Il faut sauver le brave soldat Aâmi Ahmed !
15 Mars 2016
Il faut sauver le brave soldat
Aâmi Ahmed ! |

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Par Hakim Laâlam
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Les Marocains ont marché contre Ban Ki-moon, le SG de
l’ONU. Décidément, c’est un…… peuple que l’on fait beaucoup
marcher ! Mais qu’ont-ils fait à Aâmi Ahmed ? Il est revenu tout retourné de sa virée à Ouargla. Je n’ai jamais vu autant de warnings allumés sur sa visière. M’enfin ! C’est une manière, çà, de se comporter avec un vénérable octogénaire ? Pourquoi diable n’avoir pas fait comme pour les visites des autres hauts responsables du pays ? Tenez ! Prenez Sellal à Annaba ! Nickel ! Pas un accroc. Il nous a même baladés sur des sites déjà inaugurés du temps de l’Emir Abdelkader, et nous avons tout gobé. Le Premier ministre est rentré à Alger, non sans déclarer sur la passerelle de son avion : «L’Algérie n’est pas en faillite !». Voilà du bon boulot. Carré. Sans trait qui bave sur les côtés. Brut d’émerveillement béat. Alors que Aâmi Ahmed, mon Dieu ! Ils ne l’ont pas ménagé ! Ils l’ont lâché dans Ouargla sans rien préparer. Du direct-live, sans filets ni maquilleurs. Je pensais le système plus habile avec le pinceau. Je le découvre capable aussi de grossières impréparations. Résultat, au bout : nous ramassons l’homme censé nous revigorer, nous remonter le moral et les bretelles dans un état de dépression profonde. Wallah que quand je l’ai entendu parler, à la télé, j’ai aussitôt bondi vers ma porte, je l’ai fermée à double tour, et j’ai même refusé d’ouvrir aux enfants qui revenaient de l’école pour déjeuner, à midi. T’entends Aâmi Ahmed, et t’as aussitôt l’impression que l’Algérie est déjà attaquée de partout. Je ne sais pas par qui précisément. Les phalanges libyennes. Une marche géante des Marocains. Aqmi. Daesh. Des cohortes de déplacés affluant des pays subsahariens. Des divisions entières de criquets pèlerins. Il m’a foutu les chocottes, le brave soldat Salah ! Il va falloir revoir tout çà et vite ! Je ne sais pas exactement comment. Les stratèges du pot de peinture, les génies du plantage de plantes décoratives trouveront bien une solution. Qu’ils se débrouillent ! Mais moi, lors de sa prochaine visio-conférence dans le sud opérationnel, je veux retrouver le Aâmi Ahmed que je connais. Conquérant et fonçant droit dans le tas, juché au haut de sa tourelle.
En attendant cette résurrection, ma porte toujours aussi close au nez de mes enfants affamés,
je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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