Bye-bye ! Takachouf !
10 Mars 2016
| Bye-bye ! Takachouf ! |

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Par Hakim Laâlam
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Louisa Hanoune appelle à l’abrogation du code de la
famille. Le pouvoir fait la sourde oreille, trop occupé à
travailler à l’abrogation du…… PT ! Mais laisse la lumière allumée ! Pourquoi t’éteints la lumière ? Au contraire, allume partout dans l’appartement, même la lampe sur le palier ! La crise ? Mais quelle crise ? Tu ne lis pas les journaux, chérie ? Le baril est remonté au-dessus de 40 dollars. Et déjà on nous jure qu’on peut enfin souffler. Je ne vais pas m’en priver, de souffler, ça je peux te le garantir ! Ça va souffler fort. Regarde comme je les allonge encore plus loin sous la table mes jambes qui y étaient à peine posées, timidement rangées. Allez gambettes ! Déstressez ! Le baril est à 40 et des poussières. J’adoooore la poussière verte des dollars. Oui ! Oui ! Oui ! Bien sûr qu’il faut le dissoudre le comité restreint de crise. De toutes les manières, je commençais à ne plus supporter le gros cartable en cuir noir du gouverneur Laksaci. Mon Dieu qu’il me foutait l’angoisse, ce cartable. A chaque fois que je le voyais débouler à l’écran, instinctivement, je baissais le niveau de chauffage de ma chaudière et mettais du papier journal autour des cadres de fenêtres pour empêcher le froid carnassier de pénétrer la maison. Bien sûr chérie que tu peux allumer le four, brancher le micro-ondes et lancer la machine à laver en même temps. Mais puisque je te dis qu’il est à 40 ! Y a plus de raisons de se priver. La bombance est revenue. Bye-bye ! Takachouf ! Tu réalises, chérie ! Nous sommes un grand pays ! Eh oui ! Nous venons de surmonter la crise. Sans même ressentir la douceur de l’effort. Juste grâce à la baraka de cheikh Messaoud ! Mais non, chérie ! Le cigare ne peut pas nuire à ma santé, je ne le fume qu’occasionnellement. Et là, franchement, un baril qui pointe à 40, comment je vais te le consumer ce cigare. Mumm ! Quoi, je dois faire attention à la cendre sur le tapis ? Mais je vais pouvoir t’en acheter plein des tapis. De toutes les façons, celui-là, c’est ta mère qui nous l’a offert lorsque le baril avait plongé sous les 30 dollars. Il me rappelle de trop mauvais souvenirs.
Ce temps où, paraît-il, pour survivre, nous devions fumer du thé
pour espérer rester éveillés au cauchemar qui continuait.
H. L.
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