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zadhand
23/10/2014, 11h03
Moines de Tibhirine : l'Algérie provoque l'indignation des familles

http://www.lefigaro.fr/medias/2014/10/23/PHO033fd170-5a90-11e4-925b-f90f5e178ec9-805x453.jpg




Publié
le 23/10/2014 à 10:40

Les autorités algériennes ont bloqué le transfert vers la France des échantillons prélevés sur les restes des sept religieux assassinés en 1996, enfin exhumés la semaine dernière. Les proches crient à l'entrave de la vérité.
Attendu depuis des mois, la mission d'experts français en Algérie pour tenter de faire enfin le jour sur les circonstances de la mort des moines de Tibhirine (http://plus.lefigaro.fr/tag/moines-de-tibehirine)débouche sur un scandale.A priori, contre toutes les règles droits, les autorités algériennes ont en effet refusé que les échantillons prélevés sur les moines soient transférés en France pour y être analysés. «Nous sommes indignés car leurs examens pourraient déboucher sur des avancées très significatives, a déploré Me Patrick Baudouin, avocat des familles. Cela n'était pas évident au départ mais la qualité des prélèvements pourrait fournir de précieuses indications, notamment permettre de savoir enfin si les décapitations sont ante ou post-mortem. Nous pourrions aussi dater précisément la date de la mort des moines, ce qui est capital.»
Selon les familles, qui attendent la vérité depuis dix ans sur l'assassinat de leurs parents, le blocage des preuves par l'Algérie est contraire à toutes les règles de droits.
«Souveraineté nationale»
Partie le 12 octobre dernier, l'équipe technique emmenée par le juge antiterroriste Marc Trévidic (http://plus.lefigaro.fr/tag/marc-trevidic)et sa collègue Nathalie Poux comprenait une quinzaine de personnes dont un médecin légiste, un anthropologue, un radiologue ainsi qu'un expert en empreintes génétiques. La mission était revenue en France samedi dernier. Après une réunion de «calage» le 13 octobre à Alger, les spécialistes avait disposé de quatre jours pour procéder aux examens des têtes au monastère de Notre Dame de l'Atlas de Tibéhirine, sur les hauteurs de Médéa, à 90 kilomètres au sud d'Alger.
À l'aide d'un scanner 3D mis à disposition par les autorités algériennes - dans un premier temps, les Français voulaient affréter leur matériel radiologique par avion-cargo -, la mission d'experts a aussi radiographié les crânes pour déceler d'éventuelles traces suspectes de perforations par balles. Et établir à quel moment les décapitations ont été effectuées.
Ces interrogations cruciales sont au cœur d'un dossier qui a pris, au fil des années, les contours d'une affaire d'État. En effet, si la culpabilité du Groupe islamiste armé (GIA) ne fait guère de doute aux yeux d'Alger, cette thèse officielle s'est écornée à mesure qu'ont afflué les témoignages.
Comme l'avait fait observer dès lundi dernier Tayeb Louh, ministre algérien de la Justice, le juge antiterroriste a travaillé sous l'autorité d'un juge algérien. Il s'agit «de souveraineté nationale», a lancé le ministre rappelant que cela correspond aussi aux «usages internationaux».
En retour, le magistrat algérien en charge du dossiers'est à son tour déplacé en France pour entendre deux témoins. Outre Pierre Le Doaré, chef de poste de la DGSE à Alger entre 1994 et 1996 ayant reçu l'émissaire du GIA, ce magistrat souhaitait entendre Jean-Charles Marchiani, lui aussi ancien officier des services.
Les familles françaises exhortent désormais l'Algérie de coopérer, en livrant enfin les éléments de preuve d'où peut jaillir enfin la vérité sur ce qui ressemble bel et bien à un scandale d'État.

harroudiroi
23/10/2014, 11h35
Attendons ce voir les suites de cette affaire, quoi qu'il en soit, le monde arabe traine trop de cadavres dernière lui.

harroudiroi
23/10/2014, 21h49
Moines de Tibéhirine : l'hypothèse d'une « bavure » de l'armée algérienne relancée par un témoin




Enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère isolé Notre-Dame-de-l'Atlas, au sud d'Alger, puis assassinés, les sept moines français de Tibéhirine n'auraient peut-être pas été tués par des islamistes, comme le veut la version officielle. Selon le témoignage de l'ancien attaché militaire français à Alger, une « bavure » de l'armée algérienne serait à l'origine de leur mort. L'enquête va donc être relancée.




Attribué à un groupe islamiste, le massacre des sept moines de Tibéhirine en 1996 résulterait d'une « bavure » de l'armée algérienne, selon le témoignage de l'ancien attaché militaire français à Alger devant le juge antiterroristes chargé de l'enquête.


Dévoilé par Le Figaro, Mediapart et L'Express, ce témoignage constitue, pour l'avocat des parties civiles, Maître Patrick Baudouin, la preuve qu'il y a eu « dissimulation de la part des autorités algériennes et certainement de la part des autorités françaises » sur les circonstances de la mort de ces sept religieux français au printemps 1996.


Selon ce témoin, François Buchwalter, un général à la retraite, les moines ont été tués dans un raid d'hélicoptères militaires alors qu'ils se trouvaient dans ce qui semblait être « un bivouac de djihadistes ».
« Les hélicoptères de l'armée algérienne ont survolé le bivouac d'un groupe armé et ont tiré, s'apercevant ensuite qu'ils avaient non seulement touché des membres du groupe armé mais aussi des moines », selon une source proche du dossier, rapportant les propos du général.


Le témoin a affirmé au magistrat tenir ses informations d'un ancien camarade algérien de l'école militaire de Saint-Cyr, dont le frère, à l'époque chef d'une escadrille d'hélicoptères à Blida, à mi-chemin entre Tibéhirine et Alger, avait participé à cette « bavure ».


Toujours selon cette source, le général Buchwalter a relaté au juge Trévidic que « les corps des moines étaient criblés de balles ».


Les sept religieux français avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère isolé Notre-Dame-de-l'Atlas-, au sud d'Alger, ceinturé de maquis contrôlés par les groupes armés islamistes et où les tueries étaient alors fréquentes. Le Groupe islamique armé (GIA), alors dirigé par Djamel Zitouni, avait revendiqué cet enlèvement.


Le 30 mai 1996, l'armée algérienne affirmait avoir découvert les dépouilles des moines. Seules les têtes avaient en fait été retrouvées.




Avant ces révélations de François Buchwalter, jugées « crédibles » par Maître Baudouin, d'autres témoignages d'officiers algériens en rupture de ban avaient relevé le rôle trouble des autorités algériennes, accusant Alger d'avoir manipulé le groupe armé qui avait enlevé les moines.


L'ancien attaché militaire a affirmé avoir appris la mort des moines dans le raid d'hélicoptères « quelques jours après les obsèques » des victimes. Il aurait à l'époque informé les autorités françaises, le chef d'état-major des armées et l'ambassadeur, dans un rapport.


« Il n'y a pas eu de suite, ils ont observé le black-out demandé par l'ambassadeur », selon cette source proche du dossier, citant la déposition du général Buchwalter devant le magistrat.


Ce témoignage est « la confirmation de ce que nous disons depuis l'origine, que c'est l'omerta qui a prévalu au nom de la raison d'État », a défendu Maître Baudouin, par ailleurs président d'honneur de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).


L'avocat a indiqué à l'AFP qu'il exigerait la levée du secret défense « pour obtenir les rapports envoyés (par François Buchwalter, ndlr) au chef d'état-major des armées et à l'ambassadeur ». En outre, il demandera les auditions d'Hervé de Charette, à l'époque ministre des Affaires étrangères, d'agents des services de renseignement français ainsi qu'une nouvelle audition de Michel Lévêque, ambassadeur à Alger au moment des faits.

harroudiroi
24/10/2014, 09h12
L'Algérie refuse que les échantillons prélevés sur les restes des sept moines de Tibéhirine assassinés en 1996 soient transférés en France pour être analysés, selon l'avocat des familles, qui dénoncent une "confiscation des preuves".

L'affaire des moines de Tibéhirine se heurte à un nouveau blocage. L'avocat des familles des victimes, Me Patrick Baudoin, a révélé jeudi 23 octobre, lors d'une conférence de presse à Paris, que le juge antiterroriste français en charge de l'enquête, Marc Trevidic, n'avait pas été autorisé à rentrer en France avec les prélèvements ADN effectués sur les restes des religieux assassinés en 1996.

"Le juge algérien a refusé le retour des scellés en France", a expliqué Me Baudoin, qui a dénoncé une "confiscation des preuves par les autorités algériennes". La semaine dernière, le juge Trevidic s'était rendu à Alger avec sa collaboratrice Nathalie Poux pour assister à l'exhumation des têtes des religieux, pour les besoins des expertises. Les scientifiques missionnés en Algérie estimaient que dix-huit ans après les faits, les crânes étaient suffisament bien conservés pour leur permettre d'en savoir plus sur l'assassinat des moines.

harroudiroi
24/10/2014, 09h13
Comme quoi, qui se sont viser se mouche

slimh24
24/10/2014, 09h38
La réalité est souvent maquillée à des fin politico-Economique, nous ne sommes que des spectateurs d'une tragédie orchestré par des stratèges qui manipulent avec aisance l'opinion publique pour assouvir leur soif de pouvoir dans cette "Dounia". Hélas chacun peut devenir le pion d'un groupe ou d'un individu sans même en prendre conscience. Je ne fais qu'un constat mais en gros je ne fais RIEN ! Que faire si ce n'est prendre du recul pour ne pas avaler la maudite pilule !

Enzo
24/10/2014, 10h02
Je ne connais pas l'affaire ou du moins tres peut, seul ce que je lis ici, ma premiere reaction est: les familles de ces pauvres moines ont droit a la veritè quelle quelle soit.

jim63
24/10/2014, 10h47
salam
c est une affaire politique qu on le veuille le vouliez ou non !
"Les anciens militaires algériens expliquent qu'en soignant les maquisards islamistes, les moines exaspéraient les patrons du DRS précisément chargés d'éradiquer les insurgés. Que les autorités avaient exigé à plusieurs reprises que les moines quittent Tibhirine, sans succès. Et qu'en 1996, le général Smain Lamari, alors patron de la Direction du contre-espionnage, avait fini par se résoudre à faire enlever les moines sous couvert d'une "opération islamiste de Djamel Zitouni".
voilà la version officieuse.
Et c est cette théorie que souhaite vérifier le gouvernement français

les moines de tibherine,paix a leurs âmes,ont vécu et sont morts en Algérie, c étaient leurs "mektoub".
ils faut les déterrés pour connaitre les causes exactes de leurs morts ..et alors ...!
nous savons qu ils ont été assassiné,je pense que l Algérie a assez souffert durant cette période,il ne faut pas ravivez les vieilles blessures,qui plus ai ,la politique de la France vis a vis de l Algérie durant cette période n a pas toujours été clair..!
pour terminer je dirais que si le gouvernement Hollande souhaite avoir des rapports compliqué avec l Algérie il ne s y prendrait pas autrement .


ps :les civilisations qui ont le plus tués ne sont celles que l on croit,il suffit d ouvrir un livre d histoire ,le guerres mondiales en sont la preuve .

harroudiroi
26/10/2014, 11h14
Les premières constatations et l'expertise préliminaire, plaident en faveur de la non responsabilité de l'armée algérienne ( j'en suis le premier heureux ), parceque je me permet de le REdire: j'ai vu de mes yeux ce que peuvent faire les fanatiques d'une cause ou d'une religion. Toute fois attendons de voir le résultat définitif, mais si j'ai un vœux à faire'.............'Décryptage : où en est l'enquête sur la mort des moines de Tibhirine ? - Vidéo Dailymotion (http://www.dailymotion.com/video/x28i3cv_decryptage-ou-en-est-l-enquete-sur-la-mort-des-moines-de-tibhirine_news?start=76#from=embediframe)

Les moines du monastère de Tibhirine, assassinés en mai 1996. © AFP
Au lendemain de l'opération d'exhumation des restes des crânes des sept moines de Tibhirine, assassinés en 1996 en Algérie, où en est l'enquête ? Décryptage avec notre journaliste Farid Alilat
Plus de vingt ans après l'assassinat des moines de Tibhirine, le juge français Marc Trévidic, en charge de l'enquête, a assisté à une opération d'exhumation des restes des crânes des sept moines, sous la supervision d'un magistrat algérien. Mais les autorités algériennes refusent qu'il emporte les prélèvements effectués par les experts qui l'accompagnaient. Où en est l'enquête ? Décryptage avec notre journaliste Farid Alilat.
À la suite du séjour du juge Trévidic en Algérie, l’enquête sur l’assassinat des sept moines de Tibhirine, enlevés puis exécutés en 1996 en Algérie, a-t-elle avancé ?

A l’évidence oui. Pour la première fois depuis 2003 date de l’ouverture d’une information judiciaire en France, un juge français accompagné par des experts, des médecins légistes, un radiologue et un photographe de l’entité judiciaire ont pu se rendre courant octobre au monastère de Tibhirine où ont été enterrées les têtes des sept moines. Sur place, assistés par une équipe algérienne, ils ont pu exhumer les crânes et effectuer une batterie d’analyses médico-légales qui pourront déterminer les conditions dans lesquelles les victimes ont été tuées.
Retrouvez le décryptage de notre journaliste Farid Alilat en vidéo :

Que disent ces premières expertises ?
D’abord, il n’y a pas d’impacts de balles sur cinq de sept crânes des religieux qui ont été examinés. Il faudrait encore pratiquer des tests ADN sur les deux autres crânes pour déterminer si ce sont bel et bien ceux des deux moines restants. Cette première constatation est importante dans la mesure où elle élimine la thèse d’une bavure de l’armée algérienne avancée en 2009 par le général Buchwalter, attaché militaire à l’ambassade de France au moment de la mort des religieux.
Devant le juge d’instruction, Buchwalter rapporte le témoignage d’un officier de l’armée algérienne dont le frère pilote a participé à une opération de ratissage dans les lieux où ont été séquestrés les moines. Au cours de cette opération, l’aviation algérienne a tiré par erreur sur le campement en tuant au passage les otages français. Embarrassée par la tournure des événements, l’armée aurait donc procédé à la décapitation des moines pour faire croire à un assassinat par les terroristes. La thèse d’une bavure de l’armée tombe devient aujourd’hui caduque.
Les experts sont-ils donc sûrs que les décapitations ont eu lieu après l’exécution des moines ?
Les experts y croient fortement, mais ils n’ont pas de conviction définitive. Les conclusions seront faites une fois toutes les analyses réalisées prouveront que la décapitation des sept moines est post-mortem.
Ils possèdent néanmoins aujourd’hui assez d’indices pour estimer que les têtes ont été tranchées plusieurs jours avant que le GIA n’annonce le 21 mai 1996 qu’il a décapité les sept religieux. Cette décapitation pourrait même être intervenue avant la venue d’un émissaire du GIA à l’ambassade de France à Alger le 30 avril 1996 pour remettre une preuve de vie des moines. Or les autorités algériennes s’en tiennent officiellement à la version selon laquelle le GIA a enlevé, séquestré et tué les moines avant de revendiquer cet acte barbare dans un communiqué. D’ailleurs, les dépouilles n’ont jamais été retrouvées.
Les constations des experts français fragilisent de fait cette thèse défendue par Alger et par certains médias algériens. Ont-ils été tués par balle, puis décapités ? Ont-ils été assassinés par un groupe rival du GIA ? Le communiqué de ce dernier est-il un faux ? Ont-ils succombés à une bavure ? C’est ce que l’enquête judiciaire s’attachera maintenant à déterminer en appuyant sur cette batterie d’expertises médico-locales.

Pourtant, les familles des victimes accusent à nouveau les autorités algériennes d’entraves à l’enquête...

Les autorités algériennes refusent aujourd’hui que les prélèvements qui ont été effectués par les experts algériens et français soient acheminés en France pour être analysés et étudiés. Ils expliquent que ceci est un problème de souveraineté nationale, que la justice algérienne fera les analyses avant de transmettre ses conclusions à Paris. Or le magistrat français et les familles des victimes doutent de la sincérité des autorités algériennes d’autant que les prélèvements doivent être absolument protégés d’une façon draconienne pour éviter leur détérioration.
Ils estiment donc que ce refus compromet la suite de l’enquête, du moins il l’entrave. On a comme l’impression qu’à chaque fois que l’enquête avance, les autorités algériennes posent une nouvelle embuche, laissant penser qu'elles s'obstinent à tout faire pour que la vérité ne soit pas connue.
> > Pour aller plus loin : Infographie : l'assassinat des moines de Tibhirine vu selon les différents protagonistes

Quelles seront les suites de cette affaire ?

Même si elles l’ont toujours dénoncé, les autorités algériennes doivent être soulagées que la thèse de la bavure soit écartée. Il faudrait donc qu’elles lèvent les entraves sur l’acheminement en France de ces prélèvements pour lever les doutes et éviter les soupçons.
C’est d’autant plus nécessaire qu’une convention lie l’Algérie à la France en matière d’entraide judiciaire. Les familles des victimes exhortent Alger à agir dans ce sens. Elles ne vont pas manquer de mettre la pression, comme elles l’ont déjà fait, sur le gouvernement et le président français pour qu’ils interviennent auprès de leurs homologues algériens. Si les prélèvements sont analysés dans les prochaines semaines, on pourrait avoir les premières conclusions dans un délai maximal de quatre mois.

harroudiroi
26/10/2014, 11h39
Tibhirine, «La thèse d’une bavure militaire fragilisée» : Baudouin se rend à l’évidence

le 26.10.14 | 10h00 1 réaction


| © D. R.
Les moines trappistes du monastère de Tibhirine assasinés...
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Face aux preuves matérielles, l’avocat des familles des moines de Tibhirine finit par admettre que «la thèse d’une bavure de l’armée algérienne est fragilisée par l’absence d’impact de balle constatée sur les crânes». Cette thèse, avancée par un ex-haut gradé de l’armée française en juillet 2009, avait été jugée par ce même avocat de «crédible».


L’avocat des familles des moines de Tibhirine, Patrick Baudouin, a fini, 18 ans après leur assassinat, par reconnaître, malgré lui, que la thèse d’une bavure militaire, énergiquement défendue, ne tient plus la route. Dans une conférence de presse tenue jeudi à Paris, Me Baudouin a affirmé que «la thèse d’une bavure de l’armée algérienne est fragilisée par l’absence d’impact de balle constatée sur les crânes». Les crânes, exhumés sous la supervision du juge français en charge de l’affaire, à savoir Marc Trévidic, étaient en effet intacts. Ainsi, après avoir défendu bec et ongles cette thèse basée sur un témoignage indirect selon lequel les hélicoptères de l’ANP avaient tiré sur le bivouac où auraient été détenus les moines, cet ancien président de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), partisan du «qui tue qui ?» en Algérie, a été ramené à l’évidence à travers une preuve matérielle irréfutable.

Une preuve capitale dans cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre et continue à le faire. Car c’est par cette hypothèse, émise par le général à la retraite François Buchwalter et vite reprise par les «qui tue qui ?» et leurs relais médiatiques, que l’affaire des moines de Tibhirine a été relancée en 2009. En effet, le général à la retraite Buchwalter, en poste à l’époque des faits à l’ambassade de France, avait fait part au juge Trévidic de «confidences» d’un ancien militaire algérien, dont le frère avait été aux commandes d’un hélicoptère lors de l’attaque. Des confidences qu’il aurait eues quelques jours après les obsèques des moines.

Ces simples déclarations d’un ancien haut gradé de l’armée française ont permis au juge Trévidic de poursuivre cette affaire et de continuer à faire pression sur Alger pour exhumer les crânes des moines et les «faire parler». «Les hélicoptères de l’armée algérienne ont survolé le bivouac d’un groupe armé et ont tiré, s’apercevant ensuite qu’ils avaient non seulement touché des membres du groupe armé, mais des moines. Ils se sont ensuite posés. Ils ont pris des risques. Une fois à terre, ils ont découvert qu’ils avaient notamment tiré sur les moines. Les corps des moines étaient criblés de balles. Ils ont appelé par radio le CTRI de Blida», avait déclaré le général devant le juge Marc Trévidic.

Ces propos, rendus publics en premier lieu par le journal de droite française Le Figaro et le site Mediapart, comme par hasard, le 5 juillet 2009, avaient vite été relayés par les agences de presse et d’autres médias français. A l’époque, Me Baudouin se réjouissait du témoignage de l’ancien général français, qu’il avait qualifié de «preuve qu’il y a eu dissimulation» de la part d’Alger et de Paris. Il avait estimé que ce témoignage est «crédible» et «constitue une avancée très significative dans ce dossier». «C’est la confirmation de ce que nous disons depuis l’origine, que c’est l’omerta qui a prévalu au nom de la raison d’Etat», avait-il indiqué à la presse.

Aujourd’hui, après l’exhumation des crânes, le témoignage du général Buchwalter a été bel et bien démenti par des preuves scientifiques et l’argumentaire de Me Baudouin a été déconstruit. Tous les experts algériens et étrangers avaient exclu la thèse d’une bavure militaire avancée par Buchwalter en ce sens que des tirs à partir d’hélicoptère ne pouvaient que déchiqueter les corps. «L’armée algérienne dispose d’hélicoptères de type Mil Mi-8, Mi-17, Mi-117, Mi-24 et Mi-25. Ces hélicoptères d’assaut sont équipés d’un canon de 12,7 mm et de quatre pylônes pour l’emport de quatre paniers de roquettes ou quatre bombes de 250 kg. Ce genre d’appareil ne peut pas être équipé d’armes de poing ou de mitraillettes pour avoir des corps criblés de balles, comme le dit le général, mais ils sont bel et bien dotés de canons dont les projectiles, s’ils percutent un corps humain, le déchiquettent», avait attesté un expert en aéronautique le 9 juillet 2009 dans les colonnes d’El Watan.

Le démontage de cette thèse, longtemps entretenue pour fragiliser l’armée algérienne, constitue une première défaite pour les partisans du «qui tue qui ?» qui espéraient, enfin, trouver la preuve de leur thèse farfelue à travers l’affaire des moines trappistes. Car l’assassinat des moines de Tibhirine avait été revendiqué par le Groupe islamique armé (GIA). Dans un communiqué diffusé le 21 mai 1996, le GIA avait annoncé avoir exécuté les «otages», accusant la France d’avoir «trahi» les négociations. L’enquête que mène actuellement le juge algérien pourrait peut-être apporter des éclairages sur ces «négociations secrètes» françaises sur le territoire algérien.

slimh24
27/10/2014, 08h14
"La bouche elle-même ne comprend pas la salive. (http://www.linternaute.com/proverbe/465/la-bouche-elle-meme-ne-comprend-pas-la-salive/)"

Explication : Le menteur chronique, le mythomane ne sait plus lui-même démêler le vrai du faux dans ce qu’il dit.

harroudiroi
27/10/2014, 10h46
"La bouche elle-même ne comprend pas la salive. (http://www.linternaute.com/proverbe/465/la-bouche-elle-meme-ne-comprend-pas-la-salive/)"

Explication : Le menteur chronique, le mythomane ne sait plus lui-même démêler le vrai du faux dans ce qu’il dit.

Trop bonne

jim63
27/10/2014, 11h19
salam
je pense que tu as fais le tour du sujet mon ami,je partage ton opinion.
il y a des tentatives de la part de la France de mettre le gouvernement Algérien sous pression.

harroudiroi
27/10/2014, 11h44
Salam et salut à tous,
toute fois, attendons de voir les résultats définitifs de l'expertise médico légale afin que chacun de nous se forge son opinion en prenant en considération toutes les hypothèses.
Je compatis à souffrance des parents des défunts moines et surtout, je reste, un spectateur assommé par ce qu'il leur est arrivé. Le crois qu'aucun mot ne saurai exprimer mon chagrin et ma tristesse quant à leur destin et leur fin très tragique, qu'ils reposent enfin en paix.

zadhand
02/07/2015, 19h13
A LA UNE ACTUALITE/Révélations
le 02.07.15 | 14h33



De nouvelles révélations sur l'assassinat des Moines de Tibéhirine



Sept moines français, enlevés à Tibéhirine, en Algérie, en 1996, ont vraisemblablement été tués plusieurs semaines avant la date avancée dans une revendication d'islamistes algériens, selon une expertise judiciaire dont l'AFP a eu connaissance jeudi.



Seules les têtes avaient été retrouvées et leur analyse évoque l'hypothèse d'une décapitation après les décès qui avaient provoqué une vive émotion en France. Trois thèses coexistent pour expliquer ce crime: la version officielle algérienne d'un acte imputable au Groupe islamique armé (GIA), celle d'une bavure de l'armée algérienne, ou celle d'une manipulation des services militaires algériens pour discréditer le GIA ou se débarrasser des moines, enlevés dans leur monastère dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, en pleine guerre civile.

"L'hypothèse d'un décès entre le 25 et le 27 avril 1996, tel qu'il est évoqué dans une pièce de procédure, apparaît vraisemblable", selon les conclusions de cette expertise datée de lundi et présentée jeudi aux proches des sept moines assassinés. Ce délai ne peut que renforcer les interrogations des familles, qui doutent de la thèse officielle.

Les auteurs d'un communiqué signé du GIA rendu public le 23 mai 1996 et daté du 21 avaient revendiqué les assassinats et affirmé avoir envoyé, le 30 avril 1996, "un messager à l'ambassade de France" pour "confirmer que les moines sont toujours vivants", ainsi qu'"une lettre qui précise la façon de négocier". Ces dates ne concordent pas avec l'expertise, dont les résultats ont été présentés jeudi aux familles par le juge antiterroriste français Marc Trévidic.

Autre élément troublant qui renforce la thèse d'une manipulation pour masquer les causes de la mort des religieux: les résultats des examens des têtes des moines plaident "en faveur d'une décapitation post mortem", selon l'expertise. Les têtes, retrouvées au bord d'une route le 30 mai 1996, ont sans doute été exhumées pour être de nouveau enterrées: "Les éléments botaniques et la présence de terre différente de celle du cimetière de Tibéhirine observés dans et sur les crânes sont en faveur d'une première inhumation", estiment les experts.

"En l'absence des corps" qui n'ont jamais été retrouvés, la cause des décès "ne peut pas être affirmée", mettent-ils toutefois en garde.
"Il est retrouvé des lésions évocatrices d'égorgement chez trois d'entre eux,
égorgement suffisant pour être à l'origine directe de la mort", notent-ils aussi.

En revanche, les têtes ne présentent pas de traces de balles, ce qui fragilise la thèse d'une bavure de l'armée algérienne qui aurait tué par erreur les moines en tirant depuis un hélicoptère sur un bivouac jihadiste. De même, les experts, qui s'étaient rendus en Algérie en octobre avec le juge Trévidic pour exhumer les têtes des moines, n'ont pas relevé "de lésions pouvant correspondre à des coups portés directement par objet contondant".

Mais, là encore, "en raison de l'absence des corps, il n'est pas possible de dire s'il y a eu (...) des mauvais traitements, coups ou tortures". Les experts regrettent que les autorités algériennes ne les aient pas laissés ramener les prélèvements faits sur place:
"La transmission et l'exploitation des prélèvements
réalisés lors de l'exhumation sont hautement souhaitables".



AFP

zadhand
22/12/2015, 18h09
A la une Actualité_Christiane Taubira en visite à Alger
le 22.12.15 | 10h00



«Beaucoup d’incompréhension et de malentendus dans l’affaire Tibhirine»

Il est urgent que les familles des moines assassinés à Tibhirine puissent connaître ce qui s’est passé. Le nombre de Français ayant rejoint Daech est de 25 000, dont plus de 50% sont des convertis, 2000 sont impliqués directement, 6000 sont dans les zones de combat. Ce sont quelques propos tenus lors d’une conférence de presse animée hier par le ministre de la Justice, Tayeb Louh, et son homologue française, Christiane Taubira.
L ors de la conférence de presse animée hier à Alger, le ministre de la Justice Tayeb Louh et son homologue française, Christiane Taubira, sont revenus sur plusieurs sujets : les enquêtes sur l’assassinat des moines de Tibhirine, à Médéa, les attentats de Paris en novembre dernier, mais aussi sur les Français enrôlés dans les rangs de Daech, les Algériens détenus à Guantanamo, la lutte antiterroriste et la coopération judiciaire entre les deux pays, renforcée par une convention juridique entre les deux ministères. Lors de cette séance de questions-réponses, c’est la ministre française qui a eu la part du lion.
En visite de trois jours à Alger, Christiane Taubira s’est exprimée avec beaucoup de non-dits qui, pourtant, en disent long. D’abord sur la question de l’enquête française sur l’assassinat des moines de Tibhirine : «La procédure relative à cette enquête se poursuit. Elle prend beaucoup de temps.» Et de préciser : «Il reste quelques actes d’experts à accomplir.» Elle reconnaît néanmoins que ce dossier a connu «beaucoup d’incompréhension et de malentendus» mais, dit-elle, «il est urgent que les familles puissent connaître ce qui s’est passé et mettre un terme à ce dossier». Elle n’en dit pas plus.
La ministre est restée très prudente quant aux réponses relatives aux attentats de Paris, prétextant le fait que «la procédure est toujours en cours». Selon elle, l’enquête se poursuit avec la «désignation de 6 juges d’instruction», soulignant que «les 6 demandes d’entraide pénale lancées ont obtenu des réponses». «Deux sur les 9 auteurs des attaques n’ont pas encore été identifiés», indique la ministre française. Sur les «combattants étrangers» enrôlés par Daech, Mme Taubira affirme que le nombre de Français recrutés par ce groupe terroriste qui active en Syrie et en Irak, a atteint les 25 000, dont plus de 50% sont des convertis.
Parmi eux, 2000 sont impliqués directement et 6000 sont dans les zones de combat. Elle dit avoir recensé 700 personnes candidates à l’enrôlement, 250 autres sont dans les zones de transit en attendant de rejoindre les territoires de Daech, 250 ont fait le chemin du retour et 145 sont mortes dans les combats. Elle évoque la plateforme d’appel mise en place par les autorités françaises qui «a permis la signalisation de 3900 personnes, dont 70% sont des hommes
et 77% des majeurs alors que 10% seulement partent officiellement».
Concernant le rôle de l’Algérie dans la lutte antiterroriste, Mme Taubira reste néanmoins énigmatique. Autant elle fait l’éloge des autorités qui «ont disséqué seuls» les groupes terroristes autant elle insister sur le fait «qu’aujourd’hui les modes opératoires de ces derniers ont changé» et «appellent à une autre vision» de cette lutte. «L’expérience de l’Algérie est utile. Elle a réussi à disséquer le mode opératoire des groupes terroristes. Aujourd’hui, le terrorisme connaît une autre échelle, adopte d’autres modes opératoires et, de ce fait, appelle à d’autres méthodes et d’autres expériences. Il s’agit d’agir d’abord des réseaux de financement du terrorisme.
Nous le faisons au niveau européen et multinational. Nous savons qu’il peut être massif à travers la rente pétrolière, complexe à travers la criminalité organisée, le trafic de drogue, d’armes et la contrebande, et enfin discret par les microfinancements et les crédits à la consommation», déclare la garde des Sceaux française. Interrogée sur les 140 perquisitions administratives ayant ciblé des Français, surtout d’origine maghrébine, Mme Taubira répond : «Le pays est en droit de se protéger et l’Exécutif doit prendre les mesures nécessaires. Tous ces actes sont pris sous le contrôle de la justice.» Elle rappelle une circulaire qu’elle a signée avec son homologue de l’Intérieur, «obligeant les services de sécurité à agir
en présence d’un officier de la police judiciaire lors des perquisitions administratives».
A propos des difficultés que rencontrent, en France, les Algériens qui adoptent des enfants dans le cadre de la kafala, la ministre de la Justice française reconnaît une «certaine incompréhension» de la procédure de la kafala, qui, selon elle, «est une pratique qui relève du système parental, nécessitant une meilleure connaissance. La kafala est un sujet majeur, mais moins compliqué que l’adoption dans les pays européens».



Signature d’une convention de coopération institutionnelle


Les ministres de la Justice Tayeb Louh et Christiane Taubira, ont signé, hier, une convention de coopération institutionnelle dans le domaine judiciaire qui englobe la lutte antiterroriste, la réforme de la politique pénitentiaire et la prise en charge des mineurs.
Cette convention devra «renforcer la coopération bilatérale à travers la promotion de l’échange de connaissances et d’expertises, la coopération entre les écoles de formation des professionnels de la justice et le jumelage entre les institutions judiciaires».
A cette occasion, M. Louh a indiqué que la relation établie entre les institutions judiciaires en Algérie et en France «a franchi un grand pas» à travers la signature d’une série de conventions dans le cadre de la coopération institutionnelle qui ont donné au partenariat bilatéral une grande dimension humanitaire».
Il a rappelé la Déclaration d’Alger sur l’amitié et la coopération entre les deux pays qui «constitue un cadre juridique qui encourage les deux parties à aller de l’avant dans leur coopération bilatérale».
Pour sa part, Mme Taubira reconnaît les lourds sacrifices des Algériens dans leur lutte contre le terrorisme en disant : «J’ai senti chez les Algériens ce sentiment d’avoir combattu seuls, d’avoir été abandonnés et parfois mis au ban.» Mais dit-elle, le terrorisme «n’est plus celui d’hier et exige des réponses nouvelles». Salima T.



Salima Tlemçani

SIDALI55
11/06/2016, 05h24
https://lh3.googleusercontent.com/-Y_sGGTM6S-M/V1r5tS93bkI/AAAAAAAJY5I/tl8I4etG_3cp3iayFTCbBOcjjvdIbcE-wCHM/s160-c/Dos750JPzCPojjHhPTt-iV10QoQ-592x296.jpg (https://lh3.googleusercontent.com/-Y_sGGTM6S-M/V1r5tS93bkI/AAAAAAAJY5I/tl8I4etG_3cp3iayFTCbBOcjjvdIbcE-wCHM/Dos750JPzCPojjHhPTt-iV10QoQ-592x296.jpg?imgmax=576)Évolution significative dans l’enquête française sur la mort des moines de Tibhirine. Une juge française a pu ramener d’Algérie des prélèvements des têtes des moines français qui avaient été enterrés dans le cimetière du monastère de Tibhirine (Médéa), a appris l’AFP auprès d’une source judiciaire et de l’avocat de familles.
Pour la première fois depuis 2003, date de l’ouverture d’une information judiciaire en France, l’ancien juge français, Marc Trévidic, accompagné par des experts, des médecins légistes, un radiologue et un photographe avaient pu se rendre en octobre 2014 dans ce monastère où ont été enterrées les têtes des sept moines qui avaient été enlevés en mars 1996 avant d’être décapités deux mois plus tard.
« Confiscation des preuves »
Des prélèvements avaient été effectués sur les crânes des religieux, mais les autorités algériennes avaient refusé que ces échantillons soient ramenés en France pour les besoins de l’enquête. Depuis, les proches des moines ainsi que leur avocat n’ont eu de cesse de dénoncer une « confiscation des preuves » par Alger.
Les autorités algériennes s’étaient gardées de livrer ces échantillons en expliquant que cette affaire relevait de la souveraineté nationale et que les experts algériens étaient en mesure de procéder aux analyses avant de transmettre leurs conclusions à Paris. Le magistrat français et les familles des victimes doutaient de la sincérité du gouvernement algérien d’autant, expliquent-ils, que les prélèvements devaient y être absolument protégés d’une façon draconienne pour éviter leur détérioration.
Trois thèses pour expliquer la tragédie
Les sept moines du monastère de Tibhirine avaient été enlevés par un groupe armé dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, au cœur de la guerre civile qui faisait rage en Algérie. Selon un communiqué du Groupe islamique armé (GIA) daté du 21 mai et revendiqué depuis Londres, les sept religieux ont été décapités. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés.
Pour les autorités algériennes, le crime porte la signature officielle du GIA. Cette thèse n’a jamais été admise par les familles et les proches des sept religieux qui réclament encore aujourd’hui la vérité sur leurs enlèvements et leurs assassinats. Depuis vingt ans, trois thèses sont avancées pour expliquer cette tragédie : celle d’un acte perpétrée par les groupes islamiques armées, une bavure de l’armée algérienne ou une manipulation des services secrets algériens.
Que disent les premières analyses effectuées en Algérie ?
Les experts ont constaté qu’il n’y a pas d’impacts de balles sur cinq des sept crânes examinés. Cette première constatation est importante car elle affaiblit la thèse d’une bavure de l’armée algérienne avancée en 2009 par le général Buchwalter, attaché militaire à l’ambassade de France au moment de la mort des religieux. Selon cette thèse, l’aviation algérienne aurait tiré par erreur sur le campement tuant les otages français. L’armée aurait alors procédé à la décapitation des moines pour faire croire à un assassinat par les terroristes.
Les décapitations ont-elles eu lieu après l’exécution des moines ?
Les experts français y croient bien qu’ils n’ont pas de conviction définitive sur le sujet. Néanmoins, ils sont en possession d’indices suffisants pour estimer que les têtes ont été tranchées plusieurs jours avant que le GIA n’annonce le 21 mai 1996 avoir décapité les sept religieux.
Les constations des experts français fragilisent de fait cette thèse défendue par Alger et par certains médias algériens. Ont-ils été tués par balle, puis décapités ? Ont-ils été assassinés par un groupe rival du GIA ? Le communiqué de ce dernier est-il un faux ? Ont-ils succombé à une bavure ? C’est ce que l’enquête judiciaire s’attachera à déterminer maintenant qu’Alger a accepté de livrer à la justice française ces fameux échantillons.
L’affaire des moines de Tibhirine aura été un vrai sujet de crispation dans les relations déjà tumultueuses entre l’Algérie et la France. La remise de ces prélèvements devrait donc dépassionner les débats autour de ce dossier et permettre peut-être d’approcher la vérité sur le rapt et la mise à mort de ses sept moines dont le souvenir reste encore vivace en Algérie vingt ans après leur disparition.

zadhand
14/06/2016, 13h16
Tibhirine
Enfin la vérité ?


http://www.maghreb-sat.com/forum/attachments/f13/24144d1465244805-sharing-europe-zapto-org-2015-user-pass-t%E9l%E9chargement-5-.jpg

le 14.06.16|10h00


L’enquête sur l’assassinat des moines de Tibhirine tire-t-elle
à sa fin, après le transfert des échantillons prélevés sur
les crânes des victimes ? Après plus d’une décennie de
bataille judiciaire et de polémiques incessantes,
le dossier semble évoluer à présent, croit-on savoir,
dans un climat plus serein, vers l’éclatement de la vérité.

24401

L’enquête sur l’assassinat des sept moines de Tibhirine, en mai 1996,
après leur séquestration par un groupe terroriste, tire à sa fin, après
la remise par l’Algérie, des prélèvements effectués sur les crânes des
victimes. La décision est intervenue après une série de refus et de
polémiques ayant suscité des tensions dans la gestion de ce dossier
purement judiciaire, transformé par la force du temps et des changements
de juges en une affaire politique.Elle a été favorisée, nous dit-on de source
sûre, par «le climat de sérénité» dans lequel se déroule les négociations
entre les justices des deux pays. Il faut dire que le juge Marc Trévidic, sous
la pression des familles des moines, a donné du fil à retordre aux autorités
algériennes, auprès desquelles il a toutefois obtenu l’accord pour l’exhumation
des crânes et effectuer des prélèvements afin de déterminer la cause de leur
mort. Le juge français voulait tout simplement conforter la thèse de la
«bavure militaire» défendue par les partisans du «qui tue qui ?».
Du côté algérien, les auteurs de cet acte ignoble sont tous connus et identifiés.
Des témoins de premier rang, des terroristes repentis, élargis ou ayant purgé
leurs peines, sont unanimes à confirmer cette thèse et l’enquête est ouverte.
En 2001, le juge Jean-Louis Bruguière se déplace en Algérie et obtient le
dossier ficelé. En 2007, son jeune confrère, Marc Trévidic, le remplace.
Il s’intéresse de très près aux témoignages qui imputent ce massacre à l’ANP.
Dans ce climat délétère, Trévidic demande à se rendre à Alger. La réponse
prend du temps.Entre-temps, le juge du pôle pénal spécialisé de Sidi M’hamed,
à Alger, chargé de cette enquête, délivre une commission rogatoire à travers
laquelle il demande l’audition de Pierre Le Doaré, ancien chef d’antenne de la
Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) à Alger de 1994 à 1996 qui
avait mené les négociations avec le GIA, et évoque la disparition de rapports de
la procédure qu’il aurait lui-même rédigés, mais aussi Charles Marchiani,
un préfet de police, chargé par également de négocier la libération des moines.
Pour le juge algérien, ces deux personnages sont des témoins-clés qui sont
détenteurs de la vérité. Malgré l’absence de réponse, Trévidic arrive à Alger en
octobre 2014. Il discute avec ses homologues algériens, et profite de l’occasion
pour déposer une demande d’exhumation des crânes des victimes, enterrées au
jardin du monastère à Médéa. Les tractations prennent du temps, et les réponses
aux commissions rogatoires tardent à venir. Elles finissent par aboutir à un accord.
Avec son adjointe Nathalie Poux et deux experts, Trévidic obtient l’autorisation de
se rendre à Tibhirine les 14, 15 et 16 octobre 2014.L’exhumation et les prélèvements
sont effectués en sa présence par des experts algériens de l’Institut de criminologie
de la Gendarmerie nationale. Mais ordre a été donné de ne lui remettre que
les photos et les clichés et non pas les doubles des prélèvements. Les raisons sont
toutes simples il s’agissait d’appliquer le principe de réciprocité après que les experts algériens aient été totalement exclus par les autorités françaises du lieu où s’était
crashé l’avion affrété par Air Algérie et empêchés de toute participation à la collecte
des débris et prélèvements.Les nombreuses tractations entre les deux pays, n’ont
abouti qu’à une décision qui autorisait les mêmes experts à être présents, mais de
loin, en tant… qu’observateurs. Une mesure qu’Alger a eu du mal à avaler.
Sa réaction a été d’appliquer le principe de réciprocité en ce qui concerne le dossier
de Tibhirine. Les experts français et Trévidic sont repartis en France les mains vides.
Des avocats des proches des moines dénoncent ce qu’ils qualifient de «confiscation
des preuves», de «poursuite du blocage et des entraves constamment rencontrées».
Une année plus tard, la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, arrive
à Alger. Elle remet sur la table la demande de Trévidic d’avoir les prélèvements.
Les tractations prennent du temps. Trévidic quitte son poste et c’est Nathalie Poux,
son adjointe, qui le remplace.La visite du Premier ministre, Manuel Valls,
en avril 2016, accompagné de Jean-Jacques Urvoas, fraîchement nommé au poste
de Garde des sceaux et qui veut à tout prix en finir avec ce dossier, va cette
fois-ci porter ses fruits.La partie algérienne exige qu’en contrepartie de ces
prélèvements, la justice française réponde à la commission rogatoire délivrée deux
ans plus tôt et transmette les tests ADN des membres des familles des victimes
pour identifier chacune d’elles. En deux mois, MM. Le Doiret et Marchiani sont
entendus en présence des avocats et, selon des sources judiciaires, ils confirment
la thèse de l’assassinat commis par le GIA. L’enquête commence à approcher de
son épilogue. La thèse de la bavure de l’armée tombe à l’eau. Les crânes des moines
ne portent, selon nos interlocuteurs, aucun impact de balle.Accompagnés de deux
experts, la juge Nathalie Poux se rend une seconde fois en Algérie et s’envole avec
les prélèvements pour savoir si la décapitation est intervenue post mortem, ce qui,
selon les partisans du «qui tue qui ?», accréditerait la thèse d’une «manipulation par l’armée dans le but de dissimuler les causes du décès et faire croire à l’implication des islamistes». Mais, révèlent nos sources des deux côtés de la Méditerranée, les juges veulent en finir avec ce dossier et tout porte à croire qu’il sera fermé dans les mois à
venir avec l’éclatement de la seule vérité et rien que la vérité, loin de toutes
manipulation ou marchandage politiques.

Salima Tlemçani