05 Mars 2016

Vous n’en êtes pas rassasiés ?
Que Dieu vous en donne encore pour un siècle ! Amin !


Par Hakim Laâlam
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Lutte contre Daesh. La Grande-Bretagne s’implique en Tunisie. A mon humble avis, elle devrait commencer par s’impliquer à…
… Londres !Voilà où en est arrivée aujourd’hui l’Algérie. C’est Saâdani qui déroule le programme. C’est Saâdani qui dit ce qui va se passer dans les prochaines heures, jours et semaines. C’est Saâdani qui confirme Sellal à son poste de Premier ministre, le «rassure» en gueulant fort dans la salle que l’actuel patron de l’exécutif ne bougera pas de son fauteuil. Et c’est Saâdani qui ferme la porte de la chefferie du gouvernement au nez de Ouyahia. En ce mois de mars qui hésite encore entre des reliques d’un faux hiver et l’amorce d’un printemps précoce, voilà exactement où nous en sommes. Et très honnêtement, je vais me cantonner pour une fois à un rôle d’observateur aseptisé. Saâdani, OVNI politique vachement identifié, sert d’oracle à un Palais, délivre sur commandes la parole sacrée et allume au-dessus de nos têtes les feux de la signalisation que nous nous devons de respecter scrupuleusement si nous ne voulons pas nous exposer à des «accidents», dans une contrée D.Z connue pour son fort taux d’accidents mortels. Il faut bien que la «classe» politique intègre ce paramètre. Elle aura beau mettre tous ses beaux costards, tenir les plus fouillés des discours, prétendre à la professionnalisation et la moralisation de ce métier, c’est Saâdani qui la coache et lui dit quand, à quelle heure, elle peut quitter l’enclos pour aller brouter un peu d’herbe dehors, et quand elle doit le réintégrer, le soir. Ne me dites pas non ! Ne m’accusez pas de caricature. Je ne fais que rapporter la toponymie des actes politiques majeurs qui marquent la vie algérienne en ce moment. Et cette toponymie est rendue publique par un seul homme, Saâdani. L’ENA pourra toujours former des femmes et des hommes. Les universités algériennes pourront encore et encore sortir par fournées pleines des bardés de diplômes, de jeunes quadras bourrés de compétences. Les régions pourront faire monter sur Alger leurs meilleurs filles et fils, rien n’y fera ! C’est Saâdani et son engeance qui ont posé le pied sur l’Algérie, comme naguère, en temps de pénurie d’houblon, les «Baggara» posaient le leur de pied sur les cageots de bière dans les bouges malfamés pour signifier que ces mousseuses-là étaient pour leur tablée et pour personne d’autre. Si tout cela ne gêne pas la «classe» politique et l’«intelligentsia», pourquoi, diantre, moi qui ne suis ni classe ni intelligent, je m’en trouverais indisposé ? Pas du tout ! Inchallah encore un siècle de Saâdani et de ses clones pour mener le troupeau à l’abattoir. Mêêê ! Bêêê ! Waf ! Waf !
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.