Le 03 Août 2016

La blague du pompiste
ne me fait plus rire !



Par Hakim Laâlam
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Insolite ! A Oran, un tramway démarre seul, sans
personne aux commandes. Un peu comme le pays.
Enfin… pas tout à fait ! Le pays, y a personne aux
commandes, et il ne…
… démarre toujours pas !
L’Algérie est dans cet état-là qu’il faille aujourd’hui des figures du maquis FLN, des héros de la révolution de Novembre pour tenter de bouter hors du Front Saâdani, pour stopper le cancer de la Ch’kara qui gangrène les tombes des chouhada ? Merde alors ! Quelle est cette guerre sans nom qui exige de vieux baroudeurs au crépuscule de leur vie de monter une nouvelle fois au… Front pour mettre fin au tempo scabreux d’un mauvais animateur de cérémonies de circoncision et de mariage, pour en finir avec un Drabki dont même l’illustre Alilou n’aurait jamais supporté le cousinage professionnel ? Les Guerroudj, Yacef, Azzedine et autres Drif ont mérité le droit au repos. Leurs armes d’antan devaient rester soigneusement rangées dans des malles fermées à double tour et ne devant ressortir qu’à des occasions commémoratives. Pourquoi diantre nos libérateurs sont ainsi dérangés, bousculés dans leur droit ultra légitime à la quiétude ? Pour un énième raid, une opération contre qui ? Saâdani ! Saâdani Ya Aâdjaba ! Le fait même que ces noms illustres, ces parcours flamboyants soient associés à celui du «génie de Hydr» me met hors de moi, m’horripile et doit faire souffler un vent de colère sur les tombes saintes des compagnons des signataires de la tribune. Ce pays n’a-t-il plus de forces vives capables d’en finir avec la «blague du pompiste» qu’il s’en remette lâchement à des dames et des messieurs âgés, fatigués et déjà repus d’Histoire pour terminer le travail, nettoyer une fois encore la bergerie infectée par la forme la plus virulente de la brucellose, celle de l’argent dévoreur et de l’arrivisme carnivore ? Par quel pervers tour de force, l’homme des petites histoires sonnantes et trébuchantes s’est-il donné aujourd’hui comme adversaires des femmes et des hommes d’HISTOIRE ? S’il vous plaît amis du service correction du journal, gardez-moi le mot HISTOIRE en majuscules. Si en plus, vous avez la gentillesse de le mettre en caractères gras, je ne vous en aimerai que plus, tout en fumant du thé pour rester éveillé à mon cauchemar qui continue.

H. L.