Les familles accueillent la rentrée scolaire avec une grande angoisse
Les familles accueillent la rentrée scolaire avec une grande angoisse
DE NOUVELLES DEPENSES LES ATTENDENT APRES CELLES DU RAMADHAN,
DE L’AÏD ET DES FETES FAMILIALES
31-08-2016
Dans quelques jours, les enfants reprennent le chemin de l’école
après trois mois de vacances. Si les bambins sont contents de retrouver
leurs camarades de classes et d’écoles en vue notamment de leur
raconter leurs séjours éventuels en bord de mer, les parents accueillent
cette rentrée la peur au ventre. Comme chaque année, certes mais cette
année est particulièrement «chaude», en raison de la détérioration des
conditions sociales de l’Algérien. En raison surtout de la cascade
d’événements qui se sont succédés ces derniers mois et qui ont déplumé
les Algériens. Comment peut-il en être autrement quand les familles
algériennes, particulièrement les plus démunies, ont affronté les «affres»
du mois de Ramadhan, de l’Aïd el-Fitr, des fêtes familiales et s’apprêtent
à affronter le calvaire de la rentrée scolaire et de l’Aïd el-Kebir ? Il n’est pas
question ici de ces familles qui ont consenti un terrible sacrifice pour offrir
des vacances à leur progéniture, même si elles ne sont pas aisées ou
n’appartiennent pas à la «défunte» classe moyenne.La rentrée scolaire de
cette année sera plus difficile que les précédentes pour les familles
algériennes, surtout celles qui ne disposent qu’une seule rente mensuelle.
Pourquoi ? Parce que comme pour tous les produits importés, les articles
scolaires ont vu leurs prix augmenter de façon sensible. Ce qui n’est pas
fait pour arranger les affaires des parents d’élèves qui souffraient déjà avec
les prix pratiqués les années précédentes. Plus grave encore, les parents
d’élèves n’auront pas vraiment le choix, concernant certaines fournitures
scolaires. Ils seront condamnés à offrir à leurs enfants des produits importés
qui coûtent cher pour la simple raison que leurs équivalents produits
localement sont d’une telle qualité qu’ils sont carrément inutilisables.
D’ailleurs, de nombreux enseignants précisent la marque à leurs élèves
quand il s’agit d’un certain nombre d’articles pour que les parents n’achètent
pas des produits qui ne fonctionnent pas et qui ne serviront finalement à rien.
Ce ne sont pas les 3 000 dinars que les pouvoirs publics distribuent à chaque
rentrée scolaire qui vont venir au secours des parents «saignés» par des
dépenses quotidiennes de plus en plus élevées. Parce qu’il faut prendre en
considération la hausse enregistrée pour tous les produits de consommation, particulièrement ceux de première nécessité. La crise aiguë qui a frappé
l’Algérie suite à la chute du prix du baril de pétrole a paralysé l’Etat et ses
actions sociales en faveur des citoyens. L’importante dévaluation du dinar
finira bientôt par achever ce qui reste de l’éphémère classe moyenne qui s’est
constituée suite aux augmentations de salaires «consenties» il y a quelques
années. Ce sont toutes ces raisons qui font que c’est avec une grande angoisse
que les familles algériennes attendent la rentrée scolaire 2016-2017.
Une angoisse perceptible dans leurs discussions dans la rue, dans les
cafés maures et même dans les foyers. Les parents semblent rongés par la
psychose et pas uniquement à cause des dépenses qui les attendent mais aussi
à cause du nouveau programme scolaire qualifié de «deuxième génération».
Ils ont peur qu’ils ne le maîtrisent pas eux-mêmes puisqu’ils sont très sollicités
ces dernières années dans la scolarité de leurs enfants.
M. B.
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