Le 23 Juillet 2016

La radicalisation express au ralenti !

Par Hakim Laâlam
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People ! Après un appel lancé par sa mère, un terroriste
se rend aux forces de l’ordre.
Brave petiot, va !
Faut toujours écouter sa maman !
J’en étais encore à digérer le concept Cazeneuvien révolutionnaire de «radicalisation express» lorsque des détails de l’enquête en cours en France sont venus perturber ma réflexion. A en croire les derniers éléments, le Brice de Nice tunisien n’aurait pas été aussi rapide à la détente qu’on ne l’avait laissé entendre au lendemain de l’attentat sur la Croisette. En fait de sprinteur de la terreur, il se pourrait même que nous ayons affaire à un vrai koala de l’assaut meurtrier. Un mec lent, vachement lent, tellement lent que paraîtrait-il, il préparait son mauvais coup depuis longtemps. Peut-être même depuis un autre mauvais coup ayant marqué l’histoire de France, le cassage du vase de Soisson ! Il se serait ainsi rendu à plusieurs reprises sur les lieux du crime, s’y serait même shooté de selfies jusqu’à en écœurer la batterie de son Smartphone durant des mois, voire même des années. Des sources amusées m’ont chuchoté à l’oreille qu’une première fois, il voulait déjà passer à l’acte, mais il aurait différé son opération criminelle parce que la date retenue coïncidait avec le tournage sur la Croisette de «l’Arroseur arrosé» par les frères Lumière ! C’est dire si le mec est un accroc de la préparation. J’me pose tout de même la question : comment peut-on passer du statut de la radicalisation précoce, de l’embrigadement Photomaton à celui de l’attentat mûrement, très mûrement, vachement mûrement préparé ? Question pendante : ce mec, c’est le Lucky Luke de la terreur ou le Bernard L’Hermite des fonds vaseux et dormants ? J’veux pas dire, mais les services français ont intérêt très vite à boucler le portrait de ce mecton. Parce que là, on ne sait plus s’il a loué son camion quelques jours à peine avant l’attentat, ou alors s’il s’est rendu sur les chaînes de montage de Renault Billancourt signant le chèque de location à Louis Renault lui-même, en 1899 ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.