Saâdani à La Mecque. De tous les hadjis algériens qui sont
là-bas, je trouve que c’est Ammar qui le porte le mieux…… le bracelet électronique ! Coup sur coup ! Deux rapports sur l’Algérie. Le premier, signé du très sérieux magazine britannique The Economist et qui classe Alger parmi les 10 villes les moins vivables au monde. Et le second publié par l’organisme international «Reputation Institute» et qui nous donne la 16e place dans le «hit-parade» des pires destinations touristiques au monde. Mon premier réflexe, un réflexe patriotique bien évidemment, a été de tourner et de retourner les feuillets de ces deux dépêches pour tenter de déceler les empreintes que des mains de l’étranger malfaisant auraient laissées dessus. On ne sait jamais, ça peut toujours servir pour riposter le cas échéant, et même si le cas refuse d’être à échéance ! De toutes les manières, et même si les autorités de mon pays sont trop fatiguées pour répondre à ces énièmes rapports, vu que les pôv’ passent leur temps, si précieux, à répondre à un tas de rapports méchants du même acabit, moi, je réponds ! Alger parmi les 10 villes les moins vivables au monde ? C’est injuste d’affirmer cela. J’en parlais justement tout à l’heure avec un ami du quartier qui vend du maïs qu’il grille lui-même sur un feu d’arbuste arraché au bosquet à proximité, sur le bord non goudronné de la route défoncée menant à notre cité ouverte aux quatre vents, et il a, lui aussi, dénoncé ce classement abject. J’ai acquiescé en croquant à belles dents dans un épi de maïs encore brûlant et fleurant bon les gaz d’échappements des voitures passant en trombe à quelques centimètres à peine de l’échoppe sauvage de mon pote. L’Algérie au rang 16 des pires destinations touristiques dans le monde ? Calomnies ! Comme me l’a affirmé cet autre ami, maître de rang dans un grand groupe hôtelier avec qui je partageais sa pause-déjeuner entre 12 h et 17 h. C’est dire si nous avons eu le temps, autour d’un superbe kebab avalé dans un réduit de 9 mètres carrés greffé aux murs de la cité, de discuter sérieusement du sujet, et de conclure surtout - à l’unanimité gluante de graisse de veau de nos sandwichs - à l’ignominie de ce rapport qui nous classe si mal dans l’échelle touristique mondiale. Non ! Assurément, il faut se méfier des échelles. Pour une raison toute simple : nous ne les fabriquons pas nous-mêmes ! La solution, ça serait de développer l’industrie de l’échelle en Algérie. Des échelles made in bladi. Et là, du coup, nous serions très bien notés sur les échelles sorties de nos propres usines. Enfin, je crois. Enfin, je pense. Enfin, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |