13 Mars 2016
L’inauguration de l’inauguration
inaugurale !


Par Hakim Laâlam
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Face à l’hostilité affichée de l’Arabie Saoudite à son
encontre, l’Algérie réagit et décrète : l’année prochaine, le
Hadj à…
… Copacabana !
Ne riez pas ! Ne persiflez pas ! Ce n’est pas une hérésie d’inaugurer une infrastructure déjà… inaugurée auparavant. Parfois des mois, voire des années avant. Sellal en le faisant à Annaba n’a fait que confirmer le génie algérien. Décryptons ce génie-là. D’abord, ici, en DZ-Land, nous ne sommes pas des suiveurs. Partout dans le monde, on inaugure une seule fois un projet livré. Et pourquoi diable faire chez nous ce que toute la planète fait déjà très bien sans nous ? L’Histoire retiendra donc que nous avons inventé ce concept révolutionnaire de «l’inauguration à répétition ». D’ailleurs, j’invite la chefferie du gouvernement à déposer un brevet avant que des envieux – à l’image des Marocains ou encore des méchants Mauritaniens à qui nous avons tout appris par le passé, comme pêcher leur poisson – pourraient nous chiper notre invention. L’inauguration de l’inauguration inaugurale est tout, sauf un acte inutile, démagogique et électoraliste. D’abord, parce que paraîtrait-il, il n’y a pas d’élections en vue avant 2019 et que le Raïs tant aimé et chéri de tous ira jusqu’au bout de son peuple. Ensuite, l’avantage avec un ouvrage d’art, une usine ou une quelconque réalisation que tu inaugures pour la seconde fois de suite, voire pour la troisième et suivante, c’est que tu peux ainsi vérifier ce qui a été réellement fait depuis l’inauguration première, originelle. En inaugurant une forêt récréative du côté de Berrahal, il y a plusieurs mois de cela, Sellal, lorsqu’il revient aujourd’hui, peut recompter les arbres et vérifier sur place s’il n’en manque pas à l’appel. Ne riez pas, là aussi. On m’a raconté des histoires incroyables sur ces plantes louées à prix d’or auprès de pépiniéristes, installées en pots, vite fait, sur le passage des responsables venus d’Alger et récupérées le soir par le pépiniériste, après le départ des officiels ! C’est un business ! Et Sellal peut parfaitement demander à haute voix au wali qui l’accompagne : «Dis-donc coco ! Elle est où, la forêt de la dernière fois ?» A coup sûr, c’est le buzz assuré le soir au JT ! Tu t’imagines ? Un Premier ministre qui a perdu une forêt ?
De quoi fumer du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.

H. L.