Bon ! Maintenant que le fastueux Centre des conférences
de Club-des-Pins a été inauguré, que pourrait-on y organiser ?
Un grand forum sur la politique…… d’austérité ! Officiellement, à Dounia Parc, nous avions un crime. J’écris «officiellement» parce que, jusqu’à ce que l’on me prouve le contraire, le ministre du Tourisme, c’est quelqu’un d’officiel. Moi, je ne suis pas un officiel. Je suis un chroniqueur, amuseur, un saltimbanque. Mais Nouri, lui, est un officiel. Et cet officiel a déclaré devant public, face à large public «à Dounia Parc, nous sommes confrontés à un crime. Un crime au sens propre du terme.» Voilà ! Et maintenant, quelques jours après l’annonce très très officielle de ce crime, il n’y a plus de… crime ! Comme l’a déclaré l’autre très très très officiel, Abdelmalek Sellal. Je mets trois «très» avant le nom du Premier ministre. Parce qu’en grade, il est au-dessus de Nouri à qui je n’avais attribué que deux «très». Et donc, je résume : le 3 «très» a fait disparaître le crime révélé par le 2 «très» ! Pour ne pas chercher d’histoires, pour éviter de faire des misères aux mouches, je pourrais moi aussi conclure que les grades sont aussi faits pour ça ! Un 3 «très» est habilité à annuler un crime annoncé par un 2 «très». Tout le monde serait alors tranquille et irait vaquer à ses tâches domestiques. Comme d’égorger le mouton. Seulement voilà ! Moi qui suis sans grade, je n’égorge pas le mouton. Vous commencez à le savoir depuis ces vingt années que nous nous fréquentons dans cet espace. Ainsi, sans grade et sans mouton à sacrifier, je ronge mon frein et mon os. Et lorsqu’on ronge ainsi tout ce qui est à portée de son dentier usé, on pose la seule question qui vaille d’être posée aux yeux des oisifs comme moi : qui a transformé le crime de Dounia Parc en erreur de frappe ? Qui a dissimulé le cadavre ? Qui a vu la dernière saison de Cold Case ? Oups ! Cette dernière question m’a échappé ! Mais… qu’entends-je ? Qui frappe à ma porte en cette veille d’Aïd ? Bêe ! Bêe ! Bêe ! J’ouvre, et sur quoi je tombe ? Sur un joli mouton bien gras qui tient en son «bec» non pas un fromage, mais ses propres couteaux sacrificiels. Un crime ? Un crime à Dounia Parc ? M’enfin ! Qui a parlé d’un crime à Dounia Parc ? Personne, bien sûr et évidemment ! Le seul crime, c’est celui que je vais commettre dans quelques heures. En égorgeant enfin un mouton dans ma chienne de vie. Un mouton dodu, nourri à l’herbe grasse de Dounia Parc et qui s’est lui-même présenté chez moi. Alléluia, mes frères ! Un miracle ! Que je savoure en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L. |