A la une/Économie_LE CRÉDIT À LA CONSOMMATION EST OPÉRATIONNEL
publié le 04 Février 2016
Inaccessible pour les petites bourses
Attention à la balance devises !
Le retour au crédit à la consommation est une bonne nouvelle pour la majorité des ménages.
Face à un pouvoir d’achat qui se réduit au fil des ans en peau de chagrin, le crédit à
la consommation s’avère une bouffée d’oxygène pour bon nombre de citoyens qui ne sont
plus obligés de payer cash les biens entrant dans l’équipement ou le renouvellement de l’équipement
de la maison : appareils électroménagers, ordinateurs, ameublement. Le remboursement du crédit
s’étalera sur plusieurs années. Une solution qui leur était auparavant inaccessible. Ils paieront
des échéances plus ou moins importantes selon la nature du bien acquis. Ils seront protégés du
surendettement par l’application du ratio traditionnel : le montant du paiement mensuel de l’échéance
ne doit pas dépasser 30% du salaire de l’employé. La Centrale des risques veille également à ce que
les ménages ne contractent pas plusieurs crédits auprès de plusieurs banques afin de ne pas alourdir
leur dette et donc éviter les impayés.Côté gris, le crédit à la consommation risque d’alourdir
la facture importations, d’autant que pour nombre de productions éligibles au crédit à la consommation,
le taux d’intégration est très modeste et donc font appel à des collections importées qu’il suffit juste de monter.
C’est ce qu’on appelle le SKD. L’obligation d’avoir un taux d’intégration significatif étant supprimée,
on a fait l’économie du contrôle sur pièces pour savoir s’il s’agit du SKD ou CKD qui, ne l’oublions pas,
a durant les années 90 ouvert les portes à une évasion fiscale à large échelle. En effet, certains opérateurs
ont fait passer des collections montées (SKD) pour des productions intégrées (CKD) et donc bénéficié
illégalement d’un taux de droits de douane réduit. Le crédit à la consommation version 2016 semble tolérer
cette absence de véritable valeur ajoutée. Le mécanisme du crédit à la consommation manque donc d’un instrument
de régulation qui encourage les industriels algériens à améliorer le taux d’intégration de leurs produits.
Quant au crédit véhicule, du fait du retard dans l’émergence d’une industrie d’assemblage de véhicules en Algérie,
Renault exerce un monopole qui ne dit pas son nom. En effet, seul producteur de véhicules en Algérie,
il est le seul concessionnaire éligible au crédit à la consommation. Cette situation a un double inconvénient
elle ne favorise pas la concurrence et la liberté de choix du client. Comme l’offre de Renault est très réduite
et comme le véhicule est devenu très cher, le crédit véhicule sera inaccessible pour les tranches inférieures
des couches moyennes.Mais face au prix élevé du véhicule,
le crédit à la consommation ouvre à de nombreux citoyens
la possibilité d’acquérir une voiture sans être obligés de la payer cash.
Ce produit destiné à l’acquisition de véhicules neufs deviendra plus intéressant dans le scénario où
notamment Peugeot et Volkswagen s’engageraient à leur tour dans le montage de véhicules particuliers en Algérie.
Dans ce cas de figure, les citoyens auront le choix entre plusieurs modèles et plusieurs marques
dans deux ou trois ans.Espérons in fine que le crédit à la consommation boostera la production locale
et améliorera le taux d’intégration des produits. Du coup, il contribuera à la réduction
de la facture importations. Encore faut-il que l’État joue son rôle de régulation.