Assassinat de Mahfoud Boucebci
Assassinat de Mahfoud Boucebci

Cela s’est passé un 15 juin 1993
Juin 15, 2016
Le 15 juin 1993, le professeur Mahfoud Boucebci, psychiatre
de renommée internationale fut assassiné devant son service
à l’hôpital Drid Hocine, de Kouba (Alger).
Il était le père de la psychiatrie algérienne.
«Être psychiatre, c’est emprunter une longue route, pas toujours facile,
mais mon souhait c’est qu’au terme d’une longue, riche carrière réussie,
vous puissiez vous dire : ‘’j’ai chaque jour essayé de soigner la souffrance
sans jamais en tirer un profit, j’ai chaque jour respecté l’homme dans son
essence libertaire‘’ » (Pr Mahfoud Boucebci, le 2 décembre 1990)
Plus qu’un clinicien en blouse blanche, le professeur Mahfoud Boucebci
était un homme engagé. Ses actions, il les menait sur le front social, car
il était le défenseur des exclus de la société. Il ne jugeait pas, il aidait.
Ses patients, il les considérait comme des êtres humains en difficulté et
non de simples sujets anonymes à étudier.Il a été assassiné par des
terroristes islamistes qui ne pouvaient accepter qu’on défende les laissés
pour-compte, les marginalisés. Mahfoud Boucebci osait briser des tabous.
Et cela était inacceptable pour les adeptes de l’obscurantisme.
Il a été assassiné par des êtres inhumains qui ne voulaient pas entendre
parler des droits et de démocratie. Parce que le professeur était de ceux
qui allaient jusqu’au bout de leurs convictions, « Le savoir ne vaut que s’il
est partagé. Le savoir est connaissance utile que s’il est transmis ».
Et lui rêvait de partager des valeurs républicaines et des voies clairvoyantes
avec ses concitoyens.« La connaissance et le travail étaient pour lui
des valeurs fondamentales et pérennes. Sa générosité était sans limites »,
écrit Mahmoud Boudarene, un ancien étudient du professeur.Membre fondateur,
en 1985, de la première Ligue des droits de l’homme en Algérie,
le professeur Boucebci avait participé, la veille de sons assassinat, à
la constitution du Comité de vérité sur l’assassinat de l’écrivain et
journaliste Tahar Djaout, assassiné quelques semaines auparavant.
Il avait formé des générations de psychiatres algériens, et avait participé
activement à la formation de psychologues, d’éducateurs, de personnel
paramédical…Il était de tous les combats, et des plus nobles. Et il mérite
d’être plus et mieux connu par les jeunes, pour sa tolérance, pour son
humilité, pour son engagement sincère, pour son apport au mouvement associatif…
Zineb Merzouk
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