Le 3 Septembre 2016
Gare au Zenga ! Zenga !

Par Hakim Laâlam
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Violence dans les stades de foot ! En France, c’est plus
grave qu’en Algérie. Là-bas, un Américain a été obligé
d’acheter…

… l’Olympique de Marseille !
«Les autorités gabonaises doivent publier les résultats de la présidentielle bureau par bureau !» Cette déclaration aurait pu émaner du peuple gabonais. Il ne l’a pas formulé en ces termes. Elle aurait pu être celle du candidat de l’opposition Jean Ping. Il ne l’a pas non plus exprimé de cette manière, exactement. Elle aurait pu être l’œuvre de l’ONU. L’ONU n’a pas encore réellement réagi. Elle aurait pu clore un sommet extraordinaire de l’Union africaine. Il aurait été… extraordinaire que l’UA se réunisse aussi vite autour de la question gabonaise. Non ! Cette demande – que dis-je ? — cet ordre de publier illico presto les résultats de la présidentielle gabonaise «bureau par bureau» nous le devons à Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères. Je sais la France plongée jusqu’à l’os dans le bourbier gabonais. Depuis un demi-siècle avec Bongo Père. Et depuis sa succession «assurée» par son fils, avec l’aval de toutes les péniches des bords de Seine ! A la limite, cette histoire gabonaise, aujourd’hui de plus en plus sanglante avec les premières victimes qui tombent autour de l’Assemblée, du quartier général de l’opposition et dans plusieurs villes du pays, m’intéresse en ce qu’elle renseigne sur ce mur sur lequel certains, chez nous, nous mènent droit, à vive allure et sans aucun airbag réel. Nos chers compatriotes résidents des beaux quartiers parisiens nous conduisent très «sûrement» vers une France qui exigera demain, ou après-demain, que les résultats de nos scrutins, législatives ou présidentielle soient publiés quartier par quartier de Bachdjerrah à Bordj-Badji-Mokhtar, au bureau n°22 du point extrême de Tanezrouft ! Nous «reconduisent» devrais-je écrire, car nous l’avons vécu ce parrainage mortifère. Dois-je rappeler les réunions de Mitterrand avec son staff, de nuit, dans un sous-sol de l’Elysée et ses appels fermes, au petit matin, à «respecter l’urne qui a désigné le FIS vainqueur» ? Non, bien sûr ! Comme je ne rappellerai pas, non plus, Chirac arrivant à Alger au lendemain d’une présidentielle et affirmant devant micros et caméras que «ce vote a été libre, démocratique et transparent», alors que le Conseil constitutionnel algérien n’avait pas encore siégé ni officiellement validé le vote. Non, encore une fois. Je nous sais coupables de beaucoup de vilénies. Entre autres celles de faire des misères à l’urne en la violentant de manière vicieuse et éhontée. Mais par-dessus tout cela, oui, par-dessus cela, malgré tout, il y a des vilénies qui me sont encore plus insupportables que la fraude algéro-algérienne. Comme celle d’entendre ou de réentendre Fafa exiger de mon pays de publier les résultats de mes scrutins bureau par bureau. Comment l’expliquer ensuite ? A Ben M’hidi ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.