Affaire des containers frauduleux. Le principal concerné
risque gros.Bakhti Bélaïb ? Un pays qui attend la rentrée officielle et politique de Saâdani est un pays qui a un problème. Dans le meilleur des cas, un pays qui va au-devant de graves problèmes. Au pire, un pays déjà en déroute. Heureusement que tout le pays utile n’est pas dans cette posture d’attente de la rentrée de Saâdani. Mais il reste que le «pays médiatique», le «pays politique», «le pays du sachet noir» est aujourd’hui tristement campé sous le balcon d’une villa du quartier dit huppé de Hydra, à Alger, attendant que Si Ammar veuille bien y faire une brève apparition, agiter doucement la main façon reine d’Angleterre, les rassurant ainsi, par ce simple fait devenu événement, «La rentrée de Saâdani». Hallucinant ! Et je vous jure que ce qui est hallucinant ce n’est pas le monsieur, le bonhomme tant attendu. Wallah que non ! A la limite, lui vit un rêve éveillé, boit du p’tit-lait tous les matins et se dit qu’au fond, bien au fond de la cuve à mazout, la vie est parfois belle. Ce qui est hallucinant, c’est le pays. Ce pays en attente addictive de «ça» ! Cette «saâdano-dépendance» est une jauge terrible de vérité sur notre état. Sur notre Etat, aussi. Que l’horloge du temps, accrochée de force sur la place publique par ce régime, s’arrête ainsi, au gré des apparitions et des disparitions du SG auto-élu-par-désignation-édit-royale renvoie de nous la seule image réelle, conforme à notre état, une image hideuse d’une société volée, spoliée de ses repères cartésiens et de ses valeurs conjuguées que sont le travail et le succès. Demain, et ça arrivera plus vite qu’on ne le pense, on nous demandera de guetter la rentrée officielle et politique d’un goéland, d’un caïman ou d’un mug de café, que nous le ferions ! Nous nous demanderions alors à pleines manchettes pourquoi le goéland ou le mug tardent tant à apparaître sur le beau balcon de Hydra. Inquiétant. Psychiquement inquiétant ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |