, elle avait pour objectifs l’assouplissement des conditions d’octroi de la retraite. Il s’agit de la retraite sans condition d’âge, qui stipule que le travailleur salarié doit accomplir une durée de travail effectif ayant donné lieu à 32 ans de cotisations au moins, alors que la retraite proportionnelle stipule que le travailleur salarié doit réunir une durée de travail effectif ayant donné lieu à versement de cotisations sur 20 ans au moins.
Rappelons que l’admission à la retraite proportionnelle ou sans condition d’âge n’intervient qu’à la demande express de l’intéressé. La phrase lâchée le 14 octobre dernier par le Premier ministre à Biskra a suscité des interrogations dans le monde du travail, notamment ceux comptant partir à la retraite dans le cadre de ces dispositions,
mais qui ne semblent pas réunir
dans l’immédiat les conditions exigées par la loi.
C’est ainsi qu’on indique de source sûre, qu’ils sont près de 200 000 personnes à avoir retiré auprès des agences de la CNR des formulaires de départ à la retraite. Lors de sa dernière sortie médiatique, le directeur général de la Caisse nationale de retraite, M. Melouka avait déclaré que pour le moment, l’organisme qu’il dirige «n’a pas été instruit pour revoir l’âge de départ à la retraite. Il reste à 60 ans, tout comme seront maintenues la retraite anticipée,
celle sans conditions d’âge (32 ans de service)
et enfin la retraite proportionnelle».
Il a, par ailleurs, soutenu que «le système de retraite en Algérie est l’un des meilleurs au monde. En ce sens que l’assiette de calcul de la retraite se fait sur les 5 années, voire sur les 5 meilleures années de salaires». Il ajoutera qu’aucun retraité classique ne perçoit en deçà du SNMG.
A. B.
Atlas-HD-200 B102 B118
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ZsFa