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Vue hybride

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    Post Assassinat de Mahfoud Boucebci

    Assassinat de Mahfoud Boucebci



    Cela s’est passé un 15 juin 1993
    Juin 15, 2016

    Le 15 juin 1993, le professeur Mahfoud Boucebci, psychiatre
    de renommée internationale fut assassiné devant son service
    à l’hôpital Drid Hocine, de Kouba (Alger).
    Il était le père de la psychiatrie algérienne.
    «Être psychiatre, c’est emprunter une longue route, pas toujours facile,
    mais mon souhait c’est qu’au terme d’une longue, riche carrière réussie,
    vous puissiez vous dire : ‘’j’ai chaque jour essayé de soigner la souffrance
    sans jamais en tirer un profit, j’ai chaque jour respecté l’homme dans son
    essence libertaire‘’ » (Pr Mahfoud Boucebci, le 2 décembre 1990)

    Plus qu’un clinicien en blouse blanche, le professeur Mahfoud Boucebci
    était un homme engagé. Ses actions, il les menait sur le front social, car
    il était le défenseur des exclus de la société. Il ne jugeait pas, il aidait.
    Ses patients, il les considérait comme des êtres humains en difficulté et
    non de simples sujets anonymes à étudier.
    Il a été assassiné par des
    terroristes islamistes qui ne pouvaient accepter qu’on défende les laissés
    pour-compte, les marginalisés. Mahfoud Boucebci osait briser des tabous.
    Et cela était inacceptable pour les adeptes de l’obscurantisme.

    Il a été assassiné par des êtres inhumains qui ne voulaient pas entendre
    parler des droits et de démocratie. Parce que le professeur était de ceux
    qui allaient jusqu’au bout de leurs convictions, « Le savoir ne vaut que s’il
    est partagé. Le savoir est connaissance utile que s’il est transmis ».
    Et lui rêvait de partager des valeurs républicaines et des voies clairvoyantes
    avec ses concitoyens.
    « La connaissance et le travail étaient pour lui
    des valeurs fondamentales et pérennes. Sa générosité était sans limites »,
    écrit Mahmoud Boudarene, un ancien étudient du professeur.
    Membre fondateur,
    en 1985, de la première Ligue des droits de l’homme en Algérie,
    le professeur Boucebci avait participé, la veille de sons assassinat, à
    la constitution du Comité de vérité sur l’assassinat de l’écrivain et
    journaliste Tahar Djaout, assassiné quelques semaines auparavant.

    Il avait formé des générations de psychiatres algériens, et avait participé
    activement à la formation de psychologues, d’éducateurs, de personnel
    paramédical…
    Il était de tous les combats, et des plus nobles. Et il mérite
    d’être plus et mieux connu par les jeunes, pour sa tolérance, pour son
    humilité, pour son engagement sincère, pour son apport au mouvement associatif…

    Zineb Merzouk
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    Post Naissance du chanteur de chaâbi Boudjemaa El Ankis

    Naissance du chanteur de chaâbi Boudjemaa El Ankis



    Cela s’est passé le 17 Juin 1927,

    Juin 17, 2016

    Interprète de la belle et célèbre chanson « Rah el ghali rah »,
    Mohamed Boudjemaâ El Ankis, maître incontesté du chaâbi,
    est né un 17 juin de l’année 1927.

    Pièce jointe 24523

    Mohamed Boudjemaâ naît dans la Casbah, à Zenkat Ennakhla
    (la rue du palmier) à Bir Djebbah, dans une famille nombreuse
    et très modeste. Originaire du village Ait Arhouna, dans la commune
    de Tigzirt-sur-Mer, son père est coursier et magasinier chez le
    parfumeur Lorenzy.
    Le jeune Mohamed va à l’école Brahim Fatah où
    il obtient son certificat d’études primaires en 1939. Il a alors 11 ans et
    va travailler quelques temps chez son oncle Hassaîne Boudjemaâ,
    propriétaire d’une crémerie. Puis, il rejoint Sid Ahmed Serri, un autre
    mélomane au greffe de la cour d’Alger.
    Mohamed est jeune et il aime
    la musique, il rêve aussi d’en faire. El Anka fait partie de ses idoles,
    d’où le choix de son nom de scène plus tard. Durant la période de la
    Seconde Guerre, il apprend à jouer de la mandoline, puis de la guitare
    et chante le répertoire des grands maîtres. Il évolue dans une troupe
    proche du PPA et perfectionne son talent. Et en 1945, il est accueilli
    dans une nouvelle troupe qui compte en son sein deux grands maîtres
    El Anka et Mrizek.
    Il amorce sa nouvelle carrière par des qacidate du m’dih
    et reprend le répertoire du Cheikh Said El Meddah, son voisin à notre
    Dame d’Afrique. Le succès commence à se faire sentir au milieu des
    années 50 et le pousse à faire de nouveaux arrangements et à se lancer
    dans la chansonnette.
    Mais suite à une mauvaise expérience avec le
    directeur artistique de sa maison d’édition, Boualem Titiche,
    Mohamed Boudjemaâ casse son mandole et arrête la chanson.

    Il travaille comme gardien dans la cité Climat de France lors du déclenchement
    du 1er novembre 1954. Et durant la guerre de l’indépendance, il subira,
    comme beaucoup d’autre, la torture, lors de deux arrestations, en 1957,
    puis en 1960.
    A l’indépendance, l’une de ses chansons raisonne dans tous
    les foyers de la capitale : Djana El Intissar, dont il est l’auteur et le compositeur,
    et qui, à la base, renvoie aux manifestations du 11 décembre 1961.

    A cette période où la liesse de l’indépendance se poursuit, Boudjemaâ El Ankis
    veut toucher les jeunes. Il travaille avec Mahboub Bati et son chaâbi raisonne
    dans une langue plus algérienne, désormais délesté de la lourdeur d’avant,
    nettement plus rythmé et surtout, des paroles qui traitent des préoccupations
    des jeunes. Le duo explosif enchaine chansons sur chanson. En tout,
    une soixantaine de tubes dans la veine de « Ah ya intiyya » et
    « Tchaourou ‘Alia », envahissent les ondes de la radio.
    D’autres chanteurs suivront ce chemin à succès,
    dont Amar Ezzahi, Guerouabi , Hassen Said et El Achab. En 1970, la chansonnette atteint son apogée, mais décline à partir des années 80.
    Le chaâbi classique reprend le dessus et El Ankis reprend ses qacidates.

    Durant les années 90, Alors que l’Algérie est plongée dans la violence,
    Boudjemaâ El Ankis se retire de la scène. Dans une interview datée de 1998,
    il avoue : « Personnellement, ce qui m’a éloigné de la scène, c’est le fait de voir
    les gens se faire massacrer et se faire égorger. Je n’avais pas l’envie ni le courage ou le cœur de chanter. »
    Il réapparait lorsque la vie reprend son souffle dans le pays,mais son âge ne lui permet plus d’être aussi actif qu’avant. Un vibrant hommage lui a été rendu en 2012, en présence de ses proches,
    ses amis et ses fans.
    Boudjemaâ El Ankis est aujourd’hui le doyen du chaâbi.

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    Son répertoire compte pas moins de trois cent chansons de différents styles.
    Et le cercle de ses fans continue à s’élargir.

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    Post L'exécution du Chahid Ahmed Zabana

    L'exécution du Chahid Ahmed Zabana



    Cela s’est passé un 19 juin 1956
    l’exécution du Chahid Ahmed Zabana


    19 Juin 2016


    Ahmed Zahana, plus connu sous le nom de Zabana, est né en 1926
    dans le quartier d'El-Hamri, à Oran. Il y fit ses études primaires, obtient
    son certificat d'études et s'inscrit dans un centre de formation professionnelle,
    où il apprit le métier de soudeur.
    En 1949, Ahmed Zahana adhérait au
    Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD.) Son
    dynamisme ne tarda pas à attirer sur lui l'attention de la police française
    qui l'arrêta le 2 mars 1950.
    Il fut condamné par la justice coloniale à trois ans
    de prison et trois ans d'interdiction de séjour. Dès sa libération, il reprit ses activités politiques avec autant d'ardeur que par le passé et participa aux préparatifs du déclenchement de la guerre de libération nationale.

    Dans la nuit du 1er novembre 1954, il organisa avec un groupe de patriotes l'attaque contre le poste des gardes forestiers d'Oran. Le 11 novembre de la même année,
    à l'issue d'un accrochage meurtrier au cours duquel il fut d'ailleurs blessé,
    à Gharboudjlid, il fut prisonnier et conduit d'abord à l'hôpital, ensuite à la prison d'Oran.

    Jugé sommairement et condamné à mort, il fut le premier martyr depuis le
    déclenchement de la guerre de libération nationale à monter sur l'échafaud,
    le 19 juin 1956, dans l'enceinte de la prison de Barbarousse, sur les hauteurs d'Alger.

    Son exécution ainsi que celle de Ferradj avaient été réclamées à cor et cri par
    les milieux colonialistes dits "ultra", qui en firent un motif de satisfaction.
    Mais l'événement provoqua dans l'opinion algérienne un mouvement de colère
    si puissant qu'il ne tarda pas à se traduire par une série d'actions anticolonialiste.

    C'est ce climat d'effervescence qui prépara la bataille d'Alger. La sinistre guillotine
    avec laquelle fut exécuté Ahmed Zabana et tant d'autres moudjahidines se trouve
    au musée central de l'armée à Alger.
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    Post Matoub Lounès meurt le 25 juin 1998

    Matoub Lounès meurt le 25 juin 1998



    Lounès Matoub raconté par ses amis
    le 25.06.16 | 10h00

    Nadia Matoub «Il pensait que mort, il allait être oublié au bout d’une année.»



    Le jeudi 25 juin 1998 Matoub Lounes tombait sous les balles d’un groupe
    terroriste qui lui avait tendu une embuscade dont il n’avait aucune
    chance d’en sortir vivant, sa voiture ayant été prise sous un véritable déluge de feu.

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    Post Un 03 juillet 1962, l’Algérie est indépendante

    Un 03 juillet 1962, l’Algérie est indépendante


    Date du jour
    Juil 03, 2016

    Officiellement, l’indépendance de l’Algérie est proclamée
    le 3 juillet 1962,suite au référendum qui l’a consacrée le 1er dans
    le cadre des « Accords d’Evian » du 18 Mars 1962.



    Alors que nous fêtons l’indépendance de l’Algérie chaque 5 juillet
    depuis plus de cinquante ans, des historiens s’insurgent régulièrement
    pour rappeler que l’Algérie est devenue un État souverain et indépendant
    à la date du 3 juillet et non le 5 qui demeure le jour de la reddition du
    dey Hussein et donc de la chute d’Alger.
    Ainsi, le 3 juillet 1962, De Gaule
    signe la déclaration portant reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie
    «Par le référendum du 8 avril 1962, le peuple français a approuvé les déclarations gouvernementales du 19 mars 1962 qui prévoient le cas où les populations
    algériennes consultées en vertu de la loi du 14 janvier 1961 choisiraient de
    constituer un État indépendant coopérant avec la France. En conséquence,
    les rapports entre la France et l’Algérie étant désormais fondés sur les conditions
    définies par les déclarations gouvernementales du 19 mars 1962, le président de
    la République déclare que la France reconnaît solennellement l’indépendance de
    l’Algérie. »
    Ce jour-là, à 16h26, l’avion transportant les membres du GPRA
    s’immobilise sur le tarmac de l’aéroport de Maison-Blanche (actuellement Houari Boumediene). Une grande foule les attend au loin. Benyoucef Benkhedda,
    le président, descend le premier de l’échelle, sous les applaudissements et
    les youyous.
    Abderrahmane Fares, président de l’Exécutif provisoire depuis le
    6 avril, s’avance vers lui et déclare : « Monsieur le président, chers frères,
    j’ai l’honneur de vous accueillir sur le sol de la patrie. Soyez les bienvenus.
    Vive l’Algérie indépendante ».
    Benkhedda passe en revue un bataillon de l’ALN,
    pendant que l’hymne national est retransmit à travers un haut-parleur. Puis,
    le président et ses ministres montent dans les voitures officielles, une vingtaine au
    total, et sont escortés par des policiers algériens motocyclistes, vers le centre de la capitale. Une foule immense est positionnée le long des 20 kilomètres du trajet, difficilement contenue par des soldats de l’ALN. Images historiques du président du
    GPRA et de ses ministres qui défilent, la main levée pour saluer les algériens heureux d’être enfin des hommes libres.
    Le cortège arrive devant la préfecture.
    « Tiens, tiens, tiens, c’est la première fois où nous entrons dans ce bâtiment sans
    menottes aux poignets», s’exclame Saad Dahlab.
    Benkhedda apparait au balcon
    central où avait été hissé le drapeau algérien. Le président et les ministres du GPRA passeront leur première nuit algérienne au Palais d’été, ancienne résidence des gouverneurs généraux.
    Ce même jour, à 17h30, le 17ème bataillon de l’ALN franchit
    la frontière algéro-tunisienne. Ils stationneront le long de la ligne Maurice parallèle à
    la frontière tandis que les hommes de la wilaya II demeurent sur les positions de
    combat de la ligne Challe, à une trentaine de kilomètres à l’intérieur des terres
    algériennes. Alors que le peuple est encore ivre de son indépendance nouvellement acquise, déjà se profilent une crise au somme la course au pouvoir.

    Synthèse Khadija T.
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    Post Un 7 juillet 1926, naissance de Dahmane El Harrachi

    Un 7 juillet 1926, naissance de Dahmane El Harrachi


    Juil 07, 2016

    Naissance de Dahmane El Harrachi.jpg

    Auteur-compositeur et interprète de musique chaâbi, son parcours artistique
    est tiré de sa propre expérience de la vie. « Ya Rayah » est sa plus belle chanson.
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    Né le 7 juillet 1926 à El-Biar, sur les auteurs d’Alger, Dahmane El Harrachi,
    de son vrai nom Abderrahmane Amrani, est originaire du village Djella,
    dans la ville de Khenchela. Son père, Cheikh el Amrani, installé à Alger
    en 1920, est le Moueddine de la grande mosquée.
    Après la naissance de
    Dahmane (diminutif de Abderrahmane), la famille déménage à Belcourt,
    rue Maret, avant de s’installer définitivement à El Harrach.
    Dernier-né d’une
    fratrie de onze enfants, Dahmane prendra plus tard son nom d’artiste de son
    quartier d’enfance.
    Très tôt, il s’initie au banjo. Fasciné par le chanteur châabi
    Khelifa Belkacem, il a à peine 16 ans lorsqu’il commence à chanter ses chansons.

    Après l’obtention de son certificat d’étude, Dhamane devient cordonnier, puis
    receveur de tramaway sur la ligne Maison Carrée-Bab El-Oued. D’abord musicien
    amateur, il fabrique lui-même ses «guembers » avec un manche à balai et une
    boite de conserve.
    Très vite, il devient un virtuose du banjo et joue avec beaucoup
    d’artistes de renom des années quarante, dont Hadj Menouar, Cheïkh Bourahla et
    surtout Cheikh El Hasnaoui avec qui il se produit pour la première fois au Café des
    artistes, rue de Charonne à Paris en 1952, alors qu’il est installé en France depuis 1949.

    En France justement, il se produit régulièrement dans les cafés maghrébins, interprétant
    le répertoire châabi avec son banjo. Les qacidate du melhoune, écrites entre le XVIe
    et le XIXe siècle, lui paraissent alors désuètes et décalées avec la réalité, notamment
    celle de l’immigration. C’est ainsi qu’il commence à adapter le châabi à sa façon, avec
    un nouveau langage poétique et musical qui parle du vécu. Et en 1956, alors que la
    guerre de libération bat son plein en Algérie, Dahmane El Harrachi enregistre son premier
    disque chez Pathé Marconi, « Behdja bidha ma t’houl » (Alger la blanche ne perdra jamais
    de son éclat). Il compose aussi, à la même période, « Kifech nensa biled el khir »
    (Comment pourrais-je oublier le pays de l’abondance).
    Le grand public aime particulièrement
    sa voix rocailleuse et ses paroles incisives chargées de métaphores. Ses textes évoquent
    ainsi la nostalgie du pays, l’exil, la passion pour sa ville natale, la famille, l’amitié,
    les déceptions amoureuses, la rigueur morale… et fustigent la malhonnêteté, l’hypocrisie et
    l’ingratitude. On retrouve ses thèmes entre autre dans « Elli yezraâ Errih » (Qui sème le vent),
    « Khabi Serrek » (Cache ton secret) et bien d’autres.
    Il se distingue très vite des autres chanteurs
    de châabi grâce à son originalité. Il modernise ce genre musical en donnant au banjo et au
    mandole un jeu et une certaine harmonie propre à lui.
    Il ne se produira en Algérie qu’en 1974,
    à la salle Atlas d’Alger où remporte un franc succès. Un an auparavant, il chantait « Ya rayah »
    (Toi qui est sur le départ), considéré à ce jour comme un chef d’œuvre du châabi et qui sera
    reprise par de nombreux artistes.
    Son répertoire est constitué d’environ 500 chansons dont
    il est l’auteur. Il laissera à la télévision algérienne trois enregistrements, ainsi que le téléfilm
    « Saha Dahmane » (Salut Dahmane) où il a joué son propre rôle de chanteur de châabi,
    vers la fin des années 1970.
    Dahmane EL Harrachi décédera dans un accident de la route
    le 31 août 1980, à Aïn Benian. Il sera enterré à Alger, au cimetière d’el Kettar.
    Son fils, Kamel El Harrachi, également auteur-compositeur-interprète de chaâbi,
    continue de faire vivre son répertoire.

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    Post 14 juillet 1953-Une manifestation, des morts, un massacre!

    Cela s’est passé un 14 juillet 1953
    Une manifestation, des morts, un massacre!

    Juil 14, 2016

    Cette date est très peu connue dans notre histoire, pourtant,
    elle eu aussi ses martyrs. Cet article qui relate les faits avec
    détails est un témoignage sur la manifestation du 14 juillet 1953
    et un hommage à ses victimes.


    Le 14 juillet 1953, comme chaque année depuis 1936, le Parti communiste
    français (PCF), la Confédération générale du travail (CGT) et de nombreuses
    organisations progressistes organisent à Paris un défilé qui se veut une
    célébration des valeurs de la République. Cette tradition rappelle celle des
    manifestations du 1er Mai.
    Ce 14 juillet, le cortège défile de la place de la Bastille
    à la Nation. Rendez-vous est donné dès 14 heures aux militants afin de se
    constituer en cortèges dont l’ordre a été décidé au préalable. Comme chaque
    année depuis le début des années 1950 les messalistes, militants indépendantistes
    du mouvement pour les libertés démocratiques en Algérie (MTLD) dirigé par
    Messali Hadj, prennent part au défilé malgré leurs divergences le PCF n’est,
    à l’époque, pas favorable à l’indépendance de l’Algérie. Ils sont encadrés par
    leur propre service d’ordre que l’on reconnaît à son brassard vert.

    Cette année le contexte est particulièrement tendu les manifestations du
    1er Mai ont été marquées par des violences policières ; celles de mai 1952
    contre la venue en France du général américain Ridgway accusé d’utiliser
    des armes bactériologiques en Corée se sont soldées notamment par la mort
    de l’ouvrier communiste Hocine Bélaïd.
    À 15 heures, le cortège s’ébranle en
    direction de la place de la Nation avec à sa tête une banderole proclamant
    l’« Union pour la défense des libertés républicaines ». L’on entonne une première Marseillaise, l’on exige la libération des militants communistes emprisonnés.
    Quoi que la presse ne s’en fasse pas l’écho par la suite, l’on scande aussi du
    côté des messalistes des slogans favorables à une Algérie indépendante.

    Du côté de la rue Jacques-Cœur surgissent quelques parachutistes, de retour
    d’Indochine, qui provoquent et agressent les manifestants. Sporadiquement,
    ces « bérets rouges » qui le matin même défilaient sur les Champs-Élysées
    agressent les manifestants. Exfiltrés par les policiers, ils ne sont pas arrêtés.

    Vers 15 heures 30, une première averse estivale, violente et soudaine, sème
    un peu le trouble mais le cortège parvient tout de même aux alentours de
    16 heures en bon ordre à la Nation où la manifestation doit se disloquer. Depuis
    la tribune où il prend place, le comité d’organisation salue les différents cortèges.

    Tandis qu’une seconde averse, encore plus drue, s’abat sur la place de la Nation,
    la journée vire au cauchemar. Après son passage devant la tribune officielle,
    le cortège des messalistes se presse en direction de l’avenue du Trône où
    un camion attend les militants pour recueillir les drapeaux algériens et les portraits
    de Messali Hadj qu’ils portaient fièrement durant le défilé. Des rues adjacentes, des policiers fondent sur eux. Ces derniers s’acharnent à piétiner les portraits du leader indépendantiste. Éclate alors une première bagarre sous la pluie torrentielle.
    Surprises par la réaction belliqueuse des messalistes qui refluent malgré tout vers
    la place, les forces de l’ordre suppléées de gardes mobiles retournent à la charge
    tandis que la tribune est évacuée.
    Soudain, sans sommation, des coups de feu
    claquent. « L’horloge monumentale, brisée à l’entrée du carrefour, est arrêtée à 17h20,

    heure où le premier coup de feu fut tiré », selonFrance Soir le 16 juillet. Dans
    la panique générale qui s’en suit, sous une pluie battante, les premiers blessés sont évacués vers les cafés où se réfugient aussi les manifestants effarés qui, comme les clients des cafés, se font frapper par la police. On appelle les ambulances pour
    transporter les blessés tandis que des médecins donnent les premiers soins. Avenue
    du Trône, un premier car de police est renversé et enflammé. Deux autres seront brûlés
    et une vingtaine endommagés. Bien que la traque des manifestants se poursuive jusque dans les cours d’immeubles et sur les quais du métro où les manifestants Algériens ou qualifiés comme tel – cherchent refuge, un calme relatif revient à peine trente minutes après les premières échauffourées qui furent d’une violence inouïe.

    Sept manifestants sont tombés sous les balles de la police, six Algériens et un Français Amar Tabjadi, 26 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Abdallah Bacha, 25 ans, décédé à l’Hôtel-Dieu des suites d’une balle reçue dans la gorge ; Larbi Daoui, 27 ans, tué d’une balle dans le cœur ; Abdelkader Dranis, 31 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Mohammed Isidore Illoul, 20 ans, décédé à l’hôpital Saint-Louis ; Medjen Tahar, blessé
    par deux balles, décédé à l’hôpital Tenon et enfin Maurice Lurot, 40 ans, mort à l’hôpital Saint-Louis d’une balle dans le cœur.
    D’après le bilan officiel de la Préfecture de police,
    une soixantaine de policiers furent blessés à divers degrés. Le journal Combat indique
    le chiffre de quatre-vingt policiers blessés ; du côté des manifestants, outre les sept
    morts, le même journal recense quarante-quatre blessés. Mais le décompte officiel de
    la Préfecture – quarante blessés par balles et sept morts – est certainement à réévaluer
    de nombreux blessés, de peur d’être incarcérés, ne se rendent pas dans les hôpitaux et certains médecins ne les signalent pas.
    Dans les jours qui suivent, l’émotion est intense ;
    la presse s’indigne, comme par exemple
    l’Humanité, ou au contraire voue aux gémonies les Algériens agresseurs des forces de l’ordre : leFigaro du 15 juillet dénonce les communistes
    et les Algériens respectivement responsables et initiateurs des affrontements. Le PCF,
    tout en taisant les revendications indépendantistes des messalistes, invite à un meeting
    le 21 juillet au Cirque d’Hiver qui remporte un franc succès.
    Le même jour, les corps
    des victimes algériennes sont transportés à la mosquée de Paris pour une cérémonie religieuse tandis que rue Duhesme, au local de la section du PCF à laquelle appartenait Maurice Lurot, une chapelle ardente est dressée en hommage aux sept victimes de la répression policière. Le lendemain, leurs corps sont exposés à la Maison des Métallos avant l’enterrement de Maurice Lurot au cimetière du Père-Lachaise et le transfèrement des corps des Algériens vers l’Algérie.
    Mais les brimades ne sont pas encore terminées
    les corps de Larbi Daoui et Mohammed Isidore Illoul ne peuvent être rapatriés en Algérie pour des raisons administratives. Ils seront enterrés dans le carré musulman du cimetière de Bobigny. Quant à Amar Tabjadi, si sa dépouille est bien parvenue en Algérie,
    l’Humanité du 26 juillet rapporte que son corps a été subtilisé à sa famille par des militaires français et enterré « à l’esbroufe ». Tahar Madjeb sera inhumé à Guergour, Abdallah Bacha à Bahalil et Abdelkader Dranis à Nedrouma.Malgré quelques commémorations, le massacre du 14 juillet 1953 sera vite occulté dans les années qui suivent par ceux d’octobre 1961 et de février 1962.Le 21 septembre 1995, le fils de Maurice Lurot écrivait dans le courrier des lecteurs de l’Humanité-Dimanche : « chaque année, alors que chacun danse, c’est les larmes aux yeux que je cherche un mot qui réchauffe dans l’HD [l’Humanité-Dimanche]. Chaque année, mon père est de nouveau assassiné par les camarades, par leur oubli ».

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