Georges Ibrahim Abdallah


La mobilisation s’élargit
08 Juil 2016

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Selon son avocat Jean-Louis Chalanset, la Cour de cassation devrait incessamment
se prononcer sur la énième demande de libération de Georges Ibrahim Abdallah.
A Paris en juin, et le week-end dernier à Dortmund, à la fête de Unsere Zeit,
l’organe du Parti communiste allemand (DKP), ses soutiens ont réaffirmé
la nécessité d’ « intensifier la mobilisation pour la libération »du partisan
communiste libanais détenu en France depuis plus de 31 ans !



Plusieurs centaines de manifestants défilant au cœur des quartiers populaire
de l’est parisien, de Belleville à République, ce dimanche 19 juin 2016.
Un seul mot d’ordre : « Libérez Georges Ibrahim Abdallah. Il est de notre
lutte, nous sommes de son combat ! » Du jamais vu dans la capitale depuis
1984 et l’arrestation du résistant libanais. Georges Ibrahim Abdallah est le
plus ancien prisonnier politique de France.Arrêté à Lyon, ce dirigeant des
Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL) a été condamné en 1987
à l’issue d’un procès tronqué et sans preuves à la réclusion criminelle à
perpétuité pour complicité dans l’exécution, en 1982, d’un agent du Mossad,
les services secrets israéliens, et d’un autre de la CIA.
Cette même année,
des centaines de civils palestiniens étaient assassinés dans les camps de
réfugiés de Sabra et Chatila à Beyrouth-Ouest par les milices chrétiennes
libanaises, avec la complicité d’Israël et de l’Occident. En toute impunité !

Georges Ibrahim Abdallah, 65 ans, est libérable depuis 1999. Par deux fois,
en 2003 et en 2012, la « Justice » française lui accordait un bon de sortie.
Par deux fois, les ministres de la « Justice » (Dominique Perben) puis de
l’Intérieur (Manuel Valls) intervenaient pour empêcher son élargissement ;
ce dernier refusant, en janvier 2013, de signer le décret d’expulsion vers le
Liban imposé par les juges comme préalable à sa libération.

Un « scandale mondial »
Yves Bonnet, l’ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire
(DST), estimait dans une interview à La Dépêche, que « cette injustice (…)
dépassé les limites du raisonnable, plus rien ne justifie son incarcération,
qu’on le mette dans un avion et qu’on le renvoie chez lui au Liban où les
autorités sont disposées à l’accueillir… ».
Pour l’avocat Jacques Vergès qui
l’a assisté jusqu’à sa disparition, le cas Abdallah relevait du « scandale mondial ».
Une déclaration faite en juin 2012 à Calonne-Ricouart. Ici au pied des terrils de
l’ex-Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, Georges Ibrahim Abdallah venait d’être
élevé au rang de citoyen d’honneur. Un véritable pied-de-nez à l’État français dont
le premier magistrat de l’époque André Delcourt, militant du Parti communiste
français (PCF), dénonçait « l’acharnement ». Christian Champiré (PCF), le maire
de la commune voisine de Grenay, près de Lens, lui emboîtait aussitôt le pas.
Puis, en décembre 2013, c’était au tour de son homologue Marc Everbecq (PCF)
de Bagnolet dans la banlieue parisienne (1)…

« Fier d’avoir mis à l’honneur un résistant »
Ces 2 et 3 juillet 2016 à Dortmund dans la Ruhr, à l’initiative justement du groupe
de Bagnolet de soutien à Georges Ibrahim Abdallah, Christian Champiré s’est rendu, accompagné de Robert Goffin (PCF Grenay), à la Fête de Unsere Zeit (Notre Temps), l’organe du Parti communiste allemand Deutsche Kommunistische Partei / DKP.

Un déplacement de 400 km motivé par le souci « de faire parler de Georges en
espérant que la presse s’intéresse à son cas comme elle l’avait fait lorsque nous
l’avions élevé au rang de citoyen d’honneur en 2012. Il s’agit de faire en sorte qu’il
ne tombe pas dans l’oubli le plus total d’autant qu’en ce moment c’est compliqué avec
tout ce qu’on raconte sur le terrorisme. On mélange un peu toutes les affaires… »

Alors que des parlementaires américains, les partisans de l’Algérie française, le lobby sioniste ou encore Jean-Jacques Urvoas, l’actuel Garde des Sceaux, qualifient
volontiers Georges Ibrahim Abdallah de « terroriste », Christian Champiré
se dit fier d’avoir mis à l’honneur « un résistant qui n’a jamais renié ses engagements
anti-impérialistes ».
C’est à cette fête que 23 organisations avaient, il y a deux déjà,
signé une motion exigeant sa libération (2). Interpellé, François Hollande, le président
de la République française, « n’a jamais répondu », indique Bärbel de Bagnolet
en charge de l’animation des deux débats consacrés à la situation de
Georges Ibrahim Abdallah.